Lord of War

Né en Ukraine avant l’effondrement du bloc soviétique, Yuri arrive aux Etats-Unis avec ses parents. Il se fait passer pour un émigrant juif… Audacieux et fin négociateur, il se fait une place dans le trafic d’armes. Les énormes sommes d’argent qu’il gagne lui permettent aussi de conquérir celle qui l’a toujours fasciné, la belle Ava. Parallèlement à cette vie de mari et de père idéal, Yuri devient l’un des plus gros vendeurs d’armes clandestins du monde. Utilisant ses relations à l’Est, il multiplie les coups toujours plus risqués, mais parvient chaque fois à échapper à Jack Valentine, l’agent d’Interpol qui le pourchasse. Des luxueux immeubles new-yorkais aux palais des dictateurs africains, Yuri joue de plus en plus gros. Convaincu de sa chance, il poursuit sa double vie explosive, jusqu’à ce que le destin et sa conscience le rattrapent…
Réussir à critiquer ouvertement le trafic d’armes mondial avec humour et divertissement, tel est le pari incroyable du réalisateur Andrew Niccol. Un film intelligent, dans le sens où l’on passe un excellent moment, tout en étant sidéré par le message qu’il véhicule. Sans oublier la prestation de Cage, comme d’habitude parfaite.
Un début qui commence un peu à la Charlie et la Chocolaterie (de la création d’une balle à la destination finale : une cible innocente), un casting choc, des images révoltantes, Lord of War pourrait être assimilé à une fable cynique de l’incroyable hypocrisie concernant le trafic d’armes mondial. 1 personne meurt sous l’impact d’une balle toutes les minutes, forcément ça jette un froid. On y apprend que les plus grands fournisseurs sont les 5 membres permanents de l’ONU …
Le duo Nicolas Cage / Ethan Hawke fonctionne à merveille. Malgré la dureté du message, le réalisateur Andrew Niccol (à qui l’on doit le magnifique “The Truman Show” ou encore “Gattaca”, dont on retrouve d’ailleurs certaines idées) réussit à faire avaler la pilule avec de nombreux passages d’humour, de divertissement et d’action. Toutefois il arrive à chaque fois à placer là où il faut l’atrocité du sujet traité.
Une véritable leçon d’histoire également, où l’on voit comment au fil des années, au fil des tensions, comment le marché de l’armement a évolué, notamment suite à la fin de la guerre froide. Ce film possède quelques scènes horribles, où l’on s’apparente à du documentaire. La fin montre également à quel point les lobbies sont bien plus puissantes que les lois, et la morale hypocrite établie.
Un film à voir absolument : La réalisation est magnifique, les plans photos sublimes, mais ne vous trompez pas : Nicolas Cage est bien dans le casting, mais ce n’est pas un film d’action à la “The Rock” ou “Benjamin Gates”.