Laurent Gerra au Zénith de l’Agglo

Jubilatoire !!! Gerra, c’est la meilleure méthode pour faire des abdos non stop. Tout en étant parfois séduit par ses chansons, ou encore des imitations plus vraies que nature. Un public relativement âgé (génération Drucker, Studio Gabriel), un Zénith complet, un Gerra au top de sa forme … exceptionnel !
Rares sont les humoristes à remplir 2 dates au Zénith de l’Agglo : il y eut Bigard, et Dubosc … Mais Laurent Gerra a bercé pendant plusieurs années, aux côtés de Drucker, toute une génération téléphage, et malgré sa disparition du petit écran, force est de constater que l’animal a bien marqué les esprits.
Son spectacle s’en prend des débuts de la télévision à nos jours … son spectacle est d’une extrême variété : humour pipi/caca de très bas niveau, mais permettant de faire rire facilement, mais parfois aussi des textes bien caustiques et travaillés (notamment tout le discours avec Jack Lang). La grande force de Gerra est son talent incroyable pour les imitations. Alors que beaucoup miment uniquement avec la voix, Gerra prend les poses, transforme son visage, et surtout … s’approprie sur le plan vocable le personnage. Ainsi quand il imite Luccini, il est Luccini, quand il réalise un mini-sketch Chevallier et Laspalès, il suffit de fermer les yeux pour s’y croire. Bien sûr les passages avec Johnny Hallyday, Céline Dion ou encore Chirac font l’unamité, mais le spectacle de Gerra, c’est également une part belle aux chansons. Avec un Renaud qui critique la Star Ac’, ou encore la Dernière Séance avec Eddy Mitchell, le gaillard est sacrément doué. Seule imitation où il ne transforme rien (par pur respect ?) est le magnifique “Syraccuse” d’Henri Salvador : un moment intense tellement on a l’impression de voir l’immortel chanteur sous nos yeux.
Et puis on appréciera la capacité du spectacle à intégrer l’actualité toute fraîche (les banlieues, Sarkozy), sans oublier les vannes limite personnelles à son tourneur (Patrice Godfroy, Art Scéniques) car ce dernier l’avait un peu chamaillé la veille à Caen, ou encore en personnalisant ses vannes pour le public rouennais (Torreton, Fabius avec un “ils sont du coin hein, vous êtes pas gâtés”).
Finalement Laurent Gerra aura réussi avec brio à s’échapper du tube cathodique pour mieux cerner l’univers télévisuel. Une mise en scéne sobre mais efficace, des couleurs magnifiques, un show varié dans son rythme, ce spectacle est à voir : la condition sine qua non étant d’avoir un petit bagage culturel télévisuel : et les moins de 20 ans risquent de ne pas beaucoup rire, du coup …