Luke et Deportivo à l’Exo7
Luke et Deportivo. L’un aurait fait la première partie de l’autre sans problèmes il y a encore un an et demi. Aujourd’hui, les deux groupes jouent dans la même cour. Au final, un très bon concert rock, une fête même pour tout le public présent.
C’est Luke qui ouvre le bal. Luke et son chanteur - leader, Thomas, qui avait fini par énerver tout le monde avec son air supérieur, son arrogance et un tour de cheville au-delà de la norme. Il faut croire que le jeune homme de Bordeaux a mis de l’eau dans son vin, ravalé ses prétentions, il a mis a mort le malin qui s’était emparé de lui. Tout ça pour se recentrer sur ce qu’on lui demande : Faire de la musique rock !
750 spectateurs présents, c’est bien, mais c’est tout de même « peut mieux faire » au vu de la double affiche proposée. Car il s’agit bien d’un double concert, pas une première partie et une tête d’affiche, mais deux groupes français, dans l’air du temps. L’un sur la pente descendante, l’autre dans le sens inverse. Pas de concurrence entre ces deux là, plutôt une amitié et une complicité qui se traduit sur scène par des interventions des différents protagonistes pendant le set de l’autre.
Luke ouvre donc, on est tout de suite frappé par la mini – révolution du groupe. Plus proche des gens, un jeu de scène irréprochable et des morceaux adaptés au live. C’est comme ci les bordelais voulaient se racheter une image… Les nouveaux morceaux passent plutôt bien, entrecoupés des trop radiodiffusés « Hasta sempre » ou « La sentinelle ». Ca pogote un peu devant, rien de bien méchant. Le public est plutôt jeune, branché sur Europe 2.
Après une courte pause, c’est au tour de Deportivo de faire son apparition. Groupe français, de moins en moins méconnu qui gagne ses lettres de noblesse en se produisant en live. Des petits gars qui ne se prennent pas la tête, qui font d’un concert une fête entre pote. Au-delà des titres entraînants, tels que « Parmi eux » ou « Sur le moment », c’est tout un univers simple et destroy autour duquel gravite le groupe. On pouvait compter sur la bande de fans bretons, présents ce soir, pour mettre le feu. Deportivo n’a pondu qu’un seul album, c’est aussi cette fraîcheur que l’on retrouve sur scène. Des morceaux courts, incisifs et rythmés, on se croirait presque revenu au temps de Nirvana, le temps d’une chanson ou deux. Le superbe « A l’avance » viendra conclure le set du trio, une chanson plus calme, ça n’empêchera pas le chanteur de finir (encore) dans la foule, après avoir slamé une énième fois.
Un final époustouflant réunit ensuite les deux groupes, tous les musiciens sur scène et également une vingtaine de personnes du public ( !!!). Un grand brouhaha, un joyeux bordel, avec des reprises des Pixies, de Dutronc… Les gars s’éclatent, et nous aussi du coup… On avait pas vu une pareille soirée Rock depuis Kinito / Dolly de l’année dernière. Bien sûr ce n’est pas ce qu’il se fait de mieux, même en France, mais chacun pourra témoigner d’un concert vivant, à l’ambiance chaude et aux riffs transcendants.