Valérie Lemercier
Valerie Lemercier et Brigitte Buc rendaient visite aux 2 cinémas Gaumont pour présenter Palais Royal! Valérie Lemercier est devenue si belle avec le temps … interview décontractée au rendez-vous, dans une ville qu’elle connaît bien.
Comment vous est venue l’idée de parodier Lady Di?
Au départ, ce n’était pas vraiment l’idée, même si le personnage nous avait inspiré. Il peut s’agir de toutes les premières dames en fait, ça peut être Bernadette, Cécilia. La femme qui est derrière l’homme on peut dire. Faire une comédie dans un monde où tout est codé, cadré, où les protocoles doivent être respectés, et bien c’est toujours plus amusant. C’est moins drôle dans un milieu plus confus. Moi par exemple je ris toujours plus quand je n’ai pas le droit de rire. Chez ces gens là, il y a des règles à respecter, si vous prenez les photos des rois et des reines d’hier et d’aujourd’hui, ce sont les mêmes. Ce qui est amusant aussi, c’est que ce sont maintenant des gens assez inoffensifs, ils ont plus un rôle décoratif, ils sont là pour vendre des tasses, des petites cuillères…
C’est aussi l’occasion de mettre en avant le rôle de cette femme..
On ne choisit pas d’être la femme de quelqu’un d’important. On pense d’abord à la cacher, on s’aperçoit ensuite qu’on en a besoin, on a montre, elle prend alors ce rôle de potiche, qui ne doit pas forcément être agréable.
Vous êtes-vous inspirée des magazines qui relatent la vie des têtes couronnées?
Oui puisque quand on voit les activités princières au premier degré, sur des photos, c’est plutôt drôle. C’est même de l’ordre de la kermesse. Que ce soit un jeu ridicule ou une prncesse qui donne son sang, c’est très inspirant parce que ça existe. Nous ne voulions pas faire un royaume de pacotille. Il nous manque toujours le son aussi, quand on les voit saluer au balcon, on n’entend pas ce qu’ils disent. Ils ont aussi leurs petites mesquineries, c’est marrant de voir un prince réclamer un prix dans un magasin.
Pouvez vous nous parler de ce casting pour le moins surprenant?
Les comédiens ont envie de s’amuser. En ce qui concerne Catherine Deneuve, je crois que le rôle lui a plu, de toutes façons, nous l’avons écrit en pensant à elle. C’est très inspirant, ça donne des ailes pour écrire. c’est quelqu’un qui va très vite, elle est directe et surtout, elle est très royale. De par sa fonction, quand elle arrivait sur le plateau, elle était la reine, mais avec Catherine Deneuve, c’est très crédible, elle n’a pas besoin d’être déguisée pour être royale. Même quand elle coupe ses rosiers, avec des bottes en caoutchouc, elle est royale. Nous avions besoin de penser à nos acteurs pour pouvoir écrire notre histoire, c’est très inspirant. Pour Lambert Wilson, nous ne pensions pas forcément à lui remarquez. C’est venu après, nous lui avons fait lire le scénario le matin, il a dit oui l’après midi. On a eu de la chance d’avoir tout ce beau monde, puisque nous n’avons même pas eu besoin de rencontrer les acteurs.
En ce qui concerne la mégalomanie, c’est une question que l’on me pose mais que l’on n’a jamais posée à Jean Yanne ou à Alain Chabat
On a l’impression que vous faites passer l’émotion avant la perfection dans ce film?
Oui, j’aime travailler dans l’urgence, quand tout ne va pas forcément bien. Au cinéma, tout est tellement longtemps organisé à l’avance. J’aime bien quand quelque chose ne fonctionne pas comme prévu, on fait alors autre chose et c’est parfois mieux. Par exemple, je n’avais pas les moyens d’avoir 10.000 figurants à l’enterrement d’Armelle, je me suis alors dit que je pouvais les remplacer par des fleurs. C’était vachement impressionnant toutes ces fleurs à l’enterrement de Lady Di! Et puis c’est sûrement plus parlant qu’une foule de gens et probablement moins compliqué à filmer.
Comment arrivez vous à tout gérer en étant co-scénariste, actrice et réalisatrice?
Déjà tout ne se fait pas en même temps, et puis j’ai quand même beaucoup moins de texte que Catherine Deneuve par exemple. En ce qui concerne la mégalomanie, c’est une question que l’on me pose mais que l’on n’a jamais posée à Jean Yanne ou à Alain Chabat. Peut être est parce que je suis une femme, mais en réalité, ce n’est pas compliqué d’être les trois. J’ai fait beaucoup de plans simples, champs, contre champs pour pouvoir diriger les acteurs au moment où ce n’était pas moi. J’avais ma petite blouse que je mettais par dessus mon costume parce que je n’avais pas le temps de me changer, ça me séparait vraiment du rôle que j’étais en train de jouer. C’est vrai que sur mon précédent film, “Le derrière”, je me filmais, en fin de journée, la plupart du temps, il n’y avait plus d’acteurs, je jouais avec un chaterton sur la caméra! Cette fois je me suis dit qu’il ne fallait pas s’oublier.
Comment s’est déroulé le tournage?
Nous avons beaucoup tourné en Angleterre. Nous n’avons pas demandé aux têtes couronnées d’Angleterre si elles acceptaient que l’on fasse un film, et puis bizarrement, tout ce qui est royal n’a pas été tournée en Angleterre. Nous y sommes allés pour des raisons de co-production et de budget. Ca n’a rien à voir avec une sortie là bas, puisqu’à l’heure qu’il est, nous ne sommes même pas sûrs qu’il sortira là bas. Tout ce qui est royal a été tournée en Belgique, c’est à dire la cathédrale, le balcon, le palais qui est en fait composé de trois châteaux français de la région parisienne. Pour le reste, il s’agit de studios classiques. J’adore les comédiens, je suis très proches d’eux, j’éprouve beaucoup d’affection pour eux. Les acteurs aiment qu’on les désire, mais tous sont différents et ça je l’avais déjà appris avec “Le derrière” où Claude Rich ne réclamait pas la même chose que Dieudonné. Le plus grand plaisir reste de les voir jouer en direct ce que nous avons écrit en cachette.
Comment vous est venu l’idée d’appeler l’héroïne Armelle?
Au début, je voulais l’appeler Geneviève et puis en cherchant un peu, nous nous sommes aperçu que cela avait vraiment une signification de l’appeler Armelle. Vous savez, à l’enterrement de Diana, quelqu’un a dit que Diane était la patronne des chasseurs et que ça lui collait bien puisqu’elle était chassée en permanence. Ca m’avait frappé. C’est important les noms et prénoms des personnages.
On sent une véritable évolution de l’humour au fur et à mesure que le film avance, comment avez vous travaillé cet aspect?
C’est vrai qu’au début, on assiste plus à des gags visuels, ensuite on place quelques bombes qui explosent en cachette. Au début, je montre une personne décalée, qui ne sait pas faire, alors oui, ça change puisqu’elle comprend sa situation. De même qu’au début elle ne sait pas s’habiller, c’est comme dans un reality show, les filles aprennent à faire ça en trois jours. N’importe qui peut tour à tour être moche et belle, d’ailleurs le film n’a pas du tout été tourné dans l’ordre, c’est juste une question de position. Je me souviens que je voulais être blonde dans le milieu du film, avec cette perruque qui était ratée, enfin bref… Ce n’était pas la peine d’avoir un changement physique énorme, ça se passe avant tout à l’interieur. Il y a avant tout chez elle un désir de plaire.