Le HibOO

Klash au Boy

La soirée portait bien son nom finalement : annoncée comme un événement, Klash, malgré sa comm’ massive, son plateau DJ intéressant, pour un prix correct, n’aura pas trouvé son public. Certaines mauvaises langues diront que le Triplex proposait jusqu’à 00h Clamaran gratuit : mais non voyons …

Quelle belle soirée ! Tout débute à 22h avec les Songe Black : la discothèque est résolument vide. A cette heure-ci, les bars sont encore très fréquentés (l’Emporium, le Chaman, le Nash, le Guevara sont remplis à raz bord, sans compter tous les autres établissements qui ont connu ce week end un tsunami festif), et un before est organisé au très récent “Bulles plein les oreilles”.

Aux environs de 2h du matin, l’inquiétude gagne l’organisateur, David Asko, qui pendant 2 semaines, a réalisé un travail titanesque sur la communication. Il faut dire que pour 12 euros, on vous servait en plat : Da Fresh, Fafa Monteco, Anton’X, Tom Parris, ainsi que quelques DJs locaux (David Asko himself, Eddine, Flip - Unplug - et les Songe Black). 12 euros avant minuit, 15 euros après minuit, sans conso. Dans n’importe quelle ville de France normalement constituée, ces prix s’avèrent corrects (rappelons qu’en général, c’est le prix “normal” d’une entrée en discothèque autre que dans la citadelle aux 100 clochers), mais à Rouen on ne l’entend pas de cette oreille. Des murmures indiscrets annoncent que le Triplex est déjà blindé de monde : il faut dire qu’Antoine Clamaran, avec en gros sur les flyers “invitations valables avant 00h” ont dû aider le rouennais très proche de son porte-monnaie à faire un choix on ne peut plus draconien. Da Fresh à 2h donc propose des mixes hypnotico-mélodiques de toute beauté devant 70 âmes perdues, mais on ne peut plus ravies. Néanmoins, tout n’est pas à rejeter sur le Triplex, placé ici en bouc émissaire (qui après tout ne peut contenir que 1000 personnes, Rouen compte avec son agglomération 400 000 habitants, même si le nombre de “clubbers” se font aussi nombreux que des plantations de baobabs sur la lune …) : en effet, au même moment, on fait la queue à l’Exo7, l’entrée est payante, et l’ambiance est extra, très rock, très chaude. L’Euro Club itou, et sans doute quelques autres discothèques intra-muros. Aux alentours de 3h, la soirée rencontre enfin son public : même si ce dernier n’est pas aussi nombreux que l’escomptait son organisateur inéluctablement dépité, les gens présents étaient de fins connaisseurs, appréciant à cette heure-ci le set réellement magique de Fafa Monteco.

Nonobstant une déco simple mais sympa (rappelant les Five du Chakra), un apport sound system conséquent, une communication massive, ainsi qu’un plateau DJ d’excellent crû, le plat Klash n’a pas trouvé ses clients. Le grand gagnant de cette soirée cependant ne sera ni le Triplex (la gratuitié pour remplir ne permet pas forcément de remplir les caisses), ni le Boy et sa soirée Klash, mais le Chakra : Laurent Roussel avait le sourire aux lèvres : son after dès 6h du matin était exceptionnel, tout le monde payait à l’entrée (ce qui forcément interpelle : si le Rouennais n’a pas d’argent pour une soirée Klash, il ne doit pas en avoir pour un after au Chakra : le prix n’est donc peut-être pas le facteur déterminant), l’ambiance était chaude, les gens souriants, la musique très bonne (Anthony Debarge power !!!). Le fait que le Boy soit un lieu qui ait changé xxxxx fois de noms, de concept, tout en gardant le même esprit a pu également rebuter les “addicts” du milieu (Le Chakra, le Triplex, l’Exo7, l’Euro Club et toutes les discothèques en général ayant le même nom depuis leur création, avec un cap déterminé). Une soirée ne dépend donc pas forcément de sa qualité artistique, mais de l’état d’esprit de ceux qui font vivre ce milieu, du lieu où cette dernière se produit, de son prix d’appel, du nombre de soirées proposées de même jour (ça rappelle un peu les programmes TV, enfin ceux d’il y a 20 ans, car aujourd’hui on a le choix entre de la bouse et de la bouse … mais avant il y avait plusieurs bonnes émissions en même temps, il fallait choisir) … comme disait mon prof’ de psychologie cognitive “le tout est différent de la somme des parties”. Jamais cette phrase n’a été aussi vraie en ce samedi 8 octobre dans l’univers clubbing rouennais.

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