Le HibOO

Adam’s Apples

Avec ses rangers, son crâne rasé et sa croix celtique tatouée sur le biceps, Adam affiche clairement ses sympathies. De son côté, Ivan, visage ouvert, chaussettes dans les sandales et col blanc de rigueur, accueille Adam dans sa paroisse. Convaincu de la bonté fondamentale de l’homme, ce pasteur se voue tout entier et tout sourire à sa mission : accueillir d’anciens taulards et oeuvrer à leur réhabilitation. Mais que peut valoir la foi d’Ivan face à la malveillance faite homme ? Bref, que peut Dieu face au diable ? Grande question, qui s’efface bientôt au profit d’une interrogation tout aussi cruciale : d’Adam ou d’Ivan, qui est le plus dérangé des deux ?

Un néo-nazi face à un prêtre complètement timbré. Voici le point de départ de cette histoire où l’on rit, mais souvent jaune. Entre références bibliques et recherche de la foi, Adam’s Apples prouve (s’il en était utile) que le cinéma danois, trop peu connu du public, est un véritable vivier à talents, que ce soit devant ou derrière la caméra. A voir absolument !

Anders-Thomas Jensen n’est pas un réalisateur inconnu, puisqu’on lui doit le génial “bouchers verts”. Et l’on y retrouve sa patte : des couleurs magnifiques, des cieux sublimement filmés, des plans photos simples mais efficaces. Et des acteurs qui ont une gueule. Le duo Ulrich Thomsen / Mads Mikkelsen fonctionne à merveille, et l’on se laisse emporter par cette histoire qui ne peut avoir d’autre qualificatif de “folle”.

Certaines scènes sont particulièrement difficiles à regarder : même si l’on est très loin de la colline a des yeux, certains moments sont assez durs. Néanmoins la trame qui peut paraître surréaliste est merveilleusement écrite. Entre la quête de la foi, la rédemption et la religion, Anders-Thomas Jensen évite les clichés du genre, et tel un jongleur, joue habilement avec les codes établis pour se les approprier. On notera aussi des acteurs secondaires volontairement caricaturaux mettant en valeur le duo, créeant cette atmosphère déjantée. Vous l’aurez compris, on est très loin de l’humour Camping, puisque parmi les thèmes traités, on notera en vrac l’inceste, les enfants handicapés, la violence, le nazisme, la religion aveugle, l’alcoolisme et le terrorisme. Et malgré tout cela, on rit. Finalement qui du réalisateur, des acteurs ou des spectateurs est le plus barge ? A méditer.

Un commentaire

  1. Tout en traitant de sujets sérieux il est vrai que l’on sourit beaucoup et même l’on rit. C’était énorme ce film. Je le conseille vivement.

Laisser un commentaire

Pour afficher un avatar / votre photo avec votre commentaire, inscrivez-vous sur www.gravatar.com

* = champ obligatoire