Le HibOO

Vincent Blanchard - Alias

Alias avait quelque peu disparu de nos contrées. Ils reviennent en force avec une triple actualité : Concerts, album et DVD ! Rien que ça. Vincent, chanteur – guitariste nous parle de ce retour sur le devant de la scène.

Alias est de retour Vincent, peux tu nous faire un historique du groupe ?

Alias s’est formé en 2000. Nous avons commencé à cinq, avec trois guitares et trois chants, ce qui était un peu particulier pour un groupe de rock standard. On se partageait les voix et les guitares, ça impliquait énormément d’arrangements. Nous avons vite produit un premier album, ensuite les deux autres guitaristes – chanteurs ont quitté le groupe en 2003 et là, tout s’est cassé la gueule. Nous étions sur une lancée plutôt intéressante puisque nous avions joué sur Paris, au New Morning notamment, chez France Inter. Ils ont quitté le groupe pour des raisons familiales et financières. Ils sont partis à 6 mois d’intervalle, c’est-à-dire qu’une fois que nous avions réparé le départ du premier, le second est parti et il a fallu tout recommencer. C’est pour cette raison qu’Alias avait disparu totalement des scènes rouennaises depuis pratiquement un an et demi. Nous n’avions plus les moyens de faire des morceaux corrects. Mathias est arrivé ensuite, il a fallu retravailler, tout réarranger. Le son du groupe s’est durci un peu, nous avons mis un peu plus de rock dans nos morceaux. On a vite voulu faire ce deuxième disque.

Quelles sont les principales évolutions musicales, mis à part ce côté plus rock ?

Plus de guitares, moins de voix arrangées. Il y a toujours beaucoup de texte mais sûrement moins de chœurs à la Beatles. C’était la principale caractéristique de notre groupe au début. Au niveau des guitares, on se rapprochait plus de groupes comme Radiohead, des groupes serrés où il se passe plein de choses. Nous ne sommes plus que deux guitares, Mathias chante un peu mais il n’est pas choriste à la base. C’est dans ce sens que notre son s’est durci. Pour ceux qui s’intéressent un peu à la musique anglo-saxonne, musicalement, on se rapproche un peu de groupes comme Muse, ceux qui ont des références dans la musique française nous apparentent plus à Luke ou Noir Désir. Toutes ces références, nous ne les avions pas du tout avant. On nous comparaît plus aux Innocents ou à Aston Villa par exemple.

Quelle est ta vision de “Vivre et Pourtant” le deuxième album d’Alias ?

Je suis content de l’avoir fini, c’est l’aboutissement de pas mal de choses. Il y a une amélioration dans les textes, une certaine finesse d’écriture. Ils ne sont pas très gais, on ne fait pas une musique festive et drôle. Et puis surtout, le disque sonne « live » alors que c’est du pur studio, c’est aussi l’avis de beaucoup de gens qui l’ont déjà écouté. On ne voulait pas qu’il sonne comme le premier. On ressent l’unité et c’est avant tout ce que nous voulions, nous en sommes donc satisfait. On ne parle pas encore d’album de la maturité, je pense qu’on garde ça pour le troisième. Le temps que Mathias s’intègre complètement, c’est pourquoi aussi j’espère que nous ferons beaucoup de concerts en 2006 pour gagner en expérience et en maturité. Il est envisageable de penser à un troisième disque en 2007.

C’est bien beau de gueuler à tout le monde « Ecoutez notre disque, il est super », mais ça ne marche pas comme ça…

Y a-t-il une maison de disque derrière vous ?

Non, nous nous sommes totalement auto – produits. Nous avons forcément galéré pour trouver des financements, heureusement, la souscription a plutôt bien marché auprès des gens qui connaissaient bien le premier album du groupe. On a malgré tout fait beaucoup de concerts à droite et à gauche en 2005, histoire de récolter un peu d’argent pour faire le disque. En aucun cas on ne pouvait monter sur des scènes un peu plus grandes, aussi parce que nous n’avions pas l’actualité pour ça, ni la matière pour le faire. Nous avons frappé à quelques portes pour obtenir des subventions, mais il faut croire que nous ne sommes pas très forts pour ça.

On a l’impression que de nombreux groupes locaux ont du mal à « se vendre » pour se faire connaître, c’est aussi ton avis ?

Oui, c’est très difficile. Je ne vous cache pas que c’est ce qui nous manque le plus en ce moment, un manager. Quelqu’un qui dirait : « J’aime leur musique, l’esprit du groupe, je me lance tête baissée avec eux ». Tant que nous n’auront pas de manager ou de tourneur, ce sera difficile. C’est bien beau de gueuler à tout le monde « Ecoutez notre disque, il est super », mais ça ne marche pas comme ça… On a déjà eu des touches intéressantes sur Paris, mais ce sont des gens qui attendaient de voir comment nous allions évoluer et forcément, la coupure ne nous a pas aidée. C’est un retour à la case départ de ce côté-là.

Peux tu nous parler de l’actualité du groupe, plus particulièrement du concert de l’Exo7 ?

C’est un peu un défi pour nous, nous ne savons pas s’il y aura du monde, si des gens viendront nous découvrir pour nous faire jouer ailleurs après, ça peut être une réussite comme un putain d’échec. La date de l’Exo7 sera filmée, le but étant de faire un DVD de ce concert. C’est un phénomène de mode dans la grande industrie musicale, ça fait partie des choses que l’on fait naturellement, pour l’auto – production c’est différent. Là, il se trouve que l’occasion s’est présentée à nous, ce sont des potes qui nous aident. Faire un clip nous coûtait trop cher, nous nous sommes dit « Pourquoi ne pas filmer un concert à la place ? », voilà, l’idée est partie de là. Nous l’avions fait, de façon légère, lors d’un concert à Paris et nous avons eu l’idée de le faire plus sérieusement. Peut être aussi que nous n’aurons jamais de maison de disque, peut être que le groupe va mourir dans six mois, dans dix ans, tant qu’on peut faire les choses, on les fait. Et puis pour moi, l’image a toujours été associée à la musique. Lorsque j’étais gamin, il m’arrivait de passer toute une après midi devant la télé pour regarder des clips. Alias est un groupe de scène, ça justifie le fait de vouloir filmer un concert.

Un dernier mot sur la pochette de l’album, vraiment très jolie à mon sens ?

Oui, nous l’aimons beaucoup aussi, c’est Xavier Feugray, auteur, compositeur de Dam Fortune qui l’a faite. Je lui avais fait part de mon envie de petits personnages, de monstres, etc. Je lui ai passé commande un vendredi après midi et le dimanche soir, il avait préparé 25 tableaux. On retrouve nos influences assez facilement, la pochette n’est pas sans rappeler « OK Computer », la photo de derrière fait penser à Muse. C’est un peu du hasard, mais si nous les avons choisi inconsciemment, c’est peut être parce que ça nous rappelait des choses.

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