Norah Krief au Théâtre des 2 Rives
Une poignée d’individus (les abonnés et futurs abonnés) purent voir, dans un cadre très privilégié, un concert offert par le Théâtre des 2 Rives. Norah Krief c’est une lutine d’un autre temps, d’un autre univers, servi par des textes pudiquement sexuels signés François Morel, le tout accompagné par des musiciens très talentueux. Un pur délice !
Il est 20h et la jolie salle de représentation est remplie. Une jeune lycéenne assise à mes côtés expliquent que ses copines et elles sont « un peu venues de force » car elles sont au lycée, en 1ère option théâtre. Cette même demoiselle dira à la fin du spectacle « c’était génial » … mais procédons par chronologie. Alain Bézu, vu le matin pour la conférence de presse, présente avec Catherine Dewitt et Marianne Clevy la saison 2005/2006. Après cette présentation relativement longue, place au spectacle avec Norah Krief et ses musiciens. Au départ, on a l’impression qu’on va assister à un truc contemporain qui n’est compris que par l’artiste lui-même et une élite qui n’en comprend pas davantage que vous … elle arrive sur scène. A la fois frêle, petite, la bouille particulière, et nous engouffre dans son univers intimiste. Au fur et à mesure de ses chansons, les connotations sexuelles sont nombreuses, et pourtant, rien de trash : l’écriture poétique et raffinée de François Morel joue davantage avec les sensations. Une sorte d’exhibition pudique, où les sourires de la chanteuse se marient avec plaisir avec les notes très « elfmaniennes » des compositions riches en accords.
L’autre surprise, c’est de revoir Daniel Largent, bassiste extraordinaire déjà aperçu à un concert de Freddie Meyer pour les 3 ans du Bayou. Outre le fait qu’il maîtrise visiblement tous les instruments qu’il touche, on sera subjugué, émerveillé, pétrifié par ses vocalises orientalisées : son timbre à la fois chaleureux, suave, puissant et précis est un délice auditif.
Mais on nous avait prévenu : Norah Krief et ses acolytes, c’est de la chanson, mais aussi du spectacle. Et le passage dédicacé avec une reprise de Ray Charles a beaucoup fait rire la salle. 2 rappels, des chansons de plus en plus fantastiques, une salle comble, des lights parfaitement maitrisés, une acoustique irréprochable, aucun défaut notoire à cette soirée de présentation (sauf peut-être une chaleur assez elevée).
Si un jour vous entendez parler de Norah Krief, foncez la voir, foncez l’écouter, foncez la déguster.


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