Origine

300 ans après notre ère, la Terre vit meurtrie des blessures causées par l’inconscience de l’homme. Le monde est désormais dominé par la toute puissance des esprits de la forêt qui infligent à l’humanité leur colère pour les souffrances passées. Dans ce nouveau monde, co-existent deux cités : Ragna, qui œuvre pour le retour de la civilisation, et la Cité Neutre, qui prône l’harmonie avec la forêt. Mais le destin s’en mêle lorsque le jeune Agito réveille par hasard Toola, une jeune fille du temps passé, conservée mystérieusement dans un sanctuaire interdit. Le fragile équilibre qui régente cette Terre est à nouveau menacé par l’apparition de celle à qui le passé a confié une mission : Toola.
Hormis l’aura Ghibli / Miyazaki, les productions anime au cinéma ont du mal à émerger. Malgré de très bonnes surprises (Ghost in the Shell 2, Appleseed ou encore Wonderful Days), le fan du genre reste un peu sur sa faim. Diffusé dans seulement 12 salles en France (!!!), Origine est un joli mélange d’Akira et de Mononoke. Les puristes vont râler, les autres vont adorer.
Quand on sait que le réalisateur n’est autre que Keiichi Sugiyaman, on ne peut que partir confiant : en effet, ce dernier n’est ni plus ni moins que le créateur de la série géniale Neon Genesis Evangelion. Pour les studios Gonzo, il s’agit d’un premier long métrage. Et l’on peut dire que ce dernier réalise une très belle entrée en matière. Outre des graphismes ultra-soignés, des personnages superbement stylisés (bien que parfois un peu rigides), et une bande-originale enivrante (un générique grandiose chanté par la superstar nipponne Kokia), le film fera FORCEMENT penser à l’univers Ghibli. On y retrouve la thématique forte, celle de l’harmonie recherchée entre l’Homme et la Nature. Ici l’allégorie de cette dernière se rapproche fortement de Mononoke. Concernant les personnages, notamment le héros, on se retrouve entre Dragon Ball et Akira. Le cocktail est assez fantastique à regarder.
Diffusé dans seulement 12 salles en France, avoir l’occasion dans sa ville de pouvoir admirer une copie relève de la chance divine. Afin que le cinéma anime “autre que Ghibli” ait sa chance, foncez voir Origine, film lyrique, onirique, poétique, exempt de défauts (à moins que comparer une oeuvre à du Ghibli soit le pire outrage imaginable).