Harry Potter et la Coupe de Feu
La quatrième année à l’école de Poudlard est marquée par le » Tournoi des trois sorciers « . Les participants sont choisis par la fameuse » coupe de feu » qui est à l’origine d’un scandale. Elle sélectionne Harry Potter alors qu’il n’a pas l’âge légal requis ! Accusé de tricherie et mis à mal par une série d’épreuves physiques de plus en plus difficiles, ce dernier sera enfin confronté à Celui dont on ne doit pas prononcer le nom, Lord V.
Pouvait-on faire plus beau que les 3 premiers opus ? Oui. Peut-on paradoxalement faire pire que les 3 premiers opus ? Oui également. Car si Harry Potter et la Coupe de Feu regorge de bonnes idées, la narration déplorable, et l’absence de John Williams aux partitions confirment qu’Harry Potter en film, c’est avant tout spectaculaire que féérique. Dommage pour une histoire de magiciens.
Considéré jusqu’alors comme le meilleur volet des romans, Harry Potter et la Coupe de Feu est attendu au tournant. Ne vous inquiétez pas, les fans d’Emma Watson (de plus en plus belle) et de Daniel Radcliffe vont être servis. Mais une fois de plus, la réalisation plus que brillante (certainement, et de loin le meilleur opus) est desservie par un montage et une mise en scène plus que frustrantes … tous les passages intenses, bien amenés, sont subitement bousculés, précipités, pour ensuite passer à un autre rythme. On reste en permanence sur sa faim. On sent une volonté de mettre un maximum d’élements du livre, sans laisser le temps de conter l’histoire.
Un voyage initiatique. Cette adaptation marque un tournant dans le récit : le passage de l’adolescence, les notions d’amour, d’amitié sincère et de sacrifice font leur apparition. Jusqu’alors des enfants, les élèves de Poudlard commencent à être en conflit entre eux, et surtout envers eux-mêmes. Emma Watson tire son épingle du jeu, grâce à son talent inné de la caricature sentimentale (mais qui sied à merveille dans le cas présent). Tournant également car le spectateur va pouvoir enfin mettre un visage à Voldemort (qui souffre lui aussi d’une mise en scène trop écourtée pour mesurer l’atmosphère épique et terrifiante qu’aurait dû être son apparition). Maintent de là à interdire aux Etats-Unis ce film aux moins de 13 ans quand on sait que la plus sexuelle des scènes est un sourire, et la plus violente des yeux ouverts … vous pouvez emmener votre chérubin sans souci : le puritanisme gagne nos contrées, mais Harry Potter 4 est encore a mille lieux de dévergonder votre enfant, où la sexualité évoquée est digne de deux gamins amoureux en maternelle.
Musique but not the best. Le plus grand drame est l’absence de John Williams dans ce quatrième volet. Particulièrement brillant et fortement inspiré dans le Prisonnier d’Azkaban, ce dernier laisse la place à Patrick Doyle, visiblement très avare de thèmes magiques.
Harry Potter et la Coupe de Feu ravira les afficionados de la saga, sans aucun doute. Quant aux autres, vous resterez (comme je le suis) depuis le début dubitatif, voire indifférent, face à tant d’effets spéciaux extraordinaires pour masquer l’absence totale de féérie : ce qui peut paraître quelque peu navrant, pour une histoire de magiciens et de sorciers.


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