Le HibOO

Les Terrasses du Jeudi 2006, Part 3/4 - 20 juillet

Terrasses du Jeudi 2006

Le jeudi le plus surprenant depuis le début de rendez-vous (f)estival. Entre les Tibetan Holy Cowz et leur musique inclassable, le génial duo Korat et Chantaboun, les énervés Dam Fortune ou les punchys Axel, le seul groupe qui finalement n’avait pas sa place était la tête d’affiche, l’Attirail, se procclamant groupe balkan : on ne peut que leur conseiller de se rendre au Sziget Festival pour ne plus usurper cette appellation.

Avec un temps aussi fantastique, il était inéluctable que la 3e date des Terrasses du jeudi 2006 serait signe de succès. Le public aura eu un panel represéntatif haut de gamme de ce qui se fait actuellement sur le plan musical à Rouen. Et ailleurs.

Petit apéro pris au Bar des Fleurs. Le groupe “La Grenouille à Cheveux” ouvre le bal, et est l’allégorie même de ce que devrait être un groupe programmé à cette heure : une ambiance musicale pour prendre un verre. Finalement peu de gens écoutent ce qu’ils font, une sorte de jazz rigolo avec des descentes de gamme bien maitrisées. Les musiciens sont assez serrés sur la petite scène, et un couple danse même la valse. Sur du Jazz. Pouquoi pas.

Terrasses du Jeudi 2006

A quelques enjambées, Korat et Chantaboun chantent à l’Espiguette. Assurément ce lieu a du cachet, et il s’avère impensable que ce bar où l’on peut y boire mais surtout manger des plats succulents ne fasse pas parti du visage des Terrasses. La Rue St Amand est complètement blindées, on y commande même des verres assis par terre ! Mais revenons au duo Korat et Chantaboun : une sorte de Laurel et Hardy au féminin, au niveau technique musical et vocal impressionnant, mais avec une touche d’humour qui a fait mouche. Des rappels, des applaudissements à répétition, la communion entre les 2 chanteuses un peu barje et le public hystérique est évidente. Encore !

Terrasses du Jeudi 2006
Terrasses du Jeudi 2006
Terrasses du Jeudi 2006

Au Kallaghan’s se produit nos amis de Tibetan Holy Cowz : Tuno, Bodo et ses acolytes vont scotcher sur place avec leur electro-funk-metal sans funk. Une maîtrise musicale incroyable, un style musical indéfinissable, le tout dans un set ultra carré, empreint de passages de folie (l’arrivée de l’homme cochon et de l’homme vache fut anthologique). Ce sera néanmoins au 2e set que le groupe trouvera SON public, public qui préférera d’ailleurs les rappels du groupe que d’aller voir l’Attirail à la Place St Marc. On les comprend.

Terrasses du Jeudi 2006
Terrasses du Jeudi 2006
Terrasses du Jeudi 2006

Axel était sans nul doute le groupe le plus classique : du rock/pop à l’anglaise, énergique à souhait, synthétisé par le chanteur de Steeple Remove. C’est efficace, ça déménage, mais loin d’être original. Le public a toutefois trouvé son compte, puisque la place du 19 avril 1944 était envahie.

Terrasses du Jeudi 2006

On se retrouve Place de la Pucelle pour écouter Dam Fortune. Véritable croisement génético-musical entre Noir Desir, Louise Attaque, et autres groupes rock français, Dam Fortune réussit pourtant à tirer son épingle du jeu par un set propre et sans bavure, et une présence scénique indéniable, emmené par un chanteur bien frappé du bocal et très charismatique. On aime ou on n’aime pas toutes les influences reconnaissables, mais force est de constater que le melting pot musical est si bien fait qu’on finit par se demander si Dam Fortune n’a finalement pas son propre style. A découvrir d’urgence !

Terrasses du Jeudi 2006
Terrasses du Jeudi 2006

On finit très fatigué sur l’Attirail. Difficile de faire “mieux” que Besh O Drom en terme de musiques de l’Est, et encore plus difficile de subir la comparaison du succès de Da Silva, L’Attirail n’a rien d’une tête d’affiche. Ou alors les groupes précédents avaient un tel cachet que le groupe vedette a paru bien fade, au choix. Musiques Balkans nous annonçait-on ?! On cherche encore : ce n’est pas parce qu’un ensemble de musiciens jouent de la contrebasse, des cuivres et de la guitare acoustique qu’on peut avoir cette étiquette. Dommage. D’ailleurs le public était beaucoup moins nombreux. Et avec Besh O Drom, ce même public a prouvé qu’il pouvait s’intéresser à des groupes complètement inconnus.

Terrasses du Jeudi 2006
Terrasses du Jeudi 2006

Dernier cap la semaine prochaine. Quoiqu’il en soit, ces Terrasses 2006 ont permis de (re)découvrir des groupes locaux de talent, qui mériteraient d’être mieux diffusés au cours de l’année.

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