Le HibOO

Mary

Mary s’inspire de la mythique Marie Madeleine, disciple de Jésus. Ce récit évoque trois personnages liés par son esprit et son mystère… Marie Palesi, actrice, l’incarne pour le cinéma et reste illuminée par ce personnage. Tony Childress, réalisateur, joue Jésus Christ dans son propre film. Ted Younger, célèbre journaliste, anime une émission sur la foi. Entre fascination et quête spirituelle, le destin les réunira…

Lion d’Argent cette année à Venise, Mary d’Abel Ferrara saura-t-il convaincre les foules ? Film sur la foi mais film sur le cinéma avant tout, le réalisateur signe une oeuvre imparfaite mais qui reste longtemps gravé sur la rétine et dans la tête. Explications.

Trois personnages, trois visions différentes : l’une illuminée et totalement divine, l’autre se basant sur la connaissance tandis que le dernier y apporte une vision cinématographique. Le film part de ces trois personnages pour les confronter, les questionner et nous avec. Le film navigue sans cesse entre le superbe et le quasi-ridicule. Mais cette inégalité ne fait ressortir qu’avec plus de force les plus belles scènes qui ponctuent le film dont on appréciera le montage d’une virtuosité et d’une fulgurance remarquables. Les images s’enchaînent dans une sorte de chaos pourtant parfaitement maîtrisé à l’image de cette première scène où l’on passe du film dans le film réalisé par Tony Childress (Matthew Modine, de plus en plus bon au fur et à mesure que le film avance) à l’envers du décor. Mais Mary (Juliette Binoche, habitée mais finalement peu présente) est encore dans le personnage de Marie au point de partir à Jérusalem pour s’y installer. Et c’est finalement Ted Younger, joué par un Forest Whitaker toujours aussi bon, qui est au centre du film et qui les réunira de nouveau dans une scène minimaliste mais grandiose de sens.

Regardez le Christ non pas avec vos yeux, non pas avec votre cœur, mais avec votre intelligence. Tel est le message énoncé par Marie Madeleine dans le film de Ted Younger. Un message qui apportera avec lui le scandale au point que la projection du film se verra interrompue à cause d’un présumé attentat à la bombe. Ted n’y verra qu’une façon d’empêcher la diffusion de son film et se rendra lui-même dans la salle de projection. On assiste alors à la plus belle scène du film où la lumière du projecteur se marie avec celles des lampes torches des policiers à la recherche d’une bombe. Si la foi est le thème central du film, c’est bien à une prise de position sur le cinéma à laquelle le spectateur est témoin dans cette scène. A travers le message de Marie, ce n’est plus du Christ qu’il parle mais bien du cinéma. Parfois moraliste, quelque fois maladroit ou trop facile comme lorsqu’il superpose les images d’attentats en Israël à la naissance d’un enfant, Abel Ferrara signe pourtant une œuvre forte, bien que bancale.

Laisser un commentaire

Pour afficher un avatar / votre photo avec votre commentaire, inscrivez-vous sur www.gravatar.com

* = champ obligatoire