Maladaptive + Ataraxie + Dylath Leen à l’Emporium

Ze concert métal qu’il n’y avait pas eu depuis longtemps ! Prenez 3 groupes aux influences différentes, tous d’excellents musiciens, charismatiques, vous ajoutez un public comme d’habitude froid au début, et super bouillant à la fin, le tout dans une cave crépusculaire, et vous obtenez un plat parfait de metal haut de gamme. Encore !
Les concerts à l’Emporium, c’est un peu la roulette russe. Non en terme de qualité, surtout lorsque l’on voit des assos comme Avis de Passage programmer des groupes fantastiques (mais c’est loin d’être le seul exemple), mais parfois, malgré la qualité musicale, le public n’est pas au rendez-vous. Ce soir, pour beaucoup de Rouennais, un seul groupe est connu de l’affiche : Ataraxie. Ils sont d’ici, et les personnes - quoiqu’il arrive - seront conquises d’avance.

Aux alentours de 22h20, le premier groupe Maladaptive entre sur scène. La première bonne surprise, c’est qu’en l’espace de 10 minutes, la cave de l’Emporium est remplie. La deuxième bonne surprise, c’est quand le groupe commence. Maladaptive sonne très heavy / thrash des années 90, on pense notamment à des groupes comme Morbid Angel ou Testament. Les riffs accrochent, les rythmiques basse / batterie sont très carrées, et le chant est pour ce style “lyrique”. Et forcément, ce style de métal plait au public. Le niveau technique et mélodique sont au rendez-vous, et Maladaptive a réussi dès la première chanson à mettre le public dans le bain.

Changement de line-up, 20 minutes d’attente et Ataraxie enchaîne. Les doomeux ont bien grandi, leur style est désormais irréprochable : les mélodies sont superbes, les solos fusent, la voix est parfaite, les arpèges calment, et qui dit doom, dit ambiance pesante, atmosphère lourde, et surtout rythme extrêmement lent. Ils auraient pu rater leur set, ils auraient été de toute facon ovationnés (chauvinisme power), mais force est de constater qu’Ataraxie sonne désormais très pro, et que leurs morceaux sont parfois surprenants de mélodie.

Avec 2 groupes de cet acabit, on se dit qu’il sera difficile pour le 3e d’être aussi jouissif. Intervient alors le 3e effet Kiss Kool. Alors que les oreilles souffrent déjà d’acouphènes dû à un son forcément puissant, Dylath-Leen (bel hommage à Howard Phillips Lovecraft !) entre sur scène. 2 femmes, 3 hommes, et un morceau qui met tout de suite tout le monde d’accord : le groupe est exceptionnel. La chanteuse beugle puissamment, tout en essayant d’alterner des voix calmes (mais malheureusement le volume sonore vocal était en deça des instruments). Le niveau technique est au rendez-vous, les riffs sont structurés, efficaces, et certains passages rappellent l’époque magnifique de Megadeth (Rust In Peace). Les passages au clavier apaisent les rythmiques agressives, et on sent que le groupe manque d’espace pour s’exprimer librement. Si le public semblait ne pas s’être remis d’Ataraxie, il ne faudra que quelques morceaux pour Dylath-Leen pour conquérir de nouvelles oreilles néanmoins meurtries.
En ce 12 novembre, dans les caves de l’Emporium s’est donc tenu un concert vraiment impressionnant. Si Ataraxie était connu de nos contrées, et a confirmé son talent et sa prestance scénique, Maladaptive et particulièrement Dylath-Leen ont eu le mérite de captiver un public nombreux, réputé froid face à des mélodies inconnues. On pourra juste émettre une suggestion (soit pour les organisateurs, soit pour les gérants) : des structures comme l’association “HEIN !” (merci pour le tuyau Avis de Passage) proposent d’OFFRIR des bouchons d’oreille, ce qui est loin d’être superflus.