Chorus, 20 ans : Sanseverino ‘Trio’ (+ Marie Cherrier) au Magic Mirror (La Défense)
Une soirée plutôt manouche au Magic Mirror en ce mardi soir. Entre l’espiègle Marie Cherrier et le trublion Sanseverino, le ton est donné et le public est aux aguets.
- Date : 01.04.08
- Photographe : Atryu
- Web : www.chorus20ans.fr
Une fois l’invitation retirée, je me dirige au bar, l’endroit est ouvert sur une terrasse ambiancée. La salle quant à elle me surprend, de l’extérieur je craignais plutôt sa taille, mais grâce aux miroirs elle prend de l’ampleur. Sa forme circulaire, ses sièges rouges et le bois rendent le lieu d’autant plus agréable.
Marie Cherrier (web)
Ayant suivi l’ascension de la jeune Blésoise jusqu’à la Cigale dernièrement, il est surprenant de la retrouver en première partie. Seul Franck et Didier l’accompagnent, le set acoustique est rendu plus simple. Malgré une voix quelque peu enrouée, le trio donne une nouvelle sensibilité à ses chansons. L’artiste change sur scène les titres prévus, un coup de tête prouvant le pouvoir des femmes et c’est la vengeance d’une ordinaire (7è ciel). La prestation ne manque pas de vigueur avec le plus en plus apprécié « hommage » à Renaud puis sa vision de la guerre (le temps des noyaux). Vraisemblablement l’audience est conquise, la suite s’annonce autant délicieuse.
(Un photographe à mes côtés me turlupine l’esprit, il a le profil d’un hiboo. J’ose l’aborder, bingo ! il s’agit d’Atryu, dernier arrivant dans la famille. A peine le temps de se présenter et une voix-off féminine (comme celle de la SNCF mais en plus névrosée) nous prévient des interdictions quant aux captations éventuelles)
Sanseverino (web)
Deux accordéonistes précèdent l’arrivée de Sanseverino, vêtu d’une veste longue violette. Après sa tournée entourée d’un véritable big band ayant fait fureur notamment lors des festivals d’été, l’artiste propose cette fois-ci un set plus intimiste et forcément dépouillé. Dès les premiers titres on sait à qui on a à faire, il précise que le début était centré sur la guerre, la suite diversifiera. Alternant banjo, violon et guitare, Sanseverino ponctue les chansons de coups de pied dans des cymbales, comme une volonté d’expiation de colère et d’irritation. Restant fidèle à lui-même, il chauffe le public par des blagues et jeux de mots assez vulgaires (la maison sur le port), nonobstant la présence d’enfants (le festival a quand même une vocation à toucher un public très familial). Puis expliquant « J’ai un homme dans ma vie », titre où sa diction détrône de loin celle de Grand Corps Malade, il expose son point de vue politique (« laissez-moi, j’ai mon droit d’expression de parler »). Que ce soit un tango, un jazz manouche ou de la country, Sanseverino créee toujours une distance avec ses propos et se tourne en dérision. Il prend plaisir à retracer l’histoire du country-folk aux USA, seul à la guitare et traduisant même un titre de Johnny Cash (a boy named Sue) ; le public ne loupe pas une miette de ses propos ironiques, limite-trash, mais finement ciselés. Pour clouer le spectacle il offre une reprise d’Yves Montand (à bicyclette) et malgré la réduction instrumentale, l’ambiance est à son apogée.
Une belle soirée m’ayant fait oublier le retard de trente minutes. Sortie du lieu clôs et cocooné, on se sent bizarre, encerclé par les tours de la Défense ; la magie s’est évaporée.


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