Wallace et Gromit et le mystère du lapin garou

Une “fièvre végétarienne” intense règne dans la petite ville de Wallace et Gromit, et l’ingénieux duo a mis à profit cet engouement en inventant un produit anti-nuisibles humain et écolo, qui épargne la vie des lapins. L’astuce consiste simplement à capturer, à la main, un maximum de ces rongeurs et à les mettre en cage. A quelques jours du Grand Concours Annuel de Légumes, les affaires de Wallace et Gromit n’ont jamais été aussi florissantes, et tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes, si un lapin-garou géant ne venait soudain s’attaquer aux sacro-saints potagers de la ville. Pour faire face à ce péril inédit, l’organisatrice du concours, Lady Tottington, se tourne vers nos deux “spécialistes” et leur demande d’appréhender le monstre.
Encensée par la critique, la dernière production de Nick Park est pourtant loin d’être parfaite. Une technique irréprochable, un scénario qui tient la route, on a pourtant plus l’impression que ce Wallace et Gromit est une farce pour enfants.
Difficile de reprocher quoi que ce soit sur le plan technique, ce Wallace et Gromit nous propose des décors et une animation remarquables. Une histoire captivante, avec des clins d’œil aux classiques. Nick Park, qui a lui-même écrit le scénario, a cependant truffé l’histoire de gags tous moins drôles les uns que les autres. Quelques situations font sourire ou même rire les plus jeunes tout au plus. Du coup, on a du mal à accrocher, alors que Chicken Run était franchement tordant, Wallace et Gromit et le mystère du lapin garou ne lui arrive pas à la cheville. Heureusement, Julian Nott accentue le côté aventure du film avec des mélodies très appropriées. A noter que pour la première fois, on retrouve du numérique au milieu de la pâte à modeler, ceci afin d’agrémenter l’histoire.
L’univers crée par Park, que l’on aime ou pas, est tout simplement extraordinaire. La maison de Wallace et Gromit, c’est un régal. On appréciera le travail sur les personnages, surtout celui de Gromit, chien vraiment expressif alors qu’il est dépourvu de parole. Pour le reste, une vision en V.O. est sans doute préférable. Sentiment mitigé en sortant de la projection, ça ressemble à un bon film, mais on s’ennuie sévère. Sorti en même temps que les Noces Funèbres de Tim Burton, ce film souffre forcément de la comparaison. Difficile de le conseiller, si ce n’est aux enfants, qui y trouveront forcément leur compte, alors qu’il ne leur est pas spécialement destiné.