Le HibOO

The Descent

En plein milieu du massif des Appalaches, six jeunes femmes se donnent rendez-vous pour une expédition spéléologique. Soudain, un éboulement bloque le chemin du retour. Alors qu’elles tentent de trouver une autre issue, elles réalisent qu’elles ne sont pas seules. Quelque chose est là, sous terre, avec elles… Quelque chose de terriblement dangereux décidé à les traquer une à une…

Après un Dog Soldiers pas franchement convaincant, on avait presque oublié le nom de Neil Marshall. Jusqu’à maintenant. Oubliez La maison de cire, le genre, en l’occurrence le film d’horreur, retrouve ses lettres de noblesse et pour une fois, l’affiche ne ment pas sur la marchandise. Claustrophobes s’abstenir.

De mémoire de spectateur, on n’avait pas eu aussi peur au cinéma depuis Ring et avant ça, depuis Le projet Blair witch dont il reprend quelques éléments. On peut d’ailleurs s’amuser à retrouver les multiples références contenues dans le film mais ce serait réduire le film pour ce qu’il n’est pas. En effet, bien qu’il puise dans divers classiques du genre (Shining, Carrie…), on se retrouve au final avec une œuvre belle et bien singulière. Le film pourrait se diviser en deux parties. La première fait appel à une peur liée à l’activité des six jeunes femmes, à savoir la spéléologie. Claustrophobie, peur du noir et par conséquent de ne plus avoir de lumière ou tout simplement celle de rester enfermé et de mourir de faim. La seconde en conserve les principales angoisses en y ajoutant une autre plus effrayante encore dont nous tairons la forme. Cette peur du noir est magnifiquement mise en images grâce à un jeu de lumières qui entourent les personnages au milieu de l’obscurité la plus totale. Chaque recoin est propice à effrayer le spectateur. Chaque zone d’ombre que les héroïnes doivent mettre en lumière pour se frayer un passage à travers une galerie est un supplice autant pour elles que pour nous. Le spectateur ne voit rien de plus (ou seulement dans de rares cas) que les personnages et c’est cette impression de ne pas avoir une place privilégiée qui rend l’expérience d’autant plus éprouvante.

Rarement l’on aura autant gesticulé sur son siège. La faute a un premier degré constant loin de toutes les sempiternelles inepties des films pour adolescents. Ici les femmes n’ont pas peur de se casser un ongle et ne sont pas là pour amener la scène de sexe attendue. Vous n’en aurez pas ici. Les actrices, méconnues, remplissent parfaitement leurs rôles de femmes fortes (à la limite de Lara Croft par moment) et rendent cette histoire encore plus crédible. Si le film n’évite pas certains clichés, il les utilise de la meilleure façon possible sans jamais nuire à la trame. Le groupe est soudé et seule la peur, mais aussi l’évolution psychologique des personnages que l’on sent venir tout doucement, les obligera à se séparer dans une seconde partie furieuse et sanguinolente. D’aucuns riront pour se rassurer, d’autres se cacheront derrière son voisin (ses mains à défaut) mais tout le monde trouvera ce qu’il est venu chercher. Un seul bémol concerne les passages de rêve pas forcément indispensables bien qu’ouvrant la porte à de multiples interprétations. Après Shaun of the dead, et Creep (tous les deux beaucoup moins effrayants), le cinéma anglais d’horreur se porte décidemment très bien.

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