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Babyshambles au Zénith de Paris

Babyshambles au Zénith de Paris

Un haut-de-forme n’est pas seulement un chapeau de grande classe, malheureusement quelque peu tombé en désuétude, mais est également apte à grandir de plusieurs centimètres celui qui le porte. Pete Doherty estime-t-il en avoir besoin ? Du point de vue de ses fans, qui n’hésitent pas à le qualifier de génie, sûrement pas ! De plus Mère Nature n’a pas été avare avec lui. Néanmoins c’est coiffé d’un tel couvre-chef qu’il arriva, lundi après-midi au forum de la Fnac pour une séance d’autographes avec son groupe, les Babyshambles. Avec bonne humeur il se prêta au jeu des signatures et des photos-souvenir avec des girlies en pleine extase ! Chacun de ses mouvements provoquait un concert de cris assourdissants, on en oubliait les autres membres du groupe, pourtant tous présents.

Mais nul doute qu’ils soient habitués à cette situation et n’avaient donc pas l’air contrarié. Après une petite heure, le groupe quitta la salle sous les hurlements hystériques de la foule, sans avoir joué un seul morceau, ce qui n’était d’ailleurs pas le but. Pour la musique, direction le Zénith! ! Comme les émotions, ça creuse, après une pause dans une brasserie plus que quelconque (atroce pour être honnête!) j’entamais le long trajet vers le parc de la Villette. Le service de ladite brasserie étant en plus aussi rapide que la nourriture était mauvaise, j’arrivais là-bas après la première partie, Dodoz. Tant pis, j’aurais sûrement l’occasion de revoir les parisiens prochainement ! Avant eux, un jeune guitariste avait eu son quart d’heure de gloire: ayant gagné un concours, il put interpréter quelques morceaux ! Ma foi, s’il perce, on finira bien par savoir qui c’était !

Le plus important était toutefois que je n’avais pas raté une seule minute des Babyshambles ! Peu après 21 heures, la lumière s’éteignit et on entendit résonner la voix de … Mireille Mathieu chantant la Marseillais e ! Oui oui, la Marseillaise, la vraie, l’hymne national en version quasi officielle ! Il ne manquait plus que la Garde Républicaine pour assortir à un Pete Doherty qui entra avec le haut de forme déjà évoqué et en guise de ceinture une écharpe tricolore comme en portent les maires de nos bonnes villes ! Une intro magistrale, immédiatement suivie par un début en fanfare du groupe décidément en grande forme. Aujourd’hui, point de problèmes de sons, les aigus sont clairs, les basses rugissent, tout est parfait ! Enfin serait-ce LE jour? Le jour où je vais enfin assister à un vrai super concert des Babyshambles, après quelques mésaventures (Rock en Seine 2005, passons…) et un léger désappointement à l’Olympia il y a trois semaines, suite à des difficultés de moniteurs qui avaient “saucissonnées” le set. En tout cas les conditions semblaient toutes réunies ce soir pour que ça marche ! Entouré d’un public surtout (mais pas que) féminin en “uniforme” (petit chapeau comme on était habitué à voir trôner sur le crâne du chanteur et auquel le guitariste Mick Whitnall reste fidèle, skinny, converse ou ballerine, bref, le programme standard) je me demandais ce qui allait me rendre sourd: les baffles à ma gauche ou les fans hurlantes à ma droite!

Le set s’ouvrit avec les mêmes morceaux qu’à l’Olympia, “Carry On Up The Morning”, un sensationnel “Delivery” et un très enlevé “Beg, Steal or Borrow”. Ce dernier titre était d’ailleurs dédié à un petit chaton récemment décédé. Ceux qui suivent la presse à scandale savent que Doherty est connu (entre autres choses) pour aimer les chats et qu’il a même fait l’acquisition d’un jeune félin lors de son dernier passage à Paris. La question du jour: quel était le nom du chat? ! Question subsidiaire: pourquoi chantonna-t-il à deux reprises “Boutros Boutros-Ghali”(!)? C’est un mystère…

Pete ne fit pas sortir de chaton de son chapeau, mais en contrepartie toute une série de magnifiques chansons ! J’appréciais en particulier “Unstookie Titled”, qui suivit “Baddies Boogie”, l’un de mes titres favoris chez Babyshambles. De prime abord un peu anodin sur le CD, il gagne à être connu, son début tout en retenue cache un noyau à la fois prenant et très émouvant ! Et, fidèles à l’injonction lancée par les premiers mots du morceau, “you smoke your cigarette down to the bone”, les fans font régulièrement pleuvoir des clopes sur la scène à ce moment… Au moins on pouvait fumer sur scène, ce qui n’était pas le cas dans la salle ! Le temps justement d’en griller une et c’est reparti pour “The Blinding”, que je n’avais jamais encore eu l’occasion de voir (et d’entendre) en live ! Un grand moment! ! Après “You Talk”, dont le refrain fut repris en choeur par un public aux anges, ce fut “Sedative”, merveilleux titre hypnotique, une autre première live pour moi!

Mais on ne parle que de Pete ici, et on en oublie que Babyshambles est avant tout un groupe, et que par définition il y a plusieurs membres ! Mick Whitnall, le guitariste que j’avais déjà remarqué à l’Olympia, brillait ce soir encore par ses riffs à la fois mélodieux et acérés et le batteur Adam Ficek me fit grande impression par sa manière totalement détachée de travailler son instrument ! Quant au bassiste Drew Mc Connell, il était malheureusement trop loin de moi pour que je puisse me prononcer sur lui…

Aucun problème d’évaluation en revanche pour “Pipedown”, on a rarement vu une chanson déménager à ce point le Zénith ! L’ambiance qui régnait alors faisait penser à une victoire de coupe anglaise ! Vive, sèche et bruyante, la musique fouettait un public déchaîné ! “Albion” permit de reprendre son souffle (ici encore après une introduction au cours de laquelle Pete Doherty murmura de nouveau Boutros Boutros-Ghali) et d’admirer le jeu d’harmonica de Mick. Les dernières notes s’étaient à peine évanouies que la musique reprit et je me demandais s’ils allaient sérieusement jouer deux fois le morceau, mais non, ce n’était qu’une entrée en matière pour un “Killamangiro” enthousiasmant ! Il y eut ensuite un morceau interprété presque en acoustique, pendant lequel Pete chantait “Baby, Baby, Baby” avec un air de crooner. Yeah ! Mais au fait, comment ça s’appelle?!

Pour conclure, on eut recours aux “classiques”, un dynamique “Back From The Dead” qui montre bien que, n’en déplaise à certains critiques, le premier opus du groupe ne peut être en aucun cas considéré comme mauvais ! Et d’ailleurs, comment peut-on éreinter un album sur lequel figure l’un des plus grands tubes de rock indé des dernières années?!? Je veux parler par là de “Fuck Forever” bien sûr, un morceau qui est, pour paraphraser le commentaire de Pete himself à propos du public parisien, Fucking Awesome!

Et là encore une super intro: Pete “rappa” quelques lignes de “Billie Jean” ! Phénoménal ! Insurpassable ! Ou alors juste par les bruitages variés qu’il fit au cours de la chanson, interprétée avec fougue par un chanteur qui avait remis veste et chapeau pour ce dernier tour de piste. Alors, voulait-il paraître plus imposant, en a-t-il besoin? Certainement pas ! Il est déjà le plus grand ! Une star qui a enfin pu montrer toute la mesure de son talent, soutenue par un groupe magistral ! Chapeau, l’artiste!!!

Un commentaire

  1. Oliver… Super article.
    Rod…. et toujours un super site, encore merci…

    Articles et photos du concert de Babyshambles à Londres, le 11 fev 2008 sur Surfin’Mururoha…
    http://surfinmururoha.spaces.live.com

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