Le HibOO

Bazbaz à l’Exo7

Camille Bazbaz à l'Exo7

Le mois d’octobre est très riche en événements, mais très pauvre en public. En effet, comme Feist il y a 1 an jour pour jour, à peine 150 personnes se sont déplacées pour voir Camille Bazbaz, servi par une première partie délicieuse, le groupe local 20 centimes dans l’eau. Pitoyable.

Mais que faut-il pour faire déplacer le Rouennais ? Du Doom Metal japonais (Church of Misery au Bâteau Ivre) ? Non. De la World haut de gamme ? (Watcha Clan à l’Exo7) ? Non. De la pop/rock divine (Curtiss à l’Emporium) ? Non. En revanche, le Rouennais aime courir au Zénith voir des Lara Fabian ou Florent Pagny. A croire que seules les stars sont autorisées à avoir un public. Pourtant, Camille Bazbaz est signé chez Sony, ce qui sous-entend des moyens de communication et de diffusion sans limite.

20 centimes dans l'eau à l'Exo7

Le 11 octobre 2004, Feist foulait la scène de l’Exo7, et jouait également devant 150 personnes. Peut-être une malédiction liée à cette date, ou au contraire, une récurrence où l’on s’étonne à chaque fois le moment venu. Toutefois, il est à noter la joie et le bonheur jaillissant du public. D’une part, la première partie, le groupe local 20 centimes dans l’eau, met tout de suite dans le bain : musique simpliste mais entrainante, bouilles charismatiques, textes très subtils et drôles, autodérision (Gloria !!!), les personnes présentes ne cesseront d’apprécier les 35 minutes de mélodies distillées par le groupe. Des applaudissements de rappel, même si le groupe laissera la place à l’affiche de la soirée, Bazbaz.

Camille Bazbaz à l'Exo7

Lumières sublimes, son parfait, ambiance intimiste, Camille Bazbaz fait parti de ces artistes qui ont “une gueule” : le visage est magnifique, atypique, sa voix est d’une douceur apaisante, ses mélodies au clavier carressent avec légèreté ses textes qu’on prend plaisir à écouter, décortiquer. Son batteur et son guitariste ne sont pas en reste : bien qu’en retrait, ils apportent à l’univers Bazbaz un plus indéniable. Le public est ravi, conquis. Sur une ville (et Agglo) de 400 000 habitants, à peine 150 personnes ont pris la peine de se déplacer pour assister à un concert d’une rare qualité. Rouen est orgueilleuse de ses monuments médiévaux, mais devrait mettre en place une politique accrue qui consisterait à faire la promotion de l’art du présent et du futur, histoire de ne pas être qu’un musée se tournant avec fierté sur l’héritage de son passé.

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