Le HibOO

Anaïs Kael - Chansons Coquelicots Trashs

Anaïs Kael - Chansons coquelicot-trash

Une pochette plutôt sombre, “Anaïs Kaël” en rouge et noir, des coquelicots semblables à des spermatozoïdes et un titre qui accroche l’esprit ! Dès lors on sait où va nous emmener le cd: entre dramatisme et sexualité, passion et destruction.

Onze longs titres (cinq minutes en moyenne) plus tard, on ne s’était pas trompé. Avec son piano en carton, Anaïs extirpe des situations graves une belle émotion, ou au contraire sublime le quotidien. L’expérience amoureuse s’avère éphémère ; l’amour passionné est tel une cigarette (absorbe moi, tire-moi bien fort, fais-moi mal - Nicotine), les hommes y sont faibles (Car ton coeur a trop de blessures - mais mon vagin, ça tu l’aimes bien), pourtant l’évasion est permise grâce à cet amour (Bunker).

De son phrasé poétique, sa voix légèrement rayée et portante, Anaïs nous rappelle les débuts de Jeanne Cherhal avec un timbre “Kaassien”; ainsi dans Ciao elle dénonce l’hypocrisie dans les bureaux, en alternant son point de vue avec celui d’une fille écervelée en admiration devant son patron. Quelque peu barrée et la langue bien pendue (le néo aristocrate), la chanteuse ne tourne pas autour du pot avec les mots (Et moi je me demande … Patron ? si dans votre caleçon ça bande ..!?), seulement il y aura toujours des moralistes pour trouver cela vulgaire. Derrière ces apparences crues, se cachent une poésie délectable, des jeux sur les sonorités, une sensibilité furieuse … comparable scéniquement où elle apparaît sauvage, prédatrice, espiègle, drôle et à fleur de peau.

Passé le côté “bourrin”, Anaïs Kaël nous prend aux tripes. Des notes cassées au piano marquant la mesure, elle pose le décor du bouc émissaire (Viens te faire lécher tes blessures infectées de remords et d’amers regrets, de rancoeur et de lâcheté) puis énumère les difficultés d’être femme (polie, jolie, obéis, au lit !) dans une balade troublante (Polie Jolie). La mélancolie prend place quant à elle de façon nostalgique dans Amstragram. Le passé qu’elle fait revivre la ramène au présent, le métropolitain - dans l’abysse des sous-terrains parisiens - l’interroge sur ses rêves envolés, sur sa vie volée.

Alors tel un coquelicot - sauvage et délicat - cette jeune femme prouve qu’il existe autant de fleurs du mal que du bien.

Tracklist

  1. Nicotine
  2. Rouge
  3. Le Néo Aristocrate
  4. Métropolitain
  5. Bunker
  6. Amstramgram
  7. Ciao
  8. Polie jolie
  9. Mais mon vagin, ça tu l’aimes bien
  10. Le bouc émissaire
  11. Eaux troubles

Laisser un commentaire

Pour afficher un avatar / votre photo avec votre commentaire, inscrivez-vous sur www.gravatar.com

* = champ obligatoire