Night Watch

En 1342, en Russie, une trêve est conclue mettant fin au conflit permanent entre les Forces du Bien et les Forces du Mal. De nos jours, à Moscou, le Bien et le Mal disposent, pour maintenir cette paix, d’individus aux capacités surnaturelles, “les Autres” qui assurent la sécurité de leurs congénères et condamnent tout abus de la part du camp opposé. Mais une ancienne prophétie menace ce traité précaire : la crainte qu’un “Autre” bascule dans le camp opposé et fasse ainsi replonger le monde dans le chaos des hostilités…
Blasphème, calomnie ! Avec un teaser qui scotchait tout le monde, de par sa superbe musique electro, de par un scénario qui s’annonçait prometteur, et surtout, la possibilité de voir un blockbuster russe de haute qualité, on tombe bien vite de son piedestal après avoir visionné ce premier volet d’une trilogie annoncée. Dommage.
Le film démarre très fort, avec des effets dignes de Matrix (ce ne sera pas la seule comparaison, d’ailleurs). Un combat entre les forces du bien et du mal, avec des couleurs “crades”, des cadrages “crades” … le réalisateur donne le ton : sa vision du monde est réellement “dark”, et ce parti pris peut déjà effrayer les amateurs de belles images hollywoodiennes. Hormis cet esthétisme tranché (très réussi), et deux acteurs incroyablement charismatiques et impliqués dans leur rôle respectif (Konstantin Khabensky et Vladimir Menshov) commencent l’accumulation des points faibles.
D’une part, la réalisation. Bien que techniquement irréprochables, beaucoup de scènes inutiles (cf le boulon ou le démarreur du camion), des effets clipesques vomitifs, entrecoupés de scènes lentes mortes. On reprochera également une BO très “slash movie” : du pseudo néo-métal de très mauvais goût (il existe des tonnes de groupes sur Terre d’un niveau exceptionnel, pourquoi diantre choisir Pleymo ?), alors que le Teaser plongeait le spectateur dans un univers magnifique avec des mélodies electro enchanteresses. Pour finir, le scénario. Bourré de bonnes idées (bien que l’on retrouve l’histoire Matrixienne avec l’élu et les forces du bien / mal), chaque direction s’enlise pour finir sur … rien.
Il est très difficile de juger l’oeuvre seulement à partir d’un premier volet, car contrairement à Matrix, la fin est très ouverte, et on attend néanmoins avec impatience la suite. Mais Night Watch avait suscité beaucoup d’impatience, et surtout de l’espoir : le cinéma russe allait pouvoir montrer au cinéma américain un très grand film. Véritable succès (pour ne pas dire phénomène) en terre russe, Night Watch ne devrait pas trouver son public, hormis auprès des amateurs d’ambiances et d’images esthético-glauques. Dommage :(