Le HibOO

Blood Red Shoes (+ 1984) à la Maroquinerie

La Maroquinerie, Paris - Photos, Concerts : Blood Red Shoes | 1984 - 07 mai 2008

J’ai bien cru que je ne rentrerais pas au concert des Blood Red Shoes à la Maroquinerie et autant dire que je commence à être bien dégoûté. Heureusement, après d’âpres négociations avec la charmante ouvreuse, je décroche mon sésame et je m’engouffre dans la salle de la Maro. Vue la chaleur durant la journée, et en voyant la place se remplir assez rapidement, il n’est pas difficile de deviner que la salle obscure va davantage ressembler à un sauna. Surtout que la foule donne bien l’impression d’avoir envie de se donner.

1984 (web)

1984 @ La Maroquinerie, Paris | 08.05.2008
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Photos par .: Atryu :. • 08-05-08 • Voir les 17 photos » Popup | FlickR

En première partie, 1984 une formation strasbourgeoise de rock indé, puissant et scénique. Ils suivent les Blood Red Shoes depuis leur tournée en Angleterre, et je dois dire que les vedettes de la soirée ont du goût. Un album déjà dans les bacs, Open Jail, et c’est avec verve que qu’ils défendent sur scène leur opus : le trio guitare / basse / batterie a de quoi nous faire bouger, et nous subjuguer (”tracer les contours d’un nouveau rock hypnotique”, dixit le groupe). Loin d’être entré dans un état transcendal, j’ai plutôt été séduit par les rythmes qui se dégagent des compos carrées et efficaces de cette formation : allez les découvrir sur leur page myspace, ça vaut le détour. (Petit détail, le chanteur / guitariste avait prévu deux sets de cordes en secours à ses pieds, finalement, le seul déjà monté lui aura suffit, et pourtant son instrument a bien souffert ! Apparemment Paris s’est bien défendu dans le concours qu’ils organisent le long de leur tournée pour savoir quel public crie le plus longtemps. Glasgow avait la palme jusqu’à présent, Paris reprends la flamme - non non pas olympique !)

Blood Red Shoes (web)

Blood Red Shoes @ La Maroquinerie, Paris | 08.05.2008
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Au tour des BRS de monter sur scène, préalablement vidée par le staff : ainsi l’on passe d’une formation rock pêchu, qui a besoin de kilomètres de câbles et qui vous remplit vite une scène, par un micro, une guitare et une batterie, on peut difficilement faire plus lapidaire ; et pourtant leur rock de prime abord aussi dépouillé est loin d’être simple. Steven Ansell est ce que l’on peut appeler un fou ; il ne tape pas sur sa batterie, il la torture, la martyrise. Véritable métronome et showman accompli (le monsieur est très visuel et expressif), il permet, grâce à son jeu unique d’éviter à recourir à un bassiste, tant le son qui émanent de ses fûts est puissant et assourdissant. Quant à l’angélique et séduisante Laura-Mary Carter, ses airs innocents ne sont que la façade d’une furie intérieure où larynx écorché et guitare tabassée se plongent de manière symbiotique dans une violence extatique rare. Bref voici deux angelots qui cachent bien leurs démons intérieurs, qui s’échappent pour le plaisir de tous à chaque chanson. Le duo de Brighton vient de sortir son premier album (Box of Secrets), et ce dernier est chargé de messages : ces deux jeunes “punk à l’âme” ne veulent pas devenir riches et célèbres. Non ce qu’il veulent c’est marquer leur temps, tout comme un autre duo outre-atlantique à son époque. Cette conviction affirmée et passionnée s’entend dans leur rock. On m’avait dit que je ne serai pas déçu, et bien c’est clair que ces deux jeunes groupes ont fait passer une soirée exceptionnelle à la Maroquinerie.

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