Le HibOO

F.M. (+ You and You) à la Boule Noire

La Boule Noire, Paris - Photos, Concerts : F.M. (François Maurin) - 11 mars 2008

On l’a. Notre Andrew Bird français. Le concert donné par François Maurin, alias F.M., à la Boule Noire fut tout simplement une gifle musicale monumentale. Fabuleusement Magique. Finement Méticuleux. Ou encore Féériquement Mélodique. Irréel.

19h. Il fait doux, la pluie a fini de fouetter le sol. Un Mathias Malzieu particulièrement speed avance à travers la foule dans un anonymat total. Je suis comme d’habitude “trop” en avance. Mais je préfère toujours assurer le coup lorsque je sais que le dit concert que je dois couvrir est annoncé comme complet. Fait relativement exceptionnel, les portes ouvrent une demi-heure avant l’horaire prévu … et une fois l’invitation récupérée auprès des charmantes donzelles de Bleu Citron, je suis - et je ne serai pas le seul - surpris par la disposition de la “scène”, qui se retrouve directement au sein même du public. Plein de sièges. Y compris sur l’estrade principale où trône également un magnifique piano à queue. D’office, je sais que sur un plan photographique, cette soirée va relever du challenge, dans la mesure où les seules lights du spectacle seront 8 ampoules aériennes posées façon AaRON dans le clip “U-Turn”. Le public est relativement varié : on retrouve bien évidemment la famille du jeune prodige star de la soirée, mais aussi Stéphane “BO”, Ivan des Fatals Picards, Julien “Glasses” des Hey Hey My My, Mr MSN (si si) … une soirée donc assez VIP, où l’on sent subitement la chance d’être en ce 11 mars ici et pas ailleurs.

Camille, la manageuse de François Maurin - jadis de Mathis sans les Mathematiks - remercie le public d’être venu, et présente la première partie, qui n’a pas manqué d’air, puisqu’il a contacté cette dernière à l’arrache via MySpace pour décrocher l’opportunité de commencer la soirée. Elle accroche, et veut le faire partager. Ainsi le public allait découvrir le folk mélancolique de “You and You”

You and You (web)

You and You @ Boule Noire, Paris | 11.03.2008
You and You @ Boule Noire, Paris | 11.03.2008 You and You @ Boule Noire, Paris | 11.03.2008 You and You @ Boule Noire, Paris | 11.03.2008 You and You @ Boule Noire, Paris | 11.03.2008 You and You @ Boule Noire, Paris | 11.03.2008
Photos par Rod | Le-hibOO.com • 11-03-08 • Voir les 5 photos » Galerie | Popup | FlickR

Un piano. Une guitare. Une voix. Mais surtout, de superbes mélodies. Félix, à la voix très “shearwaterienne“, distille des compositions folk d’une pureté et fragilité digne d’un artiste signé chez Fargo ; il suffit d’écouter “The House in the Moon” pour s’en convaincre. Il n’y a pas grand chose à rajouter, puisque c’était beau, court, intense et pas du tout ennuyeux : le public est baigné dans un silence religieux les plus entiers. Une agréable surprise.

F.M. (web)

F.M. @ Boule Noire, Paris | 11.03.2008
F.M. @ Boule Noire, Paris | 11.03.2008 F.M. @ Boule Noire, Paris | 11.03.2008 F.M. @ Boule Noire, Paris | 11.03.2008 F.M. @ Boule Noire, Paris | 11.03.2008 F.M. @ Boule Noire, Paris | 11.03.2008 F.M. @ Boule Noire, Paris | 11.03.2008 F.M. @ Boule Noire, Paris | 11.03.2008 F.M. @ Boule Noire, Paris | 11.03.2008 F.M. @ Boule Noire, Paris | 11.03.2008 F.M. @ Boule Noire, Paris | 11.03.2008 F.M. @ Boule Noire, Paris | 11.03.2008 F.M. @ Boule Noire, Paris | 11.03.2008
Photos par Rod | Le-hibOO.com • 11-03-08 • Voir les 41 photos » Galerie | Popup | FlickR

Cela faisait un bail que je n’avais pas reçu une telle gifle sur le plan musical. Quand un mec mélange avec une facilité déconcertante rythmiques pop, accords jazz délicieusement placés, cordes très baroques (Vivaldi, Purcell and Bach inside), tout en ayant un phrasé global de l’époque romantique (Schumann and Fauré were here), on ne peut que ressentir un truc émotionnel qui transcende. Et cela se manifeste par des sourires : pas ceux qui émanent d’une blague, mais plutôt la résultante d’une forme d’extase face à tant de créativité, en pensant bien fort et amicalement “putain le batard, il est génial”. Doté d’une tessiture vocale assez incroyable, maitrisant à la perfection le piano ou l’enchainement d’accords de septième, François séduit, hypnotise et happe. Inutile de connaître son répertoire, il suffit de se laisser transporter. Dans un monde imaginaire et onirique, où les limites musicales sont totalement dissoutes. Pourtant, nonobstant une partition assez costaud sur le plan technique, le petit rouennais se la joue “méthode Mozart” : réussir à rendre facile d’écoute sans tomber dans le pompeux. Le son est incroyablement parfait, et cette pop symphonique de chambre (qui aurait pu imaginer associer tous ces mots ensemble il y a 1 siècle ?) atteint son paroxysme lorsque le Maitre de ces Lieux décide d’interpréter “Certain People”, le single phare. Morceau qui s’avère paradoxalement le moins spectaculaire. Emane de la Boule Noire une forme d’euphorie collective, où chacun a pris son pied, sans doute de manière différente, mais avec la même intensité. Ce n’était pas un concert, mais un événement. Ce n’était pas superbe, c’était parfait. Ce n’était pas incroyable, mais tout simplement divin. Ouais ouais, j’en fais trop, et blabla et blabla. 1. Je fais ce que je veux, parce que je le vaux bien. 2. Si vous êtes fan d’Andrew Bird, vous comprendrez l’engouement ressenti en allant vous déplacer … par exemple le 3 avril prochain à la Défense dans le cadre du Festival Chorus (et ouais Camille, c’est bien beau d’annoncer le 29 mai au Café de la Danse, mais le 3 avril alors ? :)) 3. Ceux qui suivent le HibOO savent que je ne m’emporte que très rarement, et qu’il faut vraiment qu’un artiste possède un truc en plus (que certains appelleront talent, d’autres don, ou encore “grâce divine”) pour me retourner ainsi. En d’autres termes, F.M. est tout simplement l’un des plus beaux projets qu’il m’ait été permis d’entendre. C’est dit. Amen.

… D’un point de vue photographique

Matériel : Canon 350d + 18-55mm 3.5-5.6 + 85mm 1.8, le tout prêté par Alain et Seb. Sans le 85mm 1.8, soyons franc, je n’aurais pu faire AUCUNE photo. Merci Seb, donc :)

Format d’enregistrement : JPG, format L

Réglages : 1600 ISO / balance des blancs auto / autofocus central / exposition manuelle / sans flash.

Notes : Je pensais avoir vécu le “pire” avec la Flèche d’Or et ses lights contre-jour et/ou stroboscopiques, mais ce concert fut un véritable défi. 8 ampoules, faiblement éclairées, des lampes de pupitres à partition, une lumière ambiante tamisée, et allez, va faire des photos avec ça. Ca manque de piqué, de précision et il y a pas mal de grain, mais cela retranscrit malgré tout l’ambiance qui régnait à la Boule Noire : un truc un peu solennel, intimiste, où le sens mis à l’épeuve était surtout l’ouie. Par ailleurs, le manque d’angle résulte du fait que c’était archi blindé, et qu’il n’était pas vraiment de bon aloi, dans une atmosphère de communion totale, de gêner le public, surtout pour des photos.

2 commentaires

  1. En effet, un grand moment de musique. Le son était vraiment à la hauteur et ça c’était cool aussi.
    Photographiquement, j’ai cru que je ne ferais rien de bien non plus. Vraiment très peu de lumière…

  2. La chronique de l’excellentissime album de F.M. est disponible sur Discordance !
    tu peux la lire (et la commenter) ici :

    http://www.discordance.fr/F-M-A-Dream-or-Two.html

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