Chorus 20 ans : Pauline Croze (+ Alabrune) à l’Auditorium Niedermeyer (Issy-les-Moulineaux)

La mer n’est pas à portée de vue dans ces contrées qui abritent le superbe Auditorium Niedermeyer ; pourtant deux sirènes vont (en)chanter à leur manière, avec deux styles radicalement opposés, la soirée. Et “ma” star ne sera pas celle que tout le monde est venu voir …
- Date : 01.04.08
- Adresse : 11/13 rue Dantou 92130 Issy-les-Moulineaux
- Téléphone : 01 41 23 88 38
- Web : www.chorus20ans.fr
Alabrune (web)
Micro et scène décorée de roses pour ouvrir le bal. En première partie de Babet l’an dernier, Alabrune s’était faite rare depuis. Le public ne peut que remercier l’équipe de Chorus d’avoir l’ouïe aiguisée pour déceler les découverte de talent et réparer ce soir cette erreur. La jeune femme venue d’ailleurs prend place, et ce sera pour ma part la claque de cette soirée. Alabrune n’a pas réellement de style, excepté le sien. Si je devais comparer, prenez un zeste de Claire Diterzi (période Boucles), une pincée de Clarika (dans les textes) et un soupçon d’Olivia Ruiz et vous obtiendrez ce que peut être le mijoté musical que représente son univers musical. Une musique sensuelle - voire presque sexuelle - qu’elle délivre (”Je veux plus du minimum”, “Un canapé à bascule”) ; parfois les titres sont davantage des comptines un tantinet malicieuses avec “Lila” ou “Les petits cailloux”. Qui sont d’ailleurs oniriquement envoûtantes. Une belle expérience qu’on aimerait voir se reproduire bientôt. La talentueuse brunette et ses musiciens - au niveau démentiel - quitteront la scène avec succès pour un public pas forcement acquis à sa cause. A écouter de toute urgence sur Deezer et/ou Myspace : Alabrune, ça se déguste, ça se dévore sans fin.
Pauline Croze (web)
Le changement de plateau sera court. Pauline Croze entre avec une démarche fragile, tout en délicatesse : un terme qui la symbolise le plus. J’avoue ne pas avoir accroché à la totalité de la prestation, et j’entends déjà le mécontentement de certain(e)s. Mais voilà, musicalement ça ne (me) prend pas et cela s’avère presque quelconque. Hormis quelques titres plus rythmés, les parties “rock” sont un peu -paradoxalement - ennuyeuses. Il reste néanmoins à Pauline Croze sa voix cristalline, mais malheureusement peu audible (un problème souvent récurrent lorsque l’on a eu la “bonne idée” de se hisser au premier rang. Les musiciens qui l’accompagnent participent grandement au spectacle (petit clin d’œil Ludovic Bruni (guitariste notamment d’Oxmo Puccino) toujours aussi habité de cette même fougue, un véritable délice visuel à lui tout seul). D’où vient le couac, alors ? Peut-être qu’avec le temps, à force de voir des univers divers, variés et originaux, lorsqu’un artiste ne propose pas un univers réellement singulier, et bien … je reste en retrait, et c’est ce qui m’est arrivée pour ce concert. On ne peut construire un live uniquement sur la fragilité de son interprète, fût elle aussi talentueuse dans son interprétation (et tout le monde ne possèdera pas l’entrain exagéremnt exhubérant - et donc très agaçant pour les auditeurs normaux - de l’agitateuse “myspacienne » fan » l’artiste est mon ami” qui réalise un contre-effet assez néfaste : casser l’ambiance “intimiste” que tente d’instaurer l’artiste). Je n’ai trouvé la magie qu’au rappel, lorsque Pauline interprètera a capella, puis en acoustique quelques chansons. Là, l’envie que cela se termine n’est plus, tant ce qui se dégage relève du prodigieux. N’est ce pas simplement le chant des sirènes qui réussissait jadis à captiver les marins ? Un retour aux sources d’une Pauline Croze si belle lorsqu’elle est si brute donne envie de l’entendre sans à nouveau sans artifices superflus.