Rencontres à Elizabethtown

Chacun a droit à l’échec. Mais réussir un vrai fiasco, rater un projet de longue haleine auquel on croyait dur comme fer, ruiner d’un coup des centaines de vies, couler une boîte en 24 heures demande des dispositions particulières. C’est l’exploit que vient d’accomplir le designer Drew Baylor en créant la chaussure de sport Mercury, une aberration dont le lancement imminent pourrait bien être le bide du siècle, avec une perte sèche annoncée de 1 milliards de dollars. A trois jours de l’apocalypse, Drew reçoit un appel affolé de sa soeur. Leur père, Mitch, vient de mourir, et leur mère a sombré dans un tel état de confusion et d’agitation qu’elle est incapable de se rendre dans le Kentucky pour les funérailles. Il revient à Drew de régler les détails de la cérémonie avec la famille et les nombreux amis de la victime…
Un moment de bien être, une comédie à l’eau de rose qui tourne au road trip, un film agréable en bouche, à déguster avec sa moitié. Rencontres à Elizabethtown, ce n’est pas que ça, c’est aussi des acteurs touchants, beaux et drôles. Ce film n’est pas sans rappeller Garden State, dans le genre “bouffée d’air frais”.
Une histoire d’amour, une de plus. Et alors ? Celle-ci est bien racontée, même si elle est un peu trop étoffée. On se perd dans les sujets parallèles (décès, rencontres, travail,…). C’est la vie de Drew Baylor, jeune homme d’affaire campé par le bel Orlando Bloom, préféré à Ashton Kutcher peu avant le tournage. Une comédie à l’eau de rose avec des passages exquis qui laissent un sourire niais aux lèvres. La musique rythme le film de manière incroyable, qu’il s’agisse de morceaux anthologiques ou de chansons écrites pour l’occasion, c’est un vrai régal auditif. A ne pas manquer, la partie « road trip », sans doute la plus touchante et la plus réussie du film.
Cameron Crowe est un homme à part dans la paysage cinématographique américain, doit on rappeler qu’il a lui-même écrit, réalisé et produit ses cinq derniers films ? Pour ce « Rencontres à Elizabethtown », on ne peut s’empêcher de penser à Garden State, le film de Zach Braff, autre merveille du genre. L’action est lente, on insiste bien sur les composantes du personnage principal. Plusieurs déraillements, le plus important étant la rencontre décisive avec Claire, jouée par la magnifique Kirsten Dunst, cette demoiselle n’en finit pas de crever l’écran. On retrouve également pléthore de seconds rôles de qualité, à l’instar d’Alec Baldwin ou la toujours impeccable Susan Sarandon.
Rien de très spectaculaire, en ce qui concerne la réalisation, l’accent est surtout mis sur les émotions. Ca fonctionne. On regrettera simplement ce faux rythme et le côté irréel de l’histoire. Un conte de fée moderne qui divertira le plus grand nombre, on ne lui en demande pas plus. Il manque un petit quelque chose pour qu’on parle de lui comme d’un bon film, mais quoi ?