Megadeth (+ Evile) à l’Elysée Montmartre

Grâce à la sympathique Céline de Nous Productions – que je peux également désormais qualifier de ravissante – j’ai pu au dernier moment (H-3) assister à un concert annoncé complet depuis des semaines. Et non des moindres : Megadeth, groupe mythique des années 80-90 qui avait bouleversé mon âme rebelle adolescente avec l’écoute de l’album anthologique – le meilleur selon moi – Rust in Peace. J’avais déjà eu l’occasion de voir Dave Mustaine au début des années 90 au Zénith de Nancy, durant la tournée de promotion de Youthanasia. 15 ans plus tard, il me tardait de revoir ce mégalomane génial (ça va ensemble), même si depuis j’ai occulté toute ses récentes productions (« A tout le monde » fut LA chanson qui signa l’arrêt définitif de l’écoute)

Après m’être vautré dans des escaliers, après avoir récupéré un chargeur de batterie et batterie de 350d via Alain à St Lazare – chargeur qui va pénétrer mon gras fessier durant le concert, j’adore – je me retrouve à 18h20 devant un Elysée Montmartre déjà ouvert, assailli par une kyrielle de files interminables, et l’entrée est pour le moins chaotique. J’en profite pour me glisser ci- et là pour entrer aussitôt, et me retrouve donc « vers » les premiers rangs. Certains détails vis à vis du public concernant ce style musical semblent être intemporels, et me rappellent ma jeunesse évanouie : des patchs immondes sur des blousons en cuir, de jolies filles outrancièrement maquillées de noir, mais surtout, un esprit sympathique dû à cette appartenance communautaire forte, qui fait que l’on s’identifie tout de suite à son voisin. Le premier rang est squatté par les plus grands, qui en plus grimpent sur la partie métal permettant de soutenir le crash barrière : ainsi il n’est pas rare que l’égoîsme de seulement quelques individus cache la vue à une cinquantaine de personnes se trouvant dans l’axe de ces Goliaths. Ma taille étant plus proche d’un hobbit que dans troll des cavernes, je me suis donc accaparé un radiateur sur la gauche : une fois assis dessus – un bien grand mot, mes grasses fesses dépassant quelque peu – je me retrouve tout simplement dans une position idéale permettant d’avoir une vision plus que parfaite de la scène et du public. Le confort des yeux pour l’inconfort du corps : on ne peut pas tout avoir. A ma droite, je sympathise avec un couple sympathique qui a eu la même idée ; ils ont à peine la vingtaine, c’est à dire l’âge à laquelle j’allais, dans les temps anciens, également voir Megadeth en concert. C’est d’ailleurs ce qui me surprendra le plus : Dave Mustaine, véritable dinosaure vivant du thrash metal – style qui a connu son heure de gloire grâce à Slayer ou Metallica, jusqu’à la période And Justice for All, en tout cas – a su drainer facilement 2 ou 3 générations. 25 ans de carrière, ça en jette. 20h, soit 30 minutes après l’heure officiellement annoncée sur les billets … les lumières s’éteignent et Evile, la première partie, assène dès les premières secondes le public parisien de riffs assassins.

Evile (web)

Le groupe est accueilli comme il se doit, esprit public métal oblige. Public qui est déjà chauffé à blanc rien qu’à l’idée de voir à seulement quelques mètres une des légendes métal encore actives. Evile, formation from UK, est un quator dans la pure tradition metal « d’avant » (avec une forte propension influente, selon moi, de la meilleure période de Testament, voire, grâce aux nombreuses triples croches parsemées, à du Iced Earth / Annihilator). Gros riffs bien rentre dans le lard axés sur des suites chromatiques parfois brouillonnes, grosse caisse tonitruante, look noire et poses « héroïques » … il semble ne rien manquer, surtout que les titres, à l’instar de « Paint in Blood » (quelle originalité) sont tout à fait taillés pour la scène. Néanmoins, on notera deux petits couacs non négligeables : d’une part, la partie vocale Matt Drake est vraiment en deça : les lignes mélodiques sont quasi inexistantes, le grain « ajouté » sonne faux … d’autre part – et l’on peut sans doute imputer cela au retard précédemment évoqué – on ne profitera que de cinq titres !!! Certains ont trouvé cela trop court – je fais partie de cette catégorie – certains soufflent de joie à l’idée de ne plus supporter un ersatz qui aurait manqué une partie du clonage musical de ses mentors … pour la petite histoire, Warmachine devait être la « vraie » première partie, mais que sir Mustaine ait changé d’avis. Ah ces vieux …

Megadeth (web)

Grâce à une playlist relativement jouissive – réécouter de vieux titres de Machine Head, Pantera, Scorpions, Dio Motorhead, Iron Maiden … diantre que ça fait du bien – l’entracte passe vite. Entracte qui a failli être gâchée par l’horrible « Thunderstruck » d’AC/DC qui, comme par magie, ou en réponse à une vaine prière, est salement amputée pour laisser entrer LE groupe que tout le monde attend avec une impatience tout simplement bouillonnante. Et dès les premières secondes, je sais que mon emplacement, jadis judicieux pour Evile – qui bénéficiait d’une qualité sonore exemplaire – ne sera pas le meilleur endroit pour écouter le set de Megadeth – bien que là aussi, je déchanterai par la suite, car le seul endroit audible s’avèrera le bar, mais c’est également l’endroit où l’on vocifère tel un phacochère en furie avec une force véhémente pour commander la boisson préférée des metalleux : la bière. Revenons à l’ambiance : le public est pour le moins agité – euphémisme : ça slamme dans tous les sens, ça photographie de partout avec les téléphones portables, les photographes accrédités y allant de leur plus puissant flash, nonobstant des lights vraiment superbes, ça hurle de joie, ça remue sec dans la fosse : on assiste vraiment à une ambiance metal digne de ce nom (en fond de salle, on est un peu plus sage). On n’entend pas du tout la voix de Dave Mustaine – c’est con, quoique – ni les solos du nouveau guitariste, le titanesque Chris Broderick – qui possède des bras aussi gros que mes cuisses, un véritable jouet Musclor mais vivant – ce qui s’avèrera un sacrilège sur les anciennes parties écrites par le brillant Marty Friedman, notamment Tornado of Souls. Ne connaissant aucune chanson du nouvel album (et franchement pas transporté par ces dernières), mon extase – mais visiblement le public aussi, qui réagira au quart de tour à chaque fois – sera atteinte sans problème grâce à « Hangar 18″ (joué en super speed, jouissif !), Symphony of Destruction, Tornado of Souls, mais SURTOUT, Ô SURTOUT, le meilleur morceau du groupe, et certainement l’une des 10 meilleures chansons métal jamais écrites « Holy Wars » – qui cloturera de manière magistrale le set. Toutefois – rien dans ce monde n’est parfait – le son était franchement pourri – et excessivement fort – notamment les grosses caisses qui annihilaient totalement les parties aigues – voix de Mustaine (ce n’est pas forcément un mal), solos (là c’est plus grave), le lancé de bières c’est sympa à 15 ans, à 32, on rigole déjà moins, les gros bourrins qui sont plus là pour se défouler que pour apprécier le concert, mais aussi il est fort dommage que Megadeth n’ait pas su, en 15 ans, se renouveler davantage. Sans doute pour cette raison que j’ai décroché avec ce milieu, où l’on ressent vraiment un cloisonnement qui n’est pas propice à l’évolution. Enfin, je pense sincèrement que Dave Mustaine, être ultra charismatique et particulièrement virtuose, est un Highlander : 15 ans plus tard, il semble ne pas avoir vieilli, il garde cette même fougue, ce même côté hautain « légendaire » – même si le concert à l’Elysée Montmartre (date unique en France, s’il vous plait) fut le théatre d’un homme particulièrement « bavard », et souvent drôle. Un concert loin d’être parfait donc, mais un concert malgré tout intense, grâce à un public de fidèles qui a largement contribué au succès de cette soirée – on exceptera le passage symbiotique « A tout le monde », un peu trop too much à mon goût. Sinon, merci à l’Elysée Montmartre d’avoir dépassé une fois de plus les 110 dB, rien de tel pour apprécier une symphonie d’acouphènes durant la nuit …

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Un commentaire

  1. Là aussi super concert, mais grandement gâché par une sono excecrable de mon point de vue….

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publié par Rod le 27 fév 2008 à 15:14

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