Le HibOO

Para One - Naissance des Pieuvres

Para One - Naissance des Pieuvres | Naïve

Avant de parler du disque, il convient de parler brièvement du film dont il est la bande originale. Naissance des pieuvres est le premier film de Céline Sciamma sorti l’année dernière. C’est un film absolument magnifique sur un sujet pourtant plus qu’éculé, les amours adolescentes. On y retrouve trois jeunes filles, qui se rencontrent, se découvrent, font l’apprentissage de l’amour, mais avec simplicité et pudeur, à la manière du très très bon Fucking Amal de Lukas Moodysson. Le film se distingue par un esthétisme extrême. Un des pivots du film est la natation synchronisée (comme on peut le voir avec la magnifique jaquette du cd, et l’on retrouve des images magnifiques de ce sport vu de dessous la surface de l’eau).

Evidemment, cela a une forte influence sur la musique, composée par Para One, déjà auteur de l’agréable album électro Epiphanie, sorti en 2006. Bien que la bande originale de Naissance des pieuvres soit composée uniquement sur ordinateur, on n’y retrouve aucun beat, aucune ligne de basse, car la ligne directrice de cet album est la douceur et la lenteur. On est avec cet album à l’extrême limite de la musique et du son, au sens le plus neutre du terme. Les morceaux ne sont que longues notes de synthé, graves, lentes, accompagnés de vrombissements apaisants, le tout arythmique au possible.

L’ensemble est d’une parfaite homogénéité jusqu’à Finale, dixième morceau sur les 14 composant le disque qui, comme son nom l’indique, est le morceau qui clôt le film (raaaah, cette fin, probablement la plus belle qui m’est été donnée de voir de ma courte vie), et le plus magnifique et le plus musical, sans aucun doute (une montée progressive, d’abord très lente et très abstraite, puis de plus en plus musicale, évocatrice, jusqu’à l’arrivée de violons, certes numériques mais parfaitement restitués par Para One, puissants, prenants, qui atteignent leur paroxysme lorsqu’ils basculent dans les aigus, et signent la fin définitive et en apothéose d’une histoire, avant que tout ne redescende aussi doucement qu’il était monté).

Les 4 titres suivants ne figurent pas dans le film, puisque s’agissant de “coups d’essais” (mais Para One, pour ses coups d’essais, réalise des coups de maîtres. Et hop !) ; ils sont sensiblement différents du reste du Compact Disc (on parle bien ici). D’abord Shojo, qu’on dirait composé de notes jouées au hasard sur un synthé, puis derivant dans une atmosphère assez malsaine, sans queue ni tête. Suivent Tape, Requiem et Blank. Le premier est plus posé, dans la ligne directrice de l’album ; le second est similaire à Shojo, tout aussi dérangeant après 40 minutes d’écoute de musique calme et “lisse” (utilisé ici dans un sens non péjoratif, au contraire) ; quant au dernier morceau, il conclut parfaitement l’excellent album que nous venons d’écouter.

En conclusion, un album abstrait, très évocateur, très aquatique, absolument magnifique, qui n’est pas du tout un disque lambda que l’on choisit par hasard dans sa discothèque, mais un disque unique que l’on écoute en conscience de ce qu’il est.

Ouais mon gars ! www.myspace.com/pieuvres

Tracklist

  1. Naissance des Pieuvres
  2. Bike
  3. Les Allées
  4. Sunless
  5. Mater Lilies
  6. Amoureuses
  7. L’Axe Majeur
  8. Renaissance
  9. Vampire
  10. Finale
  11. Shojo
  12. Tape
  13. Requiem
  14. Blank

Laisser un commentaire

Pour afficher un avatar / votre photo avec votre commentaire, inscrivez-vous sur www.gravatar.com

* = champ obligatoire