Exit Festival 06 - Novi Sad, Serbie

La Serbie et plus précisément Novi Sad, accueillait la 6ème édition du plus atypique des festivals de l’été, j’ai nommé le Exit Festival. Un joyeux bric à brac musical, relevé par d’excellentes têtes d’affiche, notamment sur la scène electro. On se doit également de souligner quelques manquements qui relèvent de l’organisation. Retour sur quatre jours pas comme les autres.
Belgrade n’en finit plus de penser ses plaies, la morosité ambiante qui y règne pousse les gens à se déplacer 80km plus au nord, dans la deuxième ville du pays, Novi Sad. C’est derrière les remparts de la forteresse de la ville que la fête bat son plein. Une fête annuelle à laquelle les serbes s’invitent majoritairement. Très peu d’étrangers sont présents, hormis quelques voisins hongrois, on entend également parler anglais en de rares occasions. Dans un pays où chaque habitant se voit encore privé de certaines libertés (il faut nécessairement un VISA pour rejoindre n’importe quel autre pays), il est bon de se retrouver dans un même lieu pour y faire la fête.

Le lieu justement, parlons-en. Un dédale de chemins, un labyrinthe diront certains, où les scène se cachent de part et d’autre de la bâtisse. Quelques inconvénients dans une telle configuration : Les scènes trop rapprochées mélangent leurs sons, ce qui, vous en conviendrez, peut devenir assez gênant. Les grosses batteries de la scène Hammer peuvent rapidement vous gâcher un passage au violon tout en douceur de la scène voisine. D’autre part, le festival est victime de son succès populaire, il est parfois difficile de circuler dans les étroits passages de la forteresse. Ce rapprochement des corps crée une ambiance chaleureuse, le thermomètre encaisse encore quelques degrés, comme si les 30°c ambiants n’étaient déjà pas suffisants. Les rencontres vont bon train au fur et à mesure que les stocks de bière, sponsor local, disparaissent.


Rayon musique, la Main Stage réunit une foule immense chaque soir, l’entonnoir formé devant celle-ci est comble chaque soir. On vient y admirer quelques vieilles gloires déterrées pour l’occasion : Pet Shop Boys, Morrissey ou encore Billy Idol, auteur d’un show sirupeux devant une foule hystérique. La bonne surprise viendra de Franz Ferdinand, pourtant vus et revus depuis deux ans. Particulièrement inspirés et pourvus d’un son quasi parfait, les écossais nous régalaient de leurs titres habituels, ‘Do you want to’, ‘The dark of the Matinée’ ou encore ‘Take me out’ à ranger définitivement au rayon des grands classiques du rock Alex Kapranos y allait même de sa petite plaisanterie sur Franz Ferdinand, l’Archiduc d’Autriche assassiné ici, en Serbie, au début du siècle, un événement déclencheur de la première guerre mondiale. Le reste de la programmation, c’est du tout bon aussi : Him, Scissor Sister, The Cardigans, The Cult…

L’autre attraction musicale, et avec le recul, sûrement la meilleure, c’est la Dance Arena. Une configuration exceptionnelle, un Dj perché sur les hauteurs des remparts, surplombant pas moins de 25.000 personnes entassées dans une cuvette naturelle. Les plus grandes stars electo du moment y défilent quatre jours durant. L’énervant David Guetta se produisit le samedi soir devant une foule proche de l’extase. Ici le bikini est de rigueur, on s’habille léger pour mieux bouger et éventuellement finir la soirée bien accompagnée. La fête, en cet endroit, ne s’arrête jamais, où alors en matinée. Pour les infatigables, et on en rencontre qui ne dorment pas pendant trois jours, la fête continue sur la plage tout l’après midi où un Dj mixe dans ce que l’on appeler un after… ou un before, au choix. Vous l’aurez compris, ici, c’est l’electro qui attire l’œil et l’oreille car outre le bien coiffé David Guetta, se produisaient Jeff Mills, Dave Clarke, Eric Prydz, Hernan Cattaneo, Steve Lawler, Derrick May, Junior Jack & Kid Crème… la liste est interminable ! Tous ont embrasé la Dance Arena, endroit surréaliste s’il en est.

Il y a chez les organisateurs, une réelle volonté de diversifier l’offre musicale. On peut ainsi découvrir en se baladant (et en essayant de ne pas se perdre) une scène Hip Hop, une scène Métal, une autre Reggae, le tout sans réelle envergure. La plupart du temps des groupes locaux qui se produisent devant une maigre assemblée. La scène World, tassée dans un petit recoin, offre quant à elle quelques belles surprises comme par exemple ce groupe serbe jouant de la country joyeuse aux refrains accrocheurs et repris en chœur par un public aux anges. On y apercevra également un très beau concert de Flamenco, maracas et claquettes inside, même la star locale, Felix Lajko y caressera les cordes de son violon avec fougue et talent. Là bas, tout là bas au loin, se trouve aussi la sous estimée scène fusion qui accueille les Sofa Surfers, très bon groupe venu d’Autriche, Dog eat Dog, Suzanne Vega ou encore Junkie XL.
On retiendra de ce festival une énorme fête, un dance floor géant et quelques erreurs de jeunesse. Dans tous les cas, une expérience unique, à vivre dès l’année prochaine, avant que le lieu ne devienne un repère franco-allemand, allusion faite au Sziget hongrois. Vous y découvrirez, outre ce rende-vous culturel, les charmes d’une cité relativement épargnée par les bombardements d’un temps pas si lointain mais désormais révolu. Quelques hôtels bon marché vous accueillent, mais pour les moins fortunés, le camping équipé du minimum sanitaire semble très correct. Il est situé sur la rive opposée à celle de la forteresse. La proximité de Belgrade offre aussi une opportunité touristique, mais surtout une belle expérience humaine. Aventuriers, ce festival est fait pour vous !
» site web du Exit Festival www.exitfest.org/fr