Dick Rivers - L’homme sans âge

Mardi 10 juin, 12h et quelques. Je reçois dans ma boite aux lettres le magazine Volume des Inrocks (que j’ai arrêté de feuilleter dès lors que je me suis aperçu qu’aucun crédit photo - ou presque - n’était attribué) et le nouveau Dick Rivers. J'en faisais écho il y a quelques jours, en parlant de “rencontre improbable” avec Joseph d’Anvers. L’idée de ce duo prêtait forcément à sourire … mais …
Que dire ? A l’écoute intégrale, 2 flashs me viennent à l’esprit :
- L’envie de baffer Dick Rivers de ne pas avoir travaillé plus tôt Joseph d’Anvers parce qu’à ce niveau, cette rencontre relève plus de l’alchimie que de la collaboration.
- L’envie de baffer Joseph d’Anvers de ne pas avoir sorti ces textes et ces mélodies plus tôt !
Nous avons donc à faire ici à une surprise mais qui dépasse littéralement l’entendement. Dick interprète avec une intensité et sincérité rares chaque parole écrite sur mesure par le petit Joseph. Les titres sublimes (non mais arrêtez de rigoler, je suis sérieux bordel ! :)) sont en fait tellement légion que je me dois malgré tout extraire celles qui ont percuté directement mon cortex émotif (mais oui je suis un être sensible !), en l’occurence Gagner l’horizon, Les Braves, La première heure, Je reviens ou bien évidemment le titre éponyme, éblouissant. Seule Lola est en deça de la production (bien que la chanson soit bonne en soi). Ce qui choque réellement, à tel point que l’on a vraiment du mal à réaliser si l’on est en train de vivre une expérience paranormale ou non , c’est cette voix si posée, si juste mais surtout complètement délavée d’artifices inutiles qui ont tant nuit finalement à l’artiste (qui l’ont tout simplement catalogué dans un registre moins crédible alors que son univers fut souvent proche de celui d’Eddy Mitchell)
L’homme sans âge est un album délicat, d’une cohésion et d’une homogéneité redoutables, impossible à situer dans le temps, et incroyablement à contre-courant. Joseph d’Anvers possède vraiment cette facilité et cette patte subtile à créer des ambiances atmosphériques dignes d’ un Arman Méliès ; et l’interprétation apportée par Dick Rivers, highlander dans son genre, achève sur place et laisse bouche bée.
Ca fait plus de 20 ans que je considère ce mec comme un ringard has been ; et voici que le 10 juin 2008, je me prosterne telle la scène culte de Wayne’s World avec Alice Cooper, à implorer le pardon et l’absolution en scandant “je ne suis qu’une merde, je vous ai toujours sous-estimé, je vous ai pris pour un mec pas aware, monsieur Rivers. Mais je me suis trompé, j’étais jeune, innocent, naïf et inculte. Jusqu’à aujourd’hui“. [www.dick-rivers.com]
Tracklist
- L’homme sans âge
- Par delà les plaines
- Sur le toit du monde
- Les braves
- La première heure
- Attache-moi
- Mon homme
- Les bras des femmes
- La voix des anges
- Lola (veut la Lune)
- Je reviens
- Gagner l’horizon
Incroyable ! Je savais que Dick Rivers était un tueur ! Je veux l’écouter cet album du coup !
Yep, moi j’ai toujours bien aimé ce mec, authentique.
chapeau bas pour cet album ,il va passer en boucle pour la fete de la musique ,,un grand merci………
C’est ce que Joseph d’Anvers disait dans une interview sur RamDam :
“quand j’ai entendu la première fois la voix de Dick sur mes maquettes, je me suis dit qu’il mettait 12-0 à de jeunes groupes branchés au niveau de l’interprétation.
J’ai rencontré quelqu’un de très humain qui avait envie de coller à son temps, alors que les auteurs auparavant qui lui fournissaient des chansons utilisaient le troisième degré, le côté j’ai connu Elvis. Et moi j’ai rencontré quelqu’un de blessé par la vie, qui avance dans l’âge. Alors, quand on parle de Dick Rivers il fait sourire, même moi le premier, mais j’avais cette mini prétention d’espérer qu’après cet album, les gens ne sourient plus.”
http://www.ramdam.com/actu/2008/07649.htm
Le pari est donc réussi.
Merci Rod, tu m’a donné envie d’écouter cet album :-)