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10.07.06 : Concerts, Festivals » Solidays Edition 2006 | Le HibOO

Le HibOO

Solidays Edition 2006

Solidays 2006

Cette 8e édition de l’unique festival français en faveur d’une cause (la lutte contre le SIDA) aura connu son lot de merveilles, mais aussi pas mal de couacs. Entre un Dionysos déchaîné, et Raphaël qu’on a envie de trucider dès qu’il se met à chanter, un festival mort pendant 2h30 pour le football et la magie Archive, difficile de dire si cette édition fut très bonne ou très mauvaise. Mais quel festival !

Hormis une vingtaine de minutes, les Solidays 2006 auront baigné dans la lumière, la chaleur écrasante et de nombreux sourires heureux de participer à une bonne cause tout en faisant la fête. Situé près de Paris, l’hippodrome de Longchamp accueille depuis 7 ans ce festival crée au départ pour soutenir la lutte contre le Sida à travers le monde. Si cette année l’affiche fut critiquée par son manque d’ambition à faire venir des têtes d’affiche fédératrices, on ne peut que remercier les organisateurs d’avoir programmé des perles trop rarement vues en situation festivalière : on pense notamment aux tonitruants Infadels, aux charismatiques El Presidente, aux magiciens Archive ou les survitaminés Psy de 4 la rime.

On pourra reprocher néanmoins à cette programmation de trop être en phase avec les artistes dits “à la mode” allant jusqu’à s’accaparer la scène principale (baptisée Paris) : ainsi Cali, Raphaël, Benabar et Dionysos vont distiller leur musique éprouvée, assurant ainsi un rassemblement assuré. Mais Solidays ne se résume pas à la musique et aux concerts. Solidays permet à beaucoup d’associations de s’exprimer, avec bien sûr une correlation avec la maladie fléau. Solidays est aussi un festival tenu par ses centaines de bénévoles qui permettent à cette manifestation d’avoir lieu. On les oublie souvent, et pourtant sans leur aide et leur dévouement rien ne serait possible. Retour sur les 3 jours.

Vendredi 7 juillet

Il fait beau, du moins aux alentours de 16h. Il y a encore peu de personnes et pourtant déjà des bons groupes à voir. On pense notamment à Psy de 4 la Rime, qui ne peut que réconcilier avec la culture hip hop. Le public amassé devant la scène Paris (la plus grande) saute, hurle, scande … et le trio de chanteurs accompagné d’un DJ met la pêche : mais au delà d’un débit vocal parfois hallucinant, on sera médusé par les lignes vocales lors des refrains : absolument divin. A l’opposé de l’hippodrome, la scène couverte répondant au doux patronyme de Phenix accueille la jolie et talentueuse Olivia Ruiz. A peine entrée sur scène, la fille du vent en jette avec sa jolie robe rouge. Le chapiteau est envahi de fans, principalement de jeunes filles. On retrouve l’énergie révoltée de la chanteuse, notamment sur l’explosif “Non-Dits”. La belle emmene son public entre chansons touchantes (J’traine des pieds), univers complètement barge (Thérapie de Groupe), ou en interprétant ses tubes made in Mathias from Dionysos (I Need a Child ou encore La Femme Chocolat). Le concert, de loin, est très beau à voir. Les lights sont superbes. Dommage que le son ait été si mauvais. Vers 20h, une pluie digne du Déluge de l’Arche de Noé s’est abattue sur le festival. Une telle intempérie ne viendra à bout à d’un public motivé venu voir Louise Attaque. Qui a engrengé le chromosome “Pogo” dans toute sa splendeur. Fin de soirée qui se finit en beauté avec Jean-Louis Aubert, véritable extraterrestre du Rock, qui comme le dirait un de ses fans ayant le même âge que le créateur de Telephone “ce mec là, plus il vieillit, plus il est poète”. Que dire de plus.

Samedi 8 juillet

De loin la meilleure journée du festival. Outre une chaleur intenable (mais qui permit de déguster d’excellentes glaces toute la journée), et un public si nombreux qu’il en devenait difficile de circuler, ce samedi 8 juillet fut également le top en terme de programmation. En première partie, après avoir découverts quelques groupes “talents ile de France” (Africabliz’s, Magga ou encore le charismatique Eric John Kaiser), le choix cornélien commence entre les grandioses Seeed et les déjantés Infadels. Il semble plus facile d’aller voir le 2e groupe, à la scène Phenix. Que dire ? Le rock n’appartient qu’aux Anglais, qu’on le veuille ou non. Gueules incroyables, présence scénique jouissive, mélodies accrocheuses, sonorités electro pop entrainantes, Infadels va susciter un engouement on ne peut plus mérité. Direction opposée avec la Scène Paris, qui accueille l’organisateur du festival, face à des milliers d’oreilles attentives sur le message que tente de véhiculer le festival. Applaudissements sur des passages clés, mais également consternation sur les chiffres annoncés, sur la volonté des lobbies de ne pas développer les médicaments génériques. Après avoir énoncé un nombre effarant de prénoms de personnes décédées de la maladie fléau, place à la musique avec les Têtes Raides. Présence scénique quasi-nulle, son bordélique. Ca bouge dans le public, mais juste comme il faut. On a connu le groupe dans des jours meilleurs. Enchainement à quelques enjambées avec La Ruda, qui a été vraiment le premier groupe à faire bouger le public digne d’un festival (toutefois sur la scène Phenix, l’engouement et effet Anaïs est tel que 10mn avant le concert, il est IMPOSSIBLE de regarder le concert sous le dôme). Leurs mélodies super entrainantes et leur prestation scéniques ont permis ENFIN de s’éclater. Un public bien chauffé pour accueillir ce que l’on peut considérer comme LE concert du festival, Dionysos. On pourra reprocher à Mathias, Babeth et sa bande de toujours faire la même chose (le concours du monde de tagueule le chat, les mêmes mimiques au même moment …) mais force est de constater que le groupe maitrise la scène et son public. Public follement hystérique sur Giant Jack, mais également public religieux et respectueux quand Mathias chante a capella l’intro de Miss Acacia, ponctué d’un “merci” avant de reprendre le morceau dans sa version ukulélé. Bien sûr le chanteur excentrique et survolté ne manquera pas son bain de foule. Apothéose atteinte avec le crash barrière qui a fini par céder face à la pression du public. Impressionnant. Comme il a été dit précédemment, Dionysos a été le SEUL groupe du Festival à avoir autant fédéré, tout en y instaurant une folie furieuse. Louis Bertignac fut également une surprise incroyable : en effet, tout le monde s’attendait à une prestation correcte, et l’on a eu à faire à un show démentiel, très electrique, qui a mis le feu sur la scène Domino, scène qui du coup s’est retrouvée vite assaillie par l’ambiance Rock instaurée par le chanteur. Avec il faut le dire, ce moment magnifique de Cendrillon avec pour break … Lonely de Sting. Enorme. Bertignac fit parti des très bonnes surprises de ce festival. Sur la scène Paris, les groupies (les mêmes qui sont allées voir Dionysos, et qui iront voir l’insipide Raphaël) sont en état de transe avec Cali. Outre son côté faussement révolté, on retiendra surtout sa voix mal calibrée, mais surtout, sa capacité énorme à s’attirer des anti-fans en quelques secondes : en effet, ce dernier étant en retard, il ne s’est permis pas moins de 2 rappels empêchant le concert d’Archive de commencer. Le public Archivien chantera en choeur “ta gueule Cali” sur un air Dionysosien, et applaudira ce dernier quand il décidera ENFIN de quitter la scène. Commence alors le moment magique tant attendu. Archive, digne successeur de Pink Floyd, avec ses mélodies sauvagement tendres, sa révolte lyrique distille sur la scène Bagatelle des lumières et de contre-jours de toute beauté. Le groupe est plus qu’en forme, et avec “Again” ou “Fuck” il émergera des ovations d’un public respectueux et médusé par ces magiciens capables d’enivrer des milliers d’oreilles à partir d’accords basiques, mais si riches en arrangements. Pendant que Thomas Fersen en salle Phenix se mettait un public plus réduit, mais tout aussi furieux, dans sa poche. Nuit qui se terminera par 2 sets electro : d’une part la Nuit Mastermix et DJ Zebra. On regrettera que les deux prestations aient lieu côte à côte, créant une certaine cacophonie évidente. A noter que sur la scène de DJ Zebra, on pourra voir “en guest” Mathias ou encore Cali. Ambiance assurée.

Dimanche 9 juin

On avait été prévenu le vendredi, mais quelle déception face à la réalité. Le festival est littéralement envahi de pro-footeux tous déguisés en bleu, blanc, rouge. Une journée qui va donc tourner au ralenti, car on attend avant tout la finale France-Italie. Qui occasionnera d’ailleurs des retards dans les concerts. Maceo Parker, un des grands génies de la Soul Funk, foule la scène Paris. Difficile de faire mieux que Psy de 4 la Rime, Dionysos ou Jean-Louis Aubert. Musicalement il n’y a rien à dire, on frôle le divin, mais il aurait été plus judicieux de placer l’artiste sur une scène moindre (Bagatelle par exemple). High Tone en salle Phenix aurait au contraire du bénéficier d’un espace plus grand : dire qu’ils ont mis le feu serait un doux euphémisme. Leur electro / drum n’ bass / dub fit entrer des milliers de personnes dans un état de communion festive rarement atteint. Suivra Katerine, le furieusement génial Philippe Katerine. Textes absurdes, auto dérision et dérision de son public, musique savamment entrainante, ce mec est un OMNI (objet musical non identifié). Impossible à décrire, il faut le voir et l’entendre pour se rendre compte à quel point il n’est pas tout seul dans sa tête. El Presidente joue sur la scène Domino et, une fois de plus, énorme claque. Du charisme à l’état pur, une batteuse de toute beauté, un chanteur au sex appeal démentiel, un guitariste fusionnant avec son instrument. Rien à dire, entre El Presidente et Raphaël, il n’y avait pas photo. Raphaël … spectacle consternant, affligeant et d’une niaiserie renvoyant Hélène et les Garçons au niveau de Brassens. On a du mal à imaginer l’objectivité des Victoires de la Musique quand Raphaël l’a emporté sur Dionysos dans la catégorie “meilleur groupe de scène”. Heureusement ses textes mielleux touchent à leur fin quand Sergent Garcia enflammera la scène Bagatelle. Du son mélangeant reggae, ska, musique latino, africaine … caliente !!! Tout le monde danse, tape dans les mains, s’embrasse, jongle … effet de fête gâché par la coupe du Monde qui va commencer, et qui va être retransmise sur les écrans des scènes Paris ou Phenix. Le constat est prosternant : la vie du Festival meurt pendant plus de 2h30 !!! Pire encore, suite à la défaite de l’équipe de France, beaucoup quitteront le festival en zappant Dub Inc, Benabar, les Wampas, Tryo et les Motivés ! Hallucination totale. Et pour finir en beauté, ces pro footeux ont transformé les Solidays en porcherie édifiante. Les groupes cités plus hauts offriront donc une prestation sans faille (Didier Wampas est vraiment à la masse), mais avec un public plus restreint.

Parmi les points les plus agréables, la roue fête foraine, le saut à l’elastique, l’initiation à l’escalade, les villages associatifs, la tente Sexe in the city, les barbapapas succulents, les animations improvisées par les festivaliers, les sourires radieux ou le soleil on ne peut plus présent ont permis à ces Solidays d’être un agréable moment de fête. Du Côté Obscur de la Force, on notera l’impossibilité d’acheter des kebabs avec une boisson sans alcool (bière only … sic), le public préférant le foot à la musique (le comble), des concerts mal adaptés aux scènes (Raphaël en grande scène c’est aussi ridicule qu’Anaïs et la scène Phenix beaucoup trop petite), un son trop fort (Bagatelle), ou parfois mal calibré (Phenix). Les Solidays 2006 sont en deça en terme de fréquentation que l’année 2005. Gageons que l’effet foot en soit une des seules véritables causes, car en terme d’organisation, d’accueil, en revanche, mention très bien. Et ne l’oublions jamais : Les Solidays est un festival pour aider à la lutte contre le SIDA.

www.solidarite-sida.org

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