Coach Carter

L’histoire vraie de Ken Carter, l’entraîneur de basket d’une équipe de lycée, qui devint célèbre en 1999 après avoir renvoyé ses joueurs à leurs chères études, déclarant forfait deux matchs de suite alors que l’équipe était invaincue, parce que ces derniers n’avaient pas obtenu des résultats scolaires suffisants.
Une histoire vue et revue, une musique branchée, MTV Films (entre autres) à la production, il y a de quoi être inquiet. Et pourtant, Coach Carter surprend. Explications.
Je vais être franc avec vous. Je m’attendais à un film destiné aux jeunes des cités mordus de basket-ball avec ce qu’il faut pour les brosser dans le sens du poil sans se prendre la tête. Et pourtant… Si le film est très académique et ressort tous les clichés du genre, il l’est (académique) de la meilleure façon possible grâce à des dialogues qui sonnent la plupart du temps juste et à une histoire pas si simpliste que ça. Le réalisateur de Save The Last Dance pose un regard intéressant sur le système scolaire américain. Les professeurs sont résignés et se contentent de donner raison aux maigres statistiques des admis à l’université. Pire encore pour les athlètes étudiants auxquels on substitue à leur regard le succès et la gloire. La chute est d’autant plus grande et les plus chanceux finissent en prison.
Pour autant, si son constat est réaliste, le dénouement dans le film fait rêver et peut sembler assez naïf tant les problèmes se résolvent avec une grande facilité. L’ensemble est très édulcoré mais qu’importe, ça fonctionne très bien et le film arrivera même à apporter son petit lot d’émotions. De plus, la réalisation ne gâche rien. Les scènes de basket-ball sont réalistes et très dynamiques. Les acteurs se sont entraînés et cela se voit. Les puristes seront comblés. Enfin, le meilleur pour la fin : Samuel L. Jackson. Que le film soit bon ou mauvais, il effectue à chaque fois un travail en tout point remarquable et le confirme une nouvelle fois ici. Définitivement l’un des acteurs les plus charismatiques du moment.
Nonobstant un cahier des charges attendu, Coach Carter s’en tire d’une belle façon grâce à la formidable composition de Samuel L. Jackson et à sa réflexion sur le système scolaire américain. Un divertissement très honorable.