Freddy - Mes couleurs

Spoka m’a envoyé deux galettes, avec un gentil mot écrit à la main “je t’envoie le dernier Arthur H ainsi qu’un jeune artiste du nom de Freddy“. Autant je sais par avance qu’il va m’être impossible d’être déçu par le premier nom, autant j’ai eu une envie énorme de vouloir découvrir un nouveau son. Extraction mp3 de “Mes Couleurs”, et l’on écoute …
Difficile de donner un avis pertinent quand on n’est pas fan de soul / hip-hop à la française ; entendez par là que mon oreille peu éduquée au genre n’a que peu ou prou de références dans le genre. Néanmoins, mes souvenirs fumeux ont été ravivés suite à l’écoute de “Mes Couleurs” par la voix très spéciale de Freddy, qui m’a incroyablement fait penser à du … “Poetic Lovers” (cf. la théorie d'Endel Tulving sur la mémoire sémantique) ; oui oui, ces mecs au look classieusement ridicule qui connurent leur âge d’or avec des histoires d’amour mielleuses durant la formidable et incompréhensible période des “Boys Bands” à la française.
Mais Freddy n’est pas à être considéré comme un ersatz, une copie d’une époque où la qualité musicale ne venait qu’en dixième plan. Car il faut bien l’avouer, le travail de composition de cet album est assez léché, bien que - très - répétitif. Qu’il s’agisse des harmonies subtiles, des arrangements discrets mais sources de magnifiques nuances, les fans du genre devraient être ravis. Et c’est un peu comme cela qu’il faut envisager l’écoute de cet album : une succession de petites touches ci et là, où la moindre note ne semble aucunement laissée au hasard … mais voilà. Cette qualité musicale indéniable et bien présente est en contraste total avec des textes bien “gentils”, pour ne pas dire naïfs … ne cherchez point de métaphores, de rimes riches, ou bien des sens multiples et/ou cachés : ainsi, si l’on prend au hasard quelques extraits, on tombe sur “lovée contre mon épaule, ton souffle sur mon cou, j’frôle, l’extase est-ce un rêve, tu y déposes tes lèvres”. Digne de titres “love” que l’on passe dans les discothèques rurales lors du fatidique passage des slows où l’on veut emballer (si si ça existe encore).
“Mes couleurs” s’adresse donc à un public bien particulier (à ceux qui aiment les textes “simples” et “qui font rêver”, un peu à la Fabien Cahen) ; car si les arrangements de Guillaume Poncelet sont une incroyable valeur ajoutée à la production, Freddy, outre un timbre particulier, n’offre pas des textes de grand intérêt (pourquoi ne pas avoir chanté en anglais ? la langue qui sonne superbement bien même quand on n’a rien à dire). Enfin, on se demande encore, après une écoute aussi attentive et laborieuse des 12 titres, la raison d’avoir sous-titré Mes Couleurs avec “Soul Hip-Hop Jazz, vol.1″, tant les genres évoqués semblent avoir été dissous dans tant de consensualité. www.myspace.com/freddysphere
Tracklist
- Tout c’qu’elle est
- Elles veulent tout
- Rappelle-moi
- J’t'aime
- Pause
- Sur le coton
- Y’a du plaisir
- Je t’imagine
- Faut qu’ça m’vienne
- Nina
- Sucre ébène
- Mes couleurs
Après écoute des quelques titres sur le myspace de cet artiste, je m’inscris totalement dans la conclusion de cette chronique, et pourtant moi la soul je l’aime, même quand elle flirte un peu avec la soupe R&B française. Là je trouve ça juste… ennuyeux (les paroles…) et ne suis pas non plus hyper emballée par le grain de voix du jeune homme. Bon sang mais il est où le vrai chanteur français de soul qu’on attend ?!!! Peut-être un p’tit gars découvert par un télécrochet dont la finale approche…
Quoi ??? mais qu’est-ce que je lis, là ???
“ne cherchez point de métaphores, de rimes riches, ou bien des sens multiples et/ou cachés”
“des textes bien “gentils”, pour ne pas dire naïfs …”
Mais vos oreilles sont bouchées ??!!! S’il y a bien un point sur lequel Freddy est bon, c’est l’écriture !
Ses textes seraient dignes d’être étudiés en cours de français tellement les figures de style débordent!!!!
Qu’est-ce vous vous faites de :
“mon être et ma nature se fissurent, j’ craque aux coutures, même si je me point de suture …. ma coupe est pleine de ces visions pathogènes, d’émotions lacrymogènes ”
Sans parler du décalage entre la mélodie et les paroles “on vit pas sur le même tempo” du morceau J’t'aime !
Fallait le trouver ça quand même !!
Freddy ? J’ai adhéré tout de suite!!
Pourquoi s’embarrasser de broderies inutiles et molles, quand on peut écrire des textes réalistes, subtils et purs bien plus percutants ? Et avec de l’humour, s’il vous plait !
Aussi attentive et laborieuse qu’a été votre écoute, on ne peut que vous pardonner votre oreille mal éduquée !
Merci pour cette participation pour le moins passionnée :)