Le HibOO

Björk : Re-Volta à l’Olympia !

Olympia Hall, Paris - Concerts : Björk - 25 juin 2008

Il est des moments que l’on attend … dont on sait qu’ils seront précieux et rares. Hier soir, j’en ai vécu un vrai, d’une intensité musicale sans pareil.

De passage à Paris pour un concert unique, Björk, la chanteuse venue du froid, a charmé et a enflammé l’Olympia.

Pure et essentielle, voilà deux adjectifs qui qualifient bien sa performance d’hier soir. Sur la scène décorée de manière minimaliste (des oriflammes arc-en-ciel, représentant des animaux, des éléments) virevoltait un elfe multicolore, débordant d’énergie, généreux, souriant, ponctuant la fin de ses morceaux par “Merci“, “Merci bien“.

Mariant des sonorités électroniques arrangées par Mark Bell (véritable homme orchestre, tout aussi discret qu’indispensable) à un Big band de cuivres (9 filles fabuleuses venues tout comme elle d’Islande), elle a une nouvelle fois fait reculer les frontières entre les musiques. Entre guerre et paix, entre musique électro et mélodie introspective, elle a su montrer à son public qu’une artiste est avant tout une matière en fusion. Elle insuffle sur scène à chacun de ses morceaux une identité, une nouvelle teinte. Ainsi, j’ai redécouvert un envoûtant Hunter, un splendide Army of me mais surtout capté toute l’émotion acoustique cuivrée de l’album Volta qui ne m’avait pas hypnotisée auparavant.

Sa voix (malgré une légère faiblesse sur Bachelorette en fin de concert), a été splendide. Son énergie impressionnante a parcouru l’Olympia comme un courant électrique poussant l’assemblée dans une ambiance Trance digne de Goa. Une sorte d’hallucination collective, un délirium, une féerie nous entraînant jusqu’aux balkans dans une valse effreinée.

Entourée de sa garde rapprochée, Declare Independance résonne fort, comme un cri de libération. Imaginez le public de l’Olympia, faisant trembler le parquet de cette salle mythique, scandant à l’unisson et brandissant quelques drapeaux tibétains : “Declare independence. Don’t let them do that to you… Raise your flag ! Higher, Higher ! Raise your flag ! Higher, Higher !… RAISE YOUR FLAG ! HIGHER, HIGHER !“.

J’en ai encore la chair de poule. Oui, c’était ENORME. Oui, il fallait y être. Oui, j’en redemande et comme un bonheur n’arrive jamais seul, ce concert a été filmé … une sortie en DVD est donc fortement envisageable !!!

2 commentaires

  1. Félicitation à Gene pour cet article pertinent qui me fait regretter de ne pas avoir été présente lors de ce concert.
    Vive les minis Hiboos !

  2. Si je puis me permettre, j’aimerais apporter quelques précisions…

    Effectivement, concert surprise à l’Olympia de la miss, mise en vente des billets 2 semaines avant, annoncé complet dès le lendemain, générant des reventes en ligne aux enchères assez exagérées !… pour afficher le soir même du concert à l’entrée “il reste des places” devant l’Olympia… merci le site de la fnac ! (qui avait l’exclu des ventes).

    Malgré ça, grosse attente du public, hétérogène, venant parfois d’assez loin. Et dès le début, l’ambiance est lancée : C’est la tournée Volta, Björk est survoltée, elle donne tout à partir de la première seconde. (pas de première partie)
    Seulement petit bémol, apparemment au balcon le spectacle est génial, mais en fosse, le son est saturé, dégueulasse… vraiment pas à la hauteur d’une voix pareille, qu’on entend d’ailleurs peu au début.

    Mais Björk donne tout et ça passe, ça s’améliore même un peu. Est-ce le fait que ce soit filmé, ou qu’elle ait fait une pause de 2 mois juste avant, mais au bout de 4 ou 5 chansons, on la sent fatiguée, crispée. Un faux départ sur Bachelorette (quoi ? elle est humaine en fait ?), et quelques passages ensuite chantés plus bas que prévu, peu de communication avec le public…

    (je tatillonne, car en fait à ce stade du concert, je suis déjà hypnotisé en transe depuis plus d’une heure)

    Donc pour continuer à “râler” pointilleusement, la Reactable, partie intégrante de cette tournée mondiale est en plein milieu de la scène… mais complètement invisible depuis la fosse, et aucun écran pour retransmettre la performance. Le plaisir reste partiel.

    Sur la fin, elle continue à tout donner malgré tout, l’ambiance déjà survoltée se transforme alors effectivement en une sorte de transe collective brutale, primitive, psychédélique, voire orgasmique que j’ai très rarement vécue, tous concerts confondus, propulsée par les effets de lumières… et le sol trampoline de l’Olympia !! Et là, on peut penser que rien que pour ça, la vie vaut la peine d’être vécue :)

    Tout ça pour confirmer que ce concert était vraiment “un truc de ouf malade” comme on en fait plus avec une artiste qui se fout pas de la gueule de son public, mais à ces quelques détails près, son concert des arènes de Nîmes l’été dernier était pour moi bien plus jouissif. Dommage, c’est quand même l’Olympia !

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