Soirée Sybille au Set de la Butte

Une nouvelle « soirée Sibylle » me dit-on; ne connaissant ni le principe de la soirée ni le lieu, je m’y rends. Cerise sur le gâteau, Anaïs Kaël fait partie du plateau. Au calme de Barbès, dans une rue adjacente se situe le Set de La Butte. Un lieu désuet mais cependant fort intimiste et simple. Quatre artistes ce soir vont se partager la scène, let’s go.

D’humeur positive malgré le boulot, je redescends vite sur terre lorsque je me mets à compter les gens dans la salle ; tout juste 30 personnes (y compris les organisateurs) !! Malgré de vieux fauteuils de ciné plutôt moelleux, et le prix des conso, personne ne semble être au courant de ce qui se joue ici.

Sarah Zeppilli (wei)

Sarah Zeppilli ouvre le bal devant un public restreint certes mais attentif. Accompagnée à la guitare, elle nous livre pas moins de dix titres, faiseurs d’imagination. Je suis agréablement surprise ; son physique « candidate à la nouvelle star » et ses chaussettes roses fluo (grosse faute de goût) s’effacent lorsqu’elle ouvre sa bouche. Fermant les yeux le temps d’un clignement d’oeil, je crois entendre Camille ; pas celle de maintenant à l’originalité débordante, non plutôt celle de Pâle septembre. Ajoutez des textes efficaces dans des mélodies folk, quelques notes de glockenspiel et régalez-vous.

Anaïs Kaël (web)

Seconde fois je vois Anaïs Kaël en live, j’ai l’impression de tout connaitre par coeur; pourtant son talent fait mouche à chaque note. La négligence de son look entraîne la sympathie du public, qui reste en réserve quant aux textes (très peu de choeurs sur Mais mon vagin ça tu l’aimes bien). Elle impose le respect lorsqu’elle explique ses chansons, et tout naturellement créee une musique de fond. Un set court dans le nombre de morceaux, cependant deux ne figurant pas sur l’album ont été joués, ça rattrape le coup.

Olivier Piquepé (web)

On le dit drôle et décalé, je l’ai trouvé prétentieux et macho. Son physique à la Beigbeder n’arrange rien non plus. Ca aurait pu franchement être bien, pianiste et guitariste – quoique novice – l’idée est là. Olivier Piquepé essaie d’être attendrissant en parlant de sujets axés sur le cul, les femmes et le foot; mais aucune étincelle. Le titre en verlan pouvait donner quelque chose s’il n’avait pas parodié autant Grand Corps Malade. On se demande de sûrcroit pourquoi une « choriste » est sur scène, soit il manque des musiciens, soit il devrait être seul sur scène. Après deux prestations féminines, on se rend vite compte que l’homme n’est pas à la hauteur; talent peut-être, mais pas dans la chanson.

Achimo (web)

Dernier artiste à se produire ce soir, Achimo. Tout droit venu des îles Comores et seul à la guitare, il enchante dans sa langue. Musique du monde et folk font bon ménage parfois, surtout quand l’artiste s’amuse à faire des boucles avec son instrument. Puis quand il joue dans son plus simple appareil tout est répétitif, les paroles – même si je ne les comprends pas – sont identiques, avec des variations de voix. Pourtant il veut bien faire, et plaire comme tout le monde ; chose acquise à la fin où il fera chanter et danser le public.

Soirée mitigée, mais il vaut mieux voir le moitié vide à moitié plein. Belle initiative de la belle Sibylle, qui gagnerait à faire plus parler d’elle pour le travail accompli auprès des artistes.

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publié par zecharlie le 26 avr 2008 à 13:47

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