Wanted : choisis ton destin

A la mort de son père, un jeune homme découvre que ce dernier était un assassin professionnel. Il est alors recruté par son agence pour reprendre le flambeau … (Fiche Allociné)
(il semblerait que les services marketing ciné en France se soient lancés un concours des sous-titres / traductions de titres où les plus nazes seront élus rois dans leur domaine). Timur Bekmambetov, un nom qui ne vous évoque sans doute rien. Pourtant, dans son pays natal (La Russie, au cas où …), ce réaliseur est une véritable superstar : au point que son premier film, le merveilleux Night Watch - boudé par le peuple français qui n’aime pas trop les trucs un peu mystiques avec un parti pris esthétique trop déroutant - a explosé le box office, allant jusqu’à détrôner Aragorn. Comme tout cinéaste étranger qui s’apparente à un prophète visuel dans son pays, il fut courtisé par les muses d’Hollywood, qui lui permirent de réaliser, avec sa patte unique et très spéciale, l’adaptation d’un comic books de l’école Top Cow (qui se différencie grandement par des qualités scénaristiques et avec un chamboulement des codes super héros : Witchblade, Darkness, ou Spawn pour ne citer qu’eux) répondant au doux patronyme de Wanted, oeuvre originelle de Mark Millar.
A ce moment précis, si vous n’avez pas aimé Night Watch / Day Watch, et si les adaptations Comics surréalistes - et c’est le moins que l’on puisse dire - vous provoquent des éruptions cutanées allant jusqu’à l’apparition de scrofules, passez votre chemin. Quant aux autres …

Timur Bekmambetov a tout simplement donné vie avec une fidélité surprenante à la version planche du Comics ; on y retrouve même des plans - la scène de l’immeuble durant les 10 premières minutes, à la scène près ! - au point que l’on éprouve, à condition de connaître l’histoire, d’éprouver une sensation extatique incontrôlable. Mais soyez tout de suite prévenu : 90% des scènes sont d’une fantaisie et d’un surréalisme qui dépassent l’entendement - le passage du Transporteur 2 qui retire de la grue une bombe avec la voiture à 10 mètres de haut vous semblera après la visionnage de Wanted vous semblerait d’une crédibilité absolue.
On retrouve parallèlement à l’adaptation quelques touches Timur déjà (omni)présentes dans Night Watch / Day Watch : des scènes filmées avec différentes vitesses, une ambiance gothique, une histoire millénaire, les bons pas vraiment bons, les méchants pas vraiment méchants. Tout y est. Mais en mieux : Hollywood à permis au réalisateur russe de se doter de moyens dignes de ses ambitions. Il en résulte un travail visuel éblouissant, et d’une rare qualité - le passage du train est anthologique dans le genre.

Les acteurs ne sont pas en reste. En tête l’incroyable cabotin James McAvoy, au jeu propre de sa génération (Shia Labeouf ou Tobey McGuire étant les dignes représentant de cette nouvelle vague), qui captive et mène le film comme un maître, arrivant à effacer les mastodontes Angelina Jolie et Morgan Freeman. Tel Matrix, on accompagne son personnage à travers une quête - la vengeance, nécessitant une prise de conscience - à l’instar de la pilule bleue, puis un entraînement, pour finir avec un affrontement dantesque, saupoudré bien évidemment de twists permettant à toute prévisbilité d’être mise un peu à mal. (Par ailleurs, tel un clin d’oeil, on appréciera la présence de Konstantin Khabensky, le héros de Night Watch / Day Watch)
La puissance du film réside dans un mélange parfait entre mythe - l’histoire de la Fraternité et de ses répercussions dans le monde depuis 1000 ans, innovation du combat à l’arme - à l’instar du Gun Kata dans Equilibrium, un humour omniprésent et très bien vu - permettant de ne pas sombrer dans le film noir qui rendrait l’ensemble de l’oeuvre prétentieuse, et dénouement digne d’une tragédie grecque. On regrettera du coup la suite annoncée par les studios Universal Pictures, tant tout semblait calibrée pour que cela ne se produise pas - les différentes quêtes étant terminées, dont la principale, celle du père, on a du mal à imaginer un scénario avec une profondeur aussi équivalente, ne pouvant que laisser présumer un fight entre assassins de haut niveau. A savourer, du grand cinéma blockbuster, avec une légère pointe - mais très légère, n’ayez crainte, le cerveau n’est pas mis à contribution - de réflexion.
1- j’ai vu Night watch (oui c’était moi)
2- je suis un fan de mark Millar
3- il faut que je vous laisse… je fonce au ciné !