
Tracklist
- Ma jeunesse
- La possibilité d'une ile
- L'amoureuse
- Tu es ma came
- Salut marin
- Ta tienne
- Péché d'envie
- You belong to me
- Le temps perdu
- Déranger les pierres
- Je suis une enfant
- L'antilope
- Notre grand amour est mort
- Il vecchio e il bambino
Carla Bruni – Comme si de rien n’était
Top : Je suis né le 11 juillet 2008 et je suis déjà sur toutes les lèvres. Peu de monde m’aura écouté à cette date et pourtant tout le monde aura un avis me concernant. Qui suis-je ?
Un album qui ne porte pas forcément bien son nom : « Comme si de rien n’était ».
Première écoute : aucun doute possible c’est du Carla Bruni, si vous n’aimiez pas sa voix avant cet opus ne devrait pas vous faire changer d’avis tant tout est si bien orchestré autour de cette voix à l’empreinte si facilement identifiable. L’album colle au personnage, femme élégante chantant du Houellebecq bancal, interprète mélancolique et détachée en évoquant ses souvenirs d’enfance, ou femme fatale impeccablement habillée en Chanel quand elle parle d’amour.
Alors si tout est si parfait, si proche de l’image que se donne la chanteuse on voit vite les limites de l’exercice. Tout d’abord, et c’est inévitable on ne peut s’empêcher de chercher des liens entre les paroles des chansons et la vie publique de la première dame de France. Certaines chansons se veulent ouvertement autobiographiques, et ont déjà fait couler de l’encre avant même celui de la pochette, tu es ma came. Du coup il est difficile de faire la part des choses de rentrer complètement dans les chansons en oubliant le bruit médiatique. Inutile pour rentrer de tenter une quelconque lecture kabbalistique des paroles des chansons, d’autres feront le vain exercice car c’est un piège ouvert dans lequel plonger emmène vite au fond.
Ensuite tout étant si parfait, les musiques si impeccablement French Touch (voire limite générique AB production sur Je suis une enfant) et la voix toujours parfaitement identique d’une chanson à l’autre on finit par s’ennuyer un peu. Malgré tout quand la routine s’installe une reprise de Dylan (trop?) habilement placée en milieu d’album permet de relancer la machine en coupant le rythme par des mélodies familières à l’oreille et un supplément d’âme. Pour l’âme il en sera de même par la dernière reprise en italien cette fois, comme si la langue française se prêtait mal à la transmission des émotions. Tout cela est encore une fois bien pensé, mais l’artifice parait un peu gros malgré la qualité des deux reprises.
Au final après plusieurs écoutes il est difficile de mettre en avant de futurs tubes comme l’avaient été les morceaux les plus connus du premier album, et c’est bien dommage car si l’ensemble est cohérent et très propre il manque un ingrédient pour créer l’enthousiasme. A l’inverse chercher des extraits ratés serait aussi inutile que de chercher des fautes dans un devoir d’un premier de classe. A réserver donc au fond sonore de ces soirées ou l’on ne veut pas être dérangé, ni par une note plus haute qu’une autre, ni par le silence, et encore moins par un tapage médiatique.

Mag.B 10.07.08 | 14:20
j’aime bien la pochette de l’album.
Agathe 10.07.08 | 22:36
Une critique bien construite qui met (essaye) de côté le politico-carlabrunisme-sarkozisme…et s’attache à cet album dans ce qu’il est non dans ce qu’il peut trop facilement renvoyer..surtout quand on sait que cet album fut dans la majorité écrit avant l’épisode sur-médiatique!