JCVD

Entre ses problèmes fiscaux, la bataille juridique qui l’oppose à sa femme pour l’obtention de la garde de son fils, les périodes de vache maigre du cinéma d’action qui voient même Steven Seagal lui souffler un rôle, Jean-Claude Van Damme est venu chercher dans son pays d’enfance le calme et le repos qu’il ne trouve plus aux Etats-Unis … (Fiche Allociné)
Toute une génération a été traumatisée par les “fighters” des années 80 / 90 : Bruce Lee, Steven Seagal, mais surtout Jean-Claude Van Damme et le cultissime Bloodsport. Depuis, la carrière de l’acteur n’a été qu’une suite de très mauvais films, entre série B et série Z ; au point qu’hormis ce nouveau métrage, toutes les productions auxquelles il a participé sont directement sorties en vidéo club. Il est donc préférable, pour apprécier à sa juste valeur ce film, avoir “une culture JCVD”.
Mabrouk el Mechri est indéniablement un fan absolu de l’acteur, et sa manière de le filmer se ressent. Mais comme toute personne passionnée par son sujet, ce dernier a une tendance à en faire trop, et JCVD apparaît souvent comme bancal, à cause d’une succession de très bonnes idées mal imbriquées. Ce problème de rythme ne viendra cependant pas ternir la petite heure et demi, parce que le réalisateur a su filmer un personnage meurtri considéré jusqu’alors comme un demeuré international.

On pourra noter des passages assez exceptionnels techniquement, comme ce plan séquence d’introduction qui n’est pas sans rappeler certaines productions asiatiques (le film regorge pas mal de ces plans techniques), mais surtout cet incroyable monologue “hors film” où Jean-Claude Van Damme se livre à nu et offre une performance bluffante ; un combat face à la caméra entre Jean-Claude et JCVD relativement violent et intense, quasi schizophrénique.
Le parti pris des couleurs désaturées et du contraste exagéré apporte une touche graphique indéniable ; on est loin du niveau de Sin City malheureusement, car une fois de plus, le réalisateur en fait de trop, et le filtre ajouté en incrustation contenant une trop forte dose de flou gaussien gâche parfois la lecture de certaines scènes.

Mais ce qui fait JCVD un bon film est cette auto-dérision quasi méa culpa de l’acteur, qui se rend compte du décalage entre le personnage qu’il véhicule parmi le public et on il est victime (on frôle la dimension mythologique) et ce qu’il est et qu’il ne peut montrer - du moins, selon cette fiction, bien sûr. On notera également la prestation folle de Zinedine Soualem, en contre-emploi total avec ses rôles précédents, ainsi que le déjanté François Damiens, qui s’était déjà fait remarquer avec le génialissime Dikkenek. Un film aussi touchant que maladroit, aussi juste qu’éxagéré, réalisé sans concessions : Mabrouk el Mechri offre tout simplement à Jean-Claude Van Damme le meilleur rôle de sa vie.
AAaah ! Tu m’as dépassé d’un poil. Tu y étais quand ? J’y étais hier à la séance de 20h10. Personnellement, j’allais en plus pousser quelques coup de gueule concernant les cadreurs qui ne savent pas faire une mise au point. Il y a des mise au point sur les épaules partout. Je rappelle à nos amis cadreurs que la mesure de distance ne doit pas se faire au niveau de la marque, mais au niveau des yeux de l’acteur quand il est sur la marque grrr…. (et puis je rapelle aussi au acteur que quand la mesure a été faite appuyé sur le dossier d’une chaise, on ne se met pas en avant… ou alors, on le dit aux cadreurs ;) ).
De toute manière, il faut aller voir ce film ne serait-ce que pour voir ce morceau de bravoure, l’extraordinaire prestation d’acteur qui m’a scotché à mon siège quand Jean-Claude parle tout seul face caméra. Cette scène est proprement génial, j’en ai encore l’oeil qui mouille… JC ! Tu déchires (en vrai…).
Bah en fait j’ai assisté aux 2 seances !! :) n’ayant pas l’heure … je suis entré à la “fin” de la premiere seance (j’ai vu 10 dernieres minutes, j’etais fou), mais j’avais pris mon ticket pour 22h15. Bref, du grand Rod ! :)
Mais je suis OK avec toi : le film est techniquement perfectible. Mais je suis OK avec toi aussi : ce passage à la caméra … c’est un truc hallucinant.
@ Chris CB
Ce n’est pas le cadreur qui fait la mise au point sur les films mais le 1er assistant opérateur (ou pointeur). Et oui, comme il n’y a pas d’autofocus sur les caméras films, tout se fait au décamètre, au laser, voire à l’oeil. C’est un sacré boulot ! Surtout quand la caméra est à l’épaule ou au steadicam, ce qui est le cas dans ce film.
Et même si l’acteur avance sur sa chaise comme tu le dis, c’est au pointeur de s’adapter à la scène et non l’inverse en général.
Je n’ai pas remarqué de défaut particulier concernant le point, peut-être que le projectionniste y serait pour quelque chose ? A voir..
Bon sinon, j’ai bcp aimé la mise en scène et les partis pris esthétiques.
Le monologue de JCVD est complètement hallucinant ! J’ai rarement vu quelqu’un d’aussi touchant devant une caméra..
Le côté “huis clos” m’a un peu gêné par-contre, j’ai senti quelques lenteurs dans le rythme mais rien de bien grave.
A voir donc, ca fait plaisir de voir un film français dynamique, osé. Ca change considérablement avec ce qu’on voit habituellement..
Roger> Ouais, je sais, j’ai fait un raccourci (j’ai été chef op). Je dis pas d’ailleurs que c’est un boulot simple, je dis juste que le boulot sur JCVD a été mal fait. Et euh… quand même, c’est criant les erreurs de mises aux points, il faut que tu le revois, tu as été pris par l’histoire et tu n’as pas vu les erreurs techniques (ce que je n’arrive plus a faire, je le regrette amèrement d’ailleurs). Et sinon, dire à un photographe qu’il ne fait pas la différence entre un défaut de réglage du projecteur et un défaut de mise au point à la prise de vue, c’est peut-etre un peu chercher à le vexer ;) .
Concernant les marques des acteurs, je suis désolé de te contredire mais ca fait parti du boulot d’acteur de respecter les marques. Sur un court métrage, je dis pas, tout le monde est payé au lance pierre. Mais sur un long, point d’excuses valables : quand on rate un prise, on refait. Surtout qu’en général, c’est pas sur des plans compliqués pour les acteurs (court, en champs contre champs). Les plans compliqué (plans séquence ou intense émotionnellement) sont quand à eux nickel, comme quoi, ils savent faire. C’est juste sur les plans qui semblent sans importance que ca merde…
Faut que j’aille le revoir de toute façon, je me suis assoupi pendant qques minutes.. :o)
“Ca fait parti du boulot d’acteur de respecter les marques.”
Les marques sont de simples repères, les acteurs y font attention mais ne vont pas figer leur gestes et leurs déplacement à cause d’elles.. Un comédien joue en interaction avec un décor, un autre comédien, c’est pas un robot ! Donc s’il s’avance de 10 cm pour x raisons et bien, c’est là que le pointeur intervient.. J’en connais pas un qui va dire: “on la refait svp, l’acteur n’était pas à sa place, j’ai donc pas fait le point à la bonne distance”, encore plus quand l’acteur est une vedette.
Je parle en connaissance de cause car je suis machiniste (sur le point d’arrêter..) et c’est nous, machinos, qui mettons les marques au sol donc j’y fais bien gaffe, crois-moi.
Mais bon, ça n’intéresse personne tout ce qu’on raconte là ! On est un peu en train d’enc**** les mouches ! :D