La nuit du reggae au Zénith de l’agglo
La nuit du Reggae, ou plutôt, la nuit DES Reggae. C’est un mini festival auquel nous avons eu droit ce samedi soir au Zénith de l’Agglo. Trois groupes variés pour une belle fête de la musique verte, jaune et rouge.
C’est dans un Zénith perdu dans le brouillard que les premiers spectateurs s’avancent. Le hall d’entrée est décoré, il y a là un grand nombre d’œuvres d’art africaines, c’est beau et surprenant. Coté scène, c’est Narayana qui ouvre le bal. La salle sonne creux, visiblement, le public se réserve pour les deux groupes suivants. Narayana sonne ska, dub, une musique colorée qui peine pourtant à faire bouger les premiers rangs. Il s’agit là d’une découverte, le groupe breton est une première partie idéale. Pendant ce temps, dans les allées du Zénith, Riké et les autres se baladent, dédicacent des affiches, et discutent avec les fans. C’est avant tout Sinsémilia que le public est venu voir.

La deuxième partie n’est autre qu’Alpha Blondy, excusez du peu. Cousin ivoirien pas si éloigné de Tiken Jah Fakoly, Blondy nous propose un show musicalo – politique, du reggae quoi, de haute facture, seulement entaché de quelques soucis techniques en début de set. Alpha Blondy semble avoir rajeuni, il s’insurge contre ceux « qui ont brûlé son paradis » et nous propose quelques uns de ses grands titres à l’image de « Sweet sweet ». Avec lui, une dizaine de musiciens, deux choristes, le tout ressemblant à un joyeux orchestre africain. Du reggae soigné, du reggae de qualité !
Après de longues minutes d’attente, voici Sinsémilia ! Le groupe avait rempli l’Exo7 il y a quelques mois, ils sont de retour dans une ville qui leur a toujours réussi. Même si l’intensité s’est un peu évaporée dans la taille de la salle, l’esprit est toujours là et c’est avec les tripes et le coeur que Sinsé va mettre le feu. Public réceptif, sourire scotché aux lèvres des musiciens, ces gens là se font plaisir et en donnent une grosse dose aussi. Arrosés de light verts et rouges superbes, la troupe se déchaîne et « fout le bordel » pour reprendre leur vocabulaire. Riké est plus qu’en forme, il danse et saute comme jamais, le public est de plus en plus réceptif au fur et à mesure de la balade vers les cinq albums. De « Tout c’qu’on a » à « Tout le bonheur du monde », il y en avait pour tous. Une belle soirée, qui même si elle n’a pas attirée les grandes foules, prouve encore une fois que Rouen est une sacrée ville de Reggae.