Agnès Bihl à l’Européen

Avec un peu d’imagination, le métro peut devenir un couloir qui mène à un vortex temporel, il vaut mieux le voir comme ça aux heures de pointe. Ce soir il mène à l’Européen, petite salle atypique de la place Clichy. Après un tour d’horizon, le public est varié et la salle pas tout a fait complète. Mais lorsque la blondinette entre en scène, elle s’en fiche un peu, elle nous a réservé un programme bien complet …
- Date : 07.02.08
- Adresse : 5 Rue Biot 75017 PARIS
- Téléphone : 01 43 87 29 89
- Web : www.leuropeen.info
La pétillante jeune femme, rencontrée à Muzik'elles 2006, n’a pas changé. Petite robe noire et bottillons rouges, jouant tour à tour femme savante et femme fatale, elle assume tous les rôles à travers ses textes. “Demandez le programme” titre de son dernier album et chanson d’ouverture pose d’emblée le tableau qui va être dressé. On va s’en prendre plein la tête, mais la pilule passe grâce au sourire d’une jolie blonde. Agnès Bihl aime bien la contradiction ; du tragique au comique un peu comme dans la vie en fait. Tous ces univers qu’elle décrit, avec des yeux de 8 ans ou ceux d’une trentenaire, sont les reflets d’une société et d’un constat sur cette dernière. Qu’il soit partagé ou pas, elle prend un malin plaisir à disséquer son public. Ses regards et ses interventions sont de l’ordre de la complicité : assister à son concert, c’est comme une séance de psychothérapie de groupe. Inégalités des droits, Dieu, inceste, divorce ou histoires d’amours avortés elle fait le tour de tous les maux avec des mots choisis. “Touche pas à mon corps”, reste à mon sens la clé du talent d’Agnès Bihl, tant ce texte est un challenge et tant elle arrive à incarner chacune de ses chansons, avec une pudeur extrême. Entourée de ses trois musiciens, la belle nous offre une pièce de théâtre avec en premier rôle nos histoires banales. D’ailleurs, son univers n’est pas sans rappeler celui d’Aldebert (avec qui elle a collaboré entre autre sur cet album) époque “L’année du singe”), avec ces petits clin d’Å“il à la vie. Y a pas que Cupidon qui s’est pris les pieds dans le tapis du salon … nous aussi, un peu et on va repartir. Peut-être qu’enfin en sortant la vie sera plus belle, un instant.