Ma vie en l’air

Instructeur dans une compagnie aérienne, Yann Kerbec évalue la capacité des pilotes sur les simulateurs de vols dans des conditions extrêmes. Mais il a un problème : il a peur de l’avion, une peur panique liée à sa naissance et qui, dans sa jeunesse, l’a empêché de suivre la femme de sa vie au bout du monde.
Pour son premier long métrage, Rémi Bezançon donne une belle leçon de talent aux dinosaures cinéastes qui croient encore faire rire (Weber, Zidi and co). Dialogues succulents, mise en scène originale, le point fort réside dans un scénario on ne peut plus cliché mais enrobé de répliques piquantes et d’acteurs talentueux. A voir !
Le générique commence par une voix off, celle de Vincent Elbaz, qui donne tout de suite le ton : les textes vont être très travaillés. Sensation qui se confirmera durant 1h43 : entre répliques philosophiques, vannes succulentes (cf. 95% d’eau), et échanges romanesques, le scénario est très bien écrit, et ça change. En paradoxe avec ce fourmillement réthorique, Rémi Bezançon filme un univers très cliché, mais servi par d’excellents acteurs : le duo Marion Cotillard / Vincent Elbaz fonctionne à merveille, et la pièce rapportée Gilles Lellouche ne pourra que faire fonctionner vos zygomatiques avec des situations … délirantes.
Néanmoins, le film bien qu’homogène, avec une BO excellente (Sinclair power !), une mise en scène travaillée, un casting au diapason, souffre d’un problème de rythme. Comme beaucoup de films français explorant les sentiments amoureux, filmer une histoire d’amour n’est pas aussi simple, surtout dans un contexte très comique. Mais rassurez-vous : le film dans son ensemble est très bon, et vous ne pourrez passer qu’un excellent moment.
Rentrée du cinéma oblige, profitez pour voir ce film à deux, vous ne le regretterez pas.