Oliver Twist

Dans un orphelinat de l’Angleterre victorienne, Oliver Twist survit au milieu de ses compagnons d’infortune. Mal nourri, exploité, il est placé dans une entreprise de pompes funèbres où, là encore, il ne connaît que privations et mauvais traitements. Oliver endure tout, jusqu’au jour où une provocation de trop le pousse à s’enfuir vers Londres. Épuisé, affamé, il est recueilli par une bande de jeunes voleurs qui travaillent pour le vieux Fagin. Entre Dodger, Bill, Nancy et les autres, Oliver découvre un monde cruel où seules comptent la ruse et la force. Arrêté pour une tentative de vol qu’il n’a pas commis sur la personne de Mr. Brownlow, Oliver ne trahit pas sa bande et s’attire la bienveillance du brave homme. Mais Fagin et Bill ne tardent pas à remettre la main sur lui et l’obligent à participer au cambriolage de la demeure de son bienfaiteur…
Après « Le pianiste », Roman Polanski revient sur le devant de la scène avec son adaptation d’Oliver Twist. Un joyau techniquement maîtrisé de bout en bout, on pourra reprocher certaines infidélités à l’œuvre de Dickens, mais cela ne perturbe en rien le spectateur. Un beau film.
Oliver Twist est un classique du cinéma, l’œuvre de Dickens ayant déjà été adaptée à moult reprises. Roman Polanski, attendu depuis Le Pianiste, voulait avant tout faire plaisir à ses enfants en proposant ce film. Le résultat est superbe, surtout au niveau esthétique, tant ce Londres boueux et brumeux paraît plus vrai que nature. Une histoire connue de tous, mais toujours aussi bouleversante quand elle est bien racontée. Le parcours chaotique du jeune Oliver, depuis son orphelinat jusqu’aux beaux quartiers de Londres, ou comment faire face à la vie quand on a dix ans… Une époque dure, particulièrement pour les enfants. Toutes ces émotions rejaillissent à merveille, les personnages ayant chacun leur trait de caractère bien défini. Il n’est pas nécessaire de chercher quelques points négatifs à ce film, il suffit de se laisser prendre par la main, Polanski s’occupe de tout.
Les couleurs et les filtres utilisés donnent une impression de vrai, on est plongé au XIX éme siècle, le spectateur a les pieds dans la boue avec les personnages. De superbes plans, pas seulement en ville, on pense à ce lever de soleil magnifique lorsque Oliver quitte la maison de la vieille dame. Les acteurs sont impeccables, ce n’est pas un oscar qu’il faudrait à Ben Kingsley, mais deux ! Le jeune Barney Clark (Oliver Twist) n’a rien à envier à ses homologues américains tels que Freddie Highmore ou Haley Joel Osment. Les violons de Rachel Portman nous plongent dans l’histoire de façon extraordinaire, du générique du début à celui de fin. Vous l’aurez compris, cet Oliver Twist est unique. A voir, ne serait ce que pour sa beauté et les émotions qu’il dégage.