Le HibOO

La vérité nue

1959. Lanny Morris et Vince Collins sont les comiques les plus célèbres des États-Unis. Ils savent aussi bien faire hurler de rire le public que l’émouvoir aux larmes lors d’un de leurs mémorables Téléthons. Riches, puissants, populaires, ils sont à l’apogée de leur carrière, quand un événement terrible vient tout remettre en question. Un jour, une femme est mystérieusement trouvée morte dans leur suite. Leur réputation est ternie, mais tous deux fournissent un alibi en béton qui les blanchit. Cependant, cet événement marque aussi la fin de leur collaboration. Lanny et Vince réussissent à poursuivre une carrière solo, mais n’évoquent plus jamais la mort de cette femme. 15 ans plus tard, dans les années 70, une journaliste prometteuse, Karen O’Connor, décide de remettre cette affaire sur le devant de la scène…

Atom Egoyan, habitué des récompenses, nous propose un chef d’oeuvre de haute volée. Une intrigue sensuelle emmenée par un casting quasi parfait. Un film rythmé, où le suspense se cache derrière chaque porte. Une vraie bouffée d’oxygène en ces temps de “blockbusters”.

Alors que l’on s’attend à une banale enquête policière, le film saisit par sa significativité. Une histoire qui se dévoile petit à petit, au fur et à mesure que les tiroirs s’ouvrent. Atom Egoyan, chouchou de la croisette, a su adapter le livre de Rupert Holmes à sa main, travaillant un scénario plein de rebondissements, de moments forts et en y soufflant une énorme dose de sensualité. Le rythme de l’histoire est parfait, on ne s’ennuie pas une seconde, il faut dire que le suspens est digne du meilleur Colombo. Il n’est d’ailleurs pas impossible qu’un hommage y soit rendu à la fin du film. Certaines scènes sont d’une sensualité telle qu’il est bien difficile de ne pas laisser échapper un soupir de satisfaction.

Un casting de rêve sert le film. Les rôles masculins sont interprétés par Kevin Bacon et Colin Firth. Si le second est un peu plus effacé, que dire de la prestation de Bacon, à l’image de son personnage dans « Hypnose », cet homme est hors catégorie. Un charisme fou qui nous fait penser qu’aucun autre acteur n’aurait pu tenir le rôle de Lanny comme il le fait. Pour leur donner la réplique, le réalisateur a fait appel à Alison Lohman. Si sa frimousse ne vous est pas inconnue, on le doit à ses prestations déjà remarquées dans « Big Fish » ou encore « Les associés ». Elle se complait ici dans le rôle de Karen O’Connor, pleine de grâce et de sensualité, donnant du relief aux échanges avec les deux personnages principaux. Mais que dire de la mise en scène d’Atom Egoyan, une réalisation coulée, toute en douceur, rythmée et juste. Les plans photos et les cadrages se mettent au service du film. Le moindre détail n’échappe pas à l’homme de cinéma à qui l’on doit « Ararat ».

Peu, voire pas de mauvais côté à ce film, puisque même le thème musical est à la hauteur. L’amitié en prend un coup au passage, les relations entre êtres humains aussi. Un film bouleversant qu’il ne faut pas rater en cette fin d’année. A placer dans son programme entre King Kong et Narnia. Le déplacement en vaut la peine.

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