« back

Lana Del Rey – Born to die

Difficile se se lancer dans la chronique de cet album en oubliant toute l’encre qui a coulé autour de Lana Del Rey ces derniers mois.

Alors oublions qu’un buzz trop rapide l’a menée récemment sur de grands plateaux TV pour des prestations médiocres, oublions que ses apparitions scéniques ont parfois également manqué de quoi convaincre, oublions bon nombre de papiers incendiaires… Revenons à l’époque où l’on découvrait, en musique et en images, les premiers titres de Lana Del Rey; à celle où l’on était intrigué, curieux, charmé par cette chanteuse atypique à l’univers intéressant. Faisons comme si nous avions écouté l’album juste après cela, avec ce même état d’esprit.

Born to die, l’album, s’ouvre sur Born to die, la chanson. L’intro mélange cordes, beats, sonorités hip hop et la voix de Lana Del Rey s’installe doucement, avec une nonchalance envoûtante, un pouvoir captivant. Cette ambiance particulière est un peu la marque de fabrique de cet album et ce qui fait son charme : tout au long de celui-ci on va retrouver cette atmosphère enveloppante, parfois lancinante, souvent cinématographique avec des phrases fantômes en fond, beaucoup de cordes… La plupart des titres sont produits par Emile Haynie, grand producteur hiphop (Eminem, Kid Cudi, Kanye West …), ce qui explique ces touches régulières du genre. Et même si musicalement cela part parfois dans beaucoup de directions, il y a toujours ce quelque chose de fascinant qui sert de liant.

La voix de Lana, en plus d’être captivante, a une amplitude assez impressionante, toute en nuances, et oscille sans cesse entre le sensuel et l’innocent, parfois de façon surprenante. Son phrasé frôle avec le hip hop par moments, et quand elle reste dans un entre-deux bien dosé cela lui confère une singularité originale (Blue Jeans, National anthem) mais lorsqu’elle bascule complètement dans ce style (Off the Races, semi-inécoutable) ou le r’n'b (Diet mountain view et ses you’re no good for me un peu culcul) tout d’un coup ça sonne faux et peu convaincant.

La barre était placée haute avec les trois premiers extraits (Video Games, Blue Jeans et Born to die), mais d’autres titres que l’on découvre sont tout aussi bons et restent en tête comme Summertime Sadness, l’étonnant National Anthem ou encore Dark paradise.

Les textes sont ceux d’une jeune femme de 24 ans, un peu perdue au milieu de différents déboires amoureux, évoluant dans des sphères un peu bling bling (Money is the anthem of success (…) You’re so handsome, take me to the Hamptons), sortant beaucoup. Rien de bien original en soit, mais leur style assez direct avec quelques emprunts au langage bad girl leur donne une lecture plutôt intéressante.

Mais même s’il a une singularité intéressante, Born to die reste un album plutôt mainstream donc on comprendra sans mal que bon nombre de blogueurs et journalistes spé n’aient pas aimé au final. Ce qui ne l’empêche pas d’être très agréable à écouter, et son ambiance générale fait qu’en fin d’écoute on a envie de relancer le CD dans la foulée. Ce qui est bon signe.


Lana Del Rey – Born To Die

Tracklist

  1. Born To Die
  2. Off To The Races
  3. Blue Jeans
  4. Video Games
  5. Diet Mountain Dew
  6. National Anthem
  7. Dark Paradise
  8. Radio
  9. Carmen
  10. Million Dollar Man
  11. Summertime Sadness
  12. This Is What Makes Us Girls
  13. Without you (bonus)
  14. Lolita(bonus)
  15. Lucky Ones(bonus)

» www.lanadelrey.com