Le HibOO

[Einstuerzende Neubauten] let’s do it a dada au Bataclan

Bataclan, Paris - Concerts : Einstuerzende Neubauten - 12 mai 2008

Le Bataclan est très largement rempli ce soir, mais pas totalement bondé, ce qui permet aux spectateurs de respirer un peu malgré la chaleur moite et étouffante qui règne tout au long de la soirée… vivement la pluie !

Otto Von Schirach (web)

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Titre : Dance Like A Ho ! | Auteur : Otto Von Schirach (DJ Set) @ Sadisco

Après une ouverture des portes à 19h pétantes, c’est à 19h30 pétantes que la première partie arrive sur scène, et on est très vite dans le vif du sujet : les Otto Von Schirach sont trois, apparemment américains (en dépit d’un français très honnête !), un batteur qu’on entend peu et deux chanteurs bidouilleurs hurleurs qu’on entend beaucoup, et si on peut considérer qu’ils sont plutôt électro, c’est du côté obscur de la force qu’il faudrait les cataloguer, car on est dans un bruitisme assez évident, qui ne semble pas plaire à tout le monde, tant cela est agressif et gratuit… Il est difficile de trouver un groupe comparable, il y a de l’expérimentation qui pourrait être intéressante si elle n’était noyée dans le grand n’importe quoi que constitue le reste, les tenues des musiciens (masqués, et en tenues de super-héros cheap pour deux d’entre eux) ayant plutôt tendance à faire rire, contrairement à la partie sonore ! Bref, on se demande quel peut bien être le lien avec la tête d’affiche, mais il y a des programmations qui surprennent… et on apprécie que le set ne dure que 23 minutes !

Einstuerzende Neubauten (web)

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Titre : Beauty + Befindlichkeit des Landes (Live 2000) | Auteur : Einsturzende Neubauten (réa : ???)

Après un épisode à la Cigale il y a 3 ans (il y a visiblement alternance entre les deux salles), les Einstuerzende Neubauten reviennent avec un nouvel album, et sont décidés à ne jouer que des morceaux récents, c’est-à-dire issus de leurs 4 derniers albums (depuis 2000, en fait !), ce qui laissera de côté quelques uns de leurs titres de gloire historiques, mais ne gâchera en rien l’impression générale ! Si les albums sont très nettement sages, surtout en comparaison des périodes plus anciennes, le passage sur scène permet d’avoir une vision différente des titres joués, tant un concert des EN se déguste autant par les yeux que par les oreilles : si on excepte la basse et la guitare, le synthé et dans une moyenne mesure la batterie, le reste des instruments joués sur scène - et il y en a des quantités astronomiques ! - rappelle que le groupe est l’un des pionniers de la musique industrielle… De la perceuse, avec ou sans vinyle, aux percussions jouées sur des ressorts, des fûts ou des tubes, en passant par le vibromasseur pour les guitare et basse, on reste bien dans le matériau/matériel de construction (quoique le vibro…), et cela donne une toute autre écoute des morceaux ! En citant weil weil weil ou nagorny karabach pour le dernier opus, et alles ou die befindlichkeit des landes pour des plus anciens titres, on est loin de pouvoir résumer ce que représente ce genre de show… La première partie du set dure 1h25, avec une petite interruption histoire de changer les CD (la première partie est enregistrée, et vendue sous forme de double CD dès la fin du concert !), et le premier rappel dure 25 minutes, et on a droit à un dernier rappel, histoire de clore le concert en 2h15, après une partie d’improvisation désormais habituelle mais toujours intéressante, basée sur le système suivant : chacun des 6 musiciens tire 3 ou 4 cartes comportant un mot (ou non, d’ailleurs !) et doit ensuite utiliser les mots dans la façon d’interpréter l’impro musicale, sans que les autres (ni le public) ne sachent ce que chacun doit faire… Et le pire est que cela donne quelque chose d’assez cohérent musicalement parlant, avec par exemple Ash Wednesday qui découpe du papier avec des ciseaux (mot obligatoire), Blixa qui tape sur des tuyaux d’aluminium (l’un des ses mots), Jochen qui tourne le dos avec ses jambes pour jouer, Rudi qui utilise son joker pour jouer de la basse, Alex qui verse de l’eau dans un tube et utilise ensuite des cailloux, et N.U. qui va embêter ses petits camarades… Compliqué ? un peu, mais visuellement jouissif, je vous le promets ! Au final, cela nous donne encore un très grand concert des Allemands, qui ne nous auront pas encore déçu jusqu’à présent, et on attend déjà bien évidemment la prochaine visite avec impatience, car si narrer le concert est ardu, le vivre est exceptionnel !

3 commentaires

  1. Ce sont les meilleurs, tout simplement. Merci pour ce compte rendu qui m’a fait revivre ces moments inoubliables.

  2. J’avoue avoir été frustrée par l’absence de ‘Haus der Lüge’, je croyais pourtant qu’ils la jouaient systématiquement depuis sa mise à l’index par le Vatican. C’est peut-être mon morceau préféré de leur répertoire, et une tuerie absolue sur scène. Et je m’aperçois que le dernier album me parle beaucoup moins que les deux précédents, du coup la setlist m’a moins emballée. Cela dit, pas mal de grands moments, notamment une version terrible de ‘Die Befindlichkeit des Landes’. Et le jeu d’impro est toujours aussi distrayant.

  3. kbinet2qriosit 15 mai 2008 à 20:16

    extraordinaire !!!
    pour ceux qui ont jamais vu les neubauten courrez y la prochaine fois c’est inoubliable!
    Et quels references michel foucaud et hugo ball !!! le dadaiste de cabaret voltaire collectif suisse dada durant lequel hugo enfila un costume futuriste de cylindre en exposant un poeme dada et c est ce que l on a eu durant le let s do it a DADA !!!!
    ils sont decidement geniaux ces neu !!!

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