Festival Maroq’n'Roll n°3 : [Thugs] as happy as possible… à la Maroquinerie

Le Festival Maroq’n'Roll n°3 se déroule comme son nom l’indique à la Maroquinerie, et cette soirée d’ouverture affiche complet, la présence de glorieux revenants n’étant bien sûr pas pour rien dans cet état de fait…
- Date : 12.06.08
- Adresse : 23 Rue Boyer 75020 PARIS
- Téléphone : 01 40 33 35 05
- Web : www.lamaroquinerie.fr
Tang (web)
Venus de Lille, les 4 Tang ne font pas dans la boisson synthétique rappelant des souvenirs aux moins jeunes, mais plutôt dans un emo plutôt bien exécuté, alternant phases lentes et lourdes et accélérations accompagnées de chants hurlés, le batteur martyrisant sans complexe sans batterie, pendant que les deux guitaristes et le bassiste ne laissent pas leur part aux chiens… Si les morceaux sont sensiblement tous construits sur le même modèle, on peut supposer que les fans du genre peuvent prendre leur pied à l’écoute du groupe, mais au vu des applaudissements polis et du silence assourdissant régnant entre les titres, on doute de la présence d’aficionados pendant les 35 minutes du set…
Daria (web)
Si les 4 Angevins de Daria se présentent dans la même composition, la musique n’a pas grand chose à voir avec leurs prédécesseurs : se qualifiant de “powerpop/indie”, le groupe peut évoquer au début la rencontre entre les jeunes Killing Joke et les jeunes New Model Army, mais au fil des chansons les repères se perdent, on a des références qui nous fuient, et si la fin du set a une légère tendance à se métalliser, l’ensemble reste assez enthousiasmant, les 3/4 d’heure passent comme une fleur, le seul point irritant consistant en l’impossibilité de trouver des comparaisons franches, ce qui est très positif pour le groupe qui possède donc une vraie personnalité !
Les Thugs (web)
Après 9 ans d’absence, personne n’aurait misé un kopeck sur une improbable reformation, mais la perspective d’un concert à Seattle pour les 20 ans du label Subpop a réussi l’impossible : les Thugs sont de nouveau sur scène, et bien décidés à en découdre ! Débutant sur un as happy as très carré, on a la sensation, sur les 2 ou 3 premiers titres, que le son est trop bas, que ça manque d’ampleur, mais on peut supposer que cela n’est pas une erreur, car il y aura une montée en puissance tout au long du concert, qui fera très rapidement oublier ces légères interrogations ! Le groupe, sans bluff ni esbroufe, passe en revue ses 15 ans de carrière, avec des titres issus de tous les albums (sauf erreur, je suis prêt à m’amender s’il y a faute !), parmi lesquels on aura retenu road closed, dirty white race, bulgarian blues, i need you, i.a.b.f., stop the war, papapapa ou waiting… Le noisy-rock/garage-punk du quatuor est d’une efficacité hallucinante, cette impression étant sans doute renforcée par l’absence de blabla du groupe, qui enchaîne les titres avec au mieux un merci et une phrase d’introduction… Quand il quitte la scène après une heure, on a l’impression de n’y être que depuis 20 minutes, et il est heureux de pouvoir assister à deux rappels, comportant une excellente version du moon over marin des Dead Kennedys, et on aboutit ainsi à 90 minutes pleines, intenses, qui pourraient bien constituer le concert de l’année, s’il n’y avait la perspective d’une resucée au même endroit samedi… Bref, les absents le regrettent, ceux qui viendront samedi peuvent commencer à baver, et les dernières dates de la mini-tournée française feraient bien d’être bondées, c’est à des prestations de très haut niveau auxquelles nous avons droit avec ces autres Angevins !