Oldelaf et Monsieur D au Zèbre de Belleville

Dans la galaxie “chanson française”, Oldelaf et Monsieur D se réclament plus des VRP que de Vincent Delerm. Fatals Picards plutôt que Bénabar. Le duo, accompagné de son fidèle stagiaire Firmin, pratique avec talent le mauvais esprit et l’ironie, à travers de cruelles mais délicieuses comptines. Et le concert devient peu à peu le théâtre de personnages tous plus déjantés les uns les autres.
- Date : 29.04.08
- Photographe : Frédéric P
- Adresse : 63 Boulevard de Belleville 75011 PARIS
- Téléphone : 01.43.55.55.55
- Web : www.lezebre.com
Oldelaf et Monsieur D @ Le Zèbre, Paris | 29.04.2008
Photos par fredericpoussin • 30-04-08 • Voir les 35 photos » Galerie |
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| FlickRLe Zèbre, Oldelaf et Monsieur D connaissent bien : c’est le sixième concert qu’ils y donnent cette année. Et on les sent à l’aise, mais pas répétitifs, dans un spectacle en tournée depuis quatre mois. Le public n’est pas en reste, qui semble connaître par cœur chaque geste, chaque parole. Ici, on est entre connaisseurs. Les chansons d’Oldelaf et Monsieur D sont des saynètes drôles et cruelles, sérieusement moqueuses mais pas méchantes, et surtout jamais moralisatrices (ce qui est bien agréable en ces temps de politiquement correct). Dès la première chanson, le ton est donné : “Petit Pierrot”, l’histoire d’une tête à claques… au sens propre : à peine a-t-il ouvert labouche que le pauvre Pierrot s’en prend une. Et ça continue. Les couples ? Ils ne font l’amour que le samedi soir. Les Rastas ? Tout juste bon à porter des bonnets et des pendentifs aux couleurs de la Jamaïque. Carla Bruni (décidément un thème en vogue) ? Une traitre.
Oldelaf et Monsieur D, ce sont aussi quelques tubes qui commencent à faire parler d’eux. C’est le cas de “Nathalie”, chanson d’amour adolescent sur fond de pèlerinage de Chartre (et de JMJ, pour les connaisseurs), du “Café” (ne manquez pas le clip, tout simplement génial !), ou de “Raoul le Pitbull”, qui bouffe tout, même la grand-mère. Les deux compères, assistés du fidèle stagiaire Firmin au pantalon trop court, assurent le spectacle. Dégaine de premier de la classe (pull marin et coupe de cheveux ringarde) sur “Nathalie”, habits de lapin et de nounours sur “Gros Ours”, costume tout droit sorti des années 70 en RDA sur “La Fête” (une fête qui a lieu… en prison). Cruels dans leurs chansons, ils n’hésitent pas non plus à prendre à parti le public. Ce fut mon cas dès la fin de la première chanson, Oldelaf prenant un air blasé et m’ordonnant d’arrêter mes photos ! Le hasard aidant, il faisait ensuite passer ma copine pour la sienne dans “Ce Soir” et faisait mine, à la fin, de vouloir l’agresser ! (Je crois qu’elle ne s’en est toujours pas remise).
Jamais à court d’un bon mot, débordants d’énergie, Oldelaf et Monsieur D nous emmènent dans leur monde. Et c’est avec plaisir que nous les suivons. De retour sur terre, on se sent un peu plus heureux. Et c’est déjà bien. Merci. http://oldelafetmonsieurd.free.fr