H2G2 : le guide du voyageur galactique

Sale journée pour le Terrien Arthur Dent. Sa maison est sur le point d’être rasée par un bulldozer, il découvre que son meilleur ami, Ford Prefect, est un extraterrestre et pour couronner le tout, la Terre va être pulvérisée dans quelques minutes pour faire de la place à une voie express hyperspatiale. Arthur a une chance de survivre, mais il doit pour cela se faire prendre en stop par un vaisseau spatial, avec l’aide de Ford. Sa plus grande aventure va commencer au moment où notre propre monde disparaît… Arthur se jette dans l’inconnu et entame un délirant périple au cours duquel il va découvrir la véritable nature de l’univers.
Adapté du livre de Douglas Adams, H2G2 : le guide du voyageur galactique est attendu avec impatience par la horde de fans du roman éponyme. Votre critique préféré est pourtant vierge d’une quelconque lecture et donc de possibles préjugés, ou presque. Seule l’originale bande annonce laissait présager du meilleur…
Dès les premières images, le ton est donné : les dauphins sont en fait des êtres plus intelligents que l’espèce humaine qui auront essayé de nous prévenir de la fin du monde avant de s’envoler… Le reste est du même acabit. L’humour, typiquement anglais, lorgnant parfois du côté des Monty Python, est omniprésent, quelques fois noir, sarcastique, souvent. Les situations, franchement cocasses, s’enchaînent alors tout au long du périple de notre héros (vêtu d’une robe de chambre !) sans toutefois se soucier de l’évolution dramatique du film. Il en ressort une impression un peu brouillonne, une succession de scènes sans réels liens, une sorte de films à sketchs. Qu’importe, l’enthousiasme ambiant emmené par une galerie de personnages tous plus marquants les uns que les autres emporte l’adhésion. En tête, l’excellent Sam Rockwell (Confessions d’un homme dangereux) en délirant prince de la galaxie et l’extravagant Mos Def, littéralement habité par le rôle. On a même le droit à une apparition, trop courte mais délicieuse, de John Malkovich en gourou machiavélique et à un robot dépressif pessimiste au possible.
Et ce n’est pas tout. H2G2 tente de répondre à la question qui nous anime tous (Non, non rien à voir avec la matrice !), à savoir le sens de la vie. Ne vous attendez pas à un cours de philosophie, loin de là, mais plutôt à un joli regard sur une question (laissée en filigrane) auquel il revient à chacun de répondre à sa façon. Le film s’autorise même une critique acerbe des institutions administratives (admirablement illustrés par le guide du voyageur intergalactique) ou de la misogynie (hilarante scène avec le fusil « point de vue »). Du côté des effets spéciaux, c’est un régal. En prenant le contre-pied du tout numérique actuel, ceux-ci confèrent au film un cachet à la fois kitsch et extravagant pour au final obtenir un univers singulier bien à lui.
Avec son humour parfois particulier, H2G2 ne plaira sans doute pas à tout le monde. Mais pour ceux qui seront réceptifs à celui-ci, nul doute qu’ils passeront un très bon moment devant cet excellent divertissement, qui plus est doté d’une réalisation impeccable. On passera outre un scénario mis au second plan, un héros un peu trop spectateur pour se laisser prendre par ce voyage étrange, surprenant, intelligent, drôle, très drôle même et bourré de trouvailles. Un film non exempt de défauts, certes, mais absolument jubilatoire. Qui s’en plaindra ?