Le HibOO

Paleo Festival 2008 : 1/6 (I love you Laura-Mary !)

Nyon, Suisse : Photos, Concerts, Festivals : Paleo Festival 2008 - 22 juillet 2008 (Photo : Blood Red Shoes)

C’est sans doute le meilleur festival au monde. Propos de Cali lors de l’inauguration de la nouvelle scène Le Détour (jadis excentrée du festival, et complètement boudée par les photographes, avides de têtes d’affiches internationales). Et le chanteur fougueux aux yeux hypnotiques n’est sans doute pas loin de la vérité : en ce premier jour de festival, orgasme sur orgasme. Entre des formations qui se sont éclatées comme jamais (The Hives, Ben Harper, Cali - encore lui), un public on ne peut plus souriant, une température estivale parfaite … encore 6 jours de bonheur à vivre !

Il y a tant à dire. Et difficile de ne pas tomber dans la surenchère, voire l’hyperbole, lorsqu’un festival vous met en emoi, jusqu’à atteindre l’euphorie : votre jugement est altéré, vos sens excités. Aussi, durant ces 6 prochains jours, vous lirez souvent “orgasme”, “génial”, “magnifique”, “dantesque”, et toute la panoplie de termes dithyrambiques qui collent si parfaitement à cet événement d’ampleur internationale ayant pu se sauvegarder d’une déshumanisation transformant ce dernier en véritable boucherie bizness. Ici, on vogue au gré des scènes, au gré des rencontres. Des myriades de découvertes, le plaisir de revoir des artistes qui ont marqué vos organes visuels et auditifs … Le Paléo Festival n’a finalement qu’un défaut majeur : il ne représente que 6 jours dans l’année.

Marvin (web)

Marvin ouvre le bal, et en ce premier jour généreusement ensoleillé, ce dernier arrivera malgré tout à remplir la Club Tent. Musicalement, ça tient la route ; on est dans une pop éculé, déjà entendue, mais menée tambour battant par un leader charismatique. Néanmoins, le manque d’originalité, et l’envie de vouloir gambader dans ce lieu provenant d’une dimension parallèle auront raison de l’envie d’en écouter davantage. En d’autres termes : sympas, mais sans plus.

Young Knives (web)

(En raison d’une excentration très prononcée du dôme, à l’instar de l’année précédente, très peu de chances subsistent quant à couvrir le moindre concert, à mon grand regret : la thématique orientale a laissé place aux musiques du Brésil, et la programmation est vraiment de très bonne facture). Ce trio déjanté au look issu d’une autre galaxie a remplacé Soko au pied levé ; et il faut bien l’avouer : le public n’a rien perdu au change. Certes, Les Jeunes Couteaux proposent un répertoire relativement répétitif, sensation ressentie dès le deuxième titre. Seuls les fans du combo peuvent prendre dès lors, grâce à leur connaissance des chansons, prendre un plaisir différent. Pour ma part, nonobstant ces riffs s’apparentant à des leitmotivs on ne peut plus efficaces, j’ai été plus que séduit : il faut dire que réunir trois êtres à haute teneur de charisme ne laisse pas indifférent. Il y a comme quelque chose d’oldies dans leur son (à la croisée de l’indie / rock /pop), et pourtant ils sont dans l’air du temps. Ca claque, ce n’est pas vraiment original (quoique), et à la limite, on s’en fout royalement : ce sont des anglais, et leur nationalité est un argument de poids se suffisant à lui-même quant à la qualité musicale offerte (à écouter sur MySpace : Up All Night ou Current of the River).

Love Motel (web)

Si l’édition 2008 du Paléo devait avoir un défaut, et non des moindres, c’est la superposition parfois surprenante des concerts. Ainsi, alors qu’une conférence de presse quelques minutes auparavant avec les programmateurs du festival et Cali faisaient l’éloge de la nouvelle scène baptisée Le Détour, le premier concert du festival, emmené par les tonitruants et catchy Love Motel, fut tout simplement passé à la trappe, ce dernier débutant au même moment que celui de The Hives sur la grande scène. Si je n’avais pas eu l’opportunité et la chance, via Emily de Radical Production, de couvrir récemment les suédois devenus légendaires pour leurs shows aussi identiques que démentiellement jouissifs, j’aurais sans doute moi aussi rejoint mes “amis” photographes. Place à la découvert avec Love Motel. Il s’en était fallu de peu pour que je passe à côté de ce petit joyau de rock / glam / electro ; juste avant de me rendre au festival, je suis allé visiter leur MySpace, et là, effet kiss kool. C’est incroyablement séduisant, les sons electro s’entrechoquent avec des riffs de guitare particulièrement agressifs, eux mêmes bousculés par une batterie martelante et martyrisante. Vocalement, on est dans le pur glam nonchalent, et la sauce prend. Nonobstant la petitesse de cette scène - et dire que Cocoon va y jouerce week end, j’en bave d’avance ! - le public ne sera pas assez nombreux pour remplir le chapiteau. On ne peut d’ailleurs pas lui reprocher d’être allé voir The Hives. Ayant pu assister à la fin de leur concert, Howlin et sa bande se sont tout simplement surpassés, avec notamment un saut de ninja d’au moins 3 mètres du leader aux yeux globuleux, ou encore quand ce dernier a pris le risque de se frotter aux premiers rangs. La fin de leur concert, vue du public, était vraiment, mais vraiment exceptionnelle. Je ne vois pas comment on peut se lasser d’une telle prestation, aussi similaire soit-elle dans son déroulement.

BB Brunes (web)

Néanmoins, parmi les concerts pouvant rivaliser sans honte avec les suédois hystériques, on notera la performance extraterrestre des BB Brunes. Ou plutôt, la performance du public de BB Brunes. Ce dernier, constitué à 99% de filles - non je n’ai pas dit jeunes femmes - va hurler jusqu’à l’implosion du larynx. BB Brunes sont nos Tokio Hotel à nous, en plus désinvoltes et plus irrévérancieux. A l’instar du boys band rock allemand, les frenchies ont une palette d’atouts non négligables : ils sont sex’, ils sont beau gosse, ils bougent plus que bien sur scène, ils ont des élans de bon goût - notamment en reprenant à ma plus grande surprise le tube de Weezer Buddy Holly, et n’ont plus vraiment grand chose à faire pour rendre dingue leurs groupies en pleine émulsion sexuelle. Il sera d’ailleurs très drôle de voir, après la fin de ce set résolument stupéfiant et ovni la file d’attente de midinettes hystériques attendre au niveau des coulisses pour espérer … je ne sais pas quoi avec leurs idoles. Quoiqu’il en soit, un putain de bon concert - les Suisses sont par ailleurs plus sympas que les Belges, puisqu’à Dour, l’accueil fut … plus tomatisé (et dire que j’étais le seul du HibOO à ne pas avoir fait de photos des jeunes parisiens !)

Cali (web)

Ce 22 juillet aura été le théâtre de surenchère de showmen accomplis. Si le public avait encore quelque force après les tueurs de The Hives et les young frenchies oldies but goodies rock de BB Brunes, ce dernier va se retrouver emporté par le tourbillon Cali. Certes, à l’instar des suédois, on retrouve un show 100% copié / collé de ce que j’ai pu voir au Zénith de Paris, ou à travers diverses photos sur FlickR de concerts ci et là dans d’autres festivals. Mais putain Cali est un tueur, et puis c’est tout. Il court dans tous les sens, jump dès qu’il s’arrête de faire son marathon, prend des poses appelant le public à participer - et qui participera bien plus que de raison, embrasera le Paleo avec ses anciens titres, et forcément, Cali’s Touch oblige, prendra un bain de foule - le fou. Une fois encore, je me pose la question : Cali n’est-il pas un drogué névrotique de public ? On sent vraiment que cette fougue intarissable est une sorte de vase communicant : son show subjugue, mais il y a à parier que le bonhomme se fait encore plus plaisir que son public. Continue Cali, perso, j’adore (en me relisant, je m’aperçois que j’ai totalement oublié de parler de ses musiciens … un prochain report, car ces derniers méritent un article à eux seuls)

dEUS (web)

Dans la série, je programme deux très bons groupes simultanément, en l’occurence deUS et Pete and The Pirates. Toutefois, je pensais mon choix fait : en effet, aux Eurockéennes, le set de Tom Barman et de sa bande avait été incroyablement ennuyeux, plat, sans saveur, balancé de manière plus que syndicale. Bref, LA déception. Et puis, je me suis dit “putain, c’est quand même dEUS, un des plus grands groupes rock belges - Ghinzu étant ZE groupe, allons leur donner une chance”. Et une fois de plus, le climat Paléotien a changé la donne. Le concert de dEUS fut dès les premières secondes, tant visuellement que musicalement, magique, puissant, divin. Oh bien sûr, j’ai complètement décroché avec le dernier opus en date, comme beaucoup. Mais en live, les nouveaux titres sonnent de manière terrible. Mais l’on retiendra surtout un Tom Barman incroyablement à l’aise, fougueux comme dans les temps anciens, agressant avec une sauvagerie délicieuse sa guitare. Ah oui, je vous le dis ma bonne dame, DeUS + Paléo = très bon concert.

Pete and the Pirates (web)

Bien sûr, toute bonne chose doit avoir une fin, et je me vois contraint et forcé de quitter le quintet belge pour rejoindre assez rapidement la Club Tent où se produisent Pete and the Pirates, l’un des groupes rock buzzés du moment. Et qui dit buzz, dit bonne branlette. Sauf que cette fois-ci, je mets ma p’tite langue de pute dans ma poche, et me prends en pleine face un groupe qui franchement envoie sévère. Mon seul regret aura été de squizzer ce combo, et donc d’être un néophyte inculte total quant à leur discographie. Mais ce que je peux en revanche vous dire, c’est que Pete and the Pirates en live, c’est à voir absolument : ça sonne terrible, la présence scénique est au rendez-vous, et l’interactivité avec le public est assez exceptionnelle. Enfin … pour un groupe anglais - oui vous avez remarqué, les anglais oublient en général de parler avec leur public.

Ben Harper (web)

Je vais sans doute me répéter, et cette “théorie” sera sans doute omniprésente durant les prochains jours, mais il semblerait que le Paleo Festival (ambiance ? qualité du site ? moyens financiers plus importants permettant des cachets plus conséquents ? notoriété de l’événement ? …) ait des effets on ne peut plus positifs sur les artistes. Car si dEUS en l’espace de quelques semaines s’est littéralement métamorphosé - digne d’un Jeckyl / Hyde, que dire alors de la prestation de Ben Harper ? Bien que son show aux Eurockéennes fut l’un des meilleurs du vendredi 4 juillet, ce qu’il a offert aux Suisses en ce 22 juillet n’avait RIEN - mais alors rien du tout - de comparable. Excellent à Belfort, divin à Nyon. Setlist changée, public participant dès la première note - un public connaissant le répertoire de l’artiste comme sa poche, réagissant au quart de tour à la moindre introduction ! - et puis … des impros dantesques abreuvant un set d’habitude ultra - trop - calibré … Ben Harper et ses monstrueux musiciens au niveau exceptionnel n’ont pas donné un concert, ils ont offert un spectacle haut en notes et en couleurs. Non mais vous ne vous rendez pas compte, mais c’est un mec qui n’aime pas DU TOUT ce qu’il fait qui vous écrit cela. Un pari assez incroyable, surtout lorsque l’on se rend compte de la tournure exponentielle que prenait cette première journée, avec que des groupes assez ravagés du bocal sur le plan scénique. Ben Harper fut tel le Lac Léman : immense, calme, majestueux.

RedbACK (web)

A l’opposé de la grande scène, qui a littéralement happé tous les homo sapiens sapiens du festival, quelques rebelles fuyant la surpopulation ont trouvé refugé au Détour pour entendre et parfois découvrir une formation suisse assez … déroutante, répondant au doux patronyme de RedbACK. Comment définir cet OVNI ? Prenez toute l’imagerie collective que vous avez de Juliette and the Licks, passez le tout dans un film de Romero ou de Wes Craven, et vous obtenez RedbACK. du rock gras, lorgnant parfois avec un métal tout aussi graisseux, une chanteuse … qui n’est pas de cette planète - l’opposé de Juliette Lewis, mais étonnamment je lui ai trouvé bon nombre de points communs dans sa prestation hors norme, des titres qui se suivent et qui se ressemblent, un public en parfaite osmose qui beugle comme une horde de phacochères en rut. Et vous obtenez malgré tous ces handicaps un concert immanquable !

Blood Red Shoes (web)

Blood Red Shoes @ Paleo Festival, Suisse | 22.07.2008
Blood Red Shoes @ Paleo Festival, Suisse | 22.07.2008 Blood Red Shoes @ Paleo Festival, Suisse | 22.07.2008 Blood Red Shoes @ Paleo Festival, Suisse | 22.07.2008 Blood Red Shoes @ Paleo Festival, Suisse | 22.07.2008 Blood Red Shoes @ Paleo Festival, Suisse | 22.07.2008 Blood Red Shoes @ Paleo Festival, Suisse | 22.07.2008 Blood Red Shoes @ Paleo Festival, Suisse | 22.07.2008 Blood Red Shoes @ Paleo Festival, Suisse | 22.07.2008 Blood Red Shoes @ Paleo Festival, Suisse | 22.07.2008 Blood Red Shoes @ Paleo Festival, Suisse | 22.07.2008 Blood Red Shoes @ Paleo Festival, Suisse | 22.07.2008 Blood Red Shoes @ Paleo Festival, Suisse | 22.07.2008
Photos par Rod | Le-hibOO.com • 23-07-08 • Voir les 15 photos » Galerie | Popup | FlickR

Il est 1h du matin, et pour tout vous avouer, je suis terrassé. Mais à un point que vous n’imaginez même pas. Et il ne s’agit que du premier jour - et j’oublie par la même occasion de vous fournir des sets entiers des concerts au jour le jour, mission impossible. Toutefois, j’ai puisé dans ma large bedaine aux cellules adipeuses grassement remplies pour assister au dernier concert, et non des moindres : les 2 enfants terribles de Brighton, aka Blood Red Shoes. Un duo extraordinaire, un punk rock parfois metallisé qui en jette plein la tronche, une symbiose parfaite, des titres qui pulvérisent tout sur leur passage (Say Something Say Anything étant LE titre à écouter), le tout servi par deux gueules d’ange, aux pulsions pourtant pêcheresses. Le public - très ado - est en effervescence totale - ah oui, à cet âge là, on est immortel ! - et pour ma part, je finis en beauté cette première journée. A noter les conditions exceptionnelles pour ce concert monumental : la Club Tent, des lights majestueuses, un son devenu très bon au fil des titres - que celui ou celle m’affirmant avoir entendu les voix de Laura-Mary et Steven lèvent la main). Pour finir, Laura-Mary, je t’aime. Je l’avais déjà écrit en titre, mais je veux que la Terre entière le sache :)

Mais le Paléo dans l’histoire ?

En effet, suite à mon choix de faire des récits au jour le jour, cela change littéralement ma manière de vous présenter l’événement. Aussi, ce que je pourrais retenir de cette première journée, c’est l’incroyable diversité du public - ancien slogan Nintendo : de 7 a 77 ans, le plaisir de ce dernier à écouter des groupes dont il n’avait jamais entendu parler. Mais le Paléo c’est aussi plein de choses auxquelles un festival français n’a songé, comme une garderie pour les enfants, un espace détente pour les 12-18 ans (la Plage), la forte présence de la mobilisation écologique - avec cette année l’instauration des toilettes dites “sèches” afin de limiter la consommation d’eau. C’est aussi un état d’esprit radicalement différent : on croise les artistes comme on croise ses potes (hier, par exemple : Ben Harper, Howlin qui au fil de la soirée, était de plus en plus imbibé d’alcool, ou encore le furieux leader des I’m from Barcelona …). Bref, j’ai 6 jours pour vous parler du festival en long en large et en travers, j’arriverai bien à caser ci et là ce que m’attire au délà des concerts - qui je vous l’avoue, est purement secondaire, nonobstant ce texte qui pourrait laisser penser le contraire)

PS : les photos … bah bientôt :(

9 commentaires

  1. Ton enthousiasme fait plaisir à lire. C’est le genre de billet que kiffe-grave-yo-man !
    ;-)
    Il faut dire aussi que la programmation est excellentissime …
    Mais je salue ta performance au passage, chroniquer les festival c’est un bel (et difficile) exercice.
    Bises

  2. edit : “le genre de billet que JE” et “festivalS”, rohhhhh !

  3. Arrghhh, je te jalouse mais te remercie pour tant d’enthousiasme si communicatif.

    PS: un petit conseil, va faire un tour au stand à tartine, ça rigole pas… http://video.lematin.ch/video/iLyROoafteS-.html

  4. j’étais mercredi soir au Paléo, et j’étais aux anges!
    j’ai voulu te dire bonjour, mais Patrick Watson avait limité les photographes à 4 chansons et tu es vite parti. peut-être à samedi!
    Paléo, faut le vivre pour comprendre :)

  5. Je suis rongé de regrets :(

  6. Joli récit :)
    Combien de photographes sur le festival?

  7. moi aussi je suis amoureuse de laura mary, et pourtant je suis plus hommes.. mais niveau musique c est mortel et puis elle est jolie l’ingrate ;)

  8. AAAAaaahhh les blood red shoes!!!
    vus au festival d’Evreux cette année..je ne m’en suis toujours pas remis!

    Et c’est vrai que Laura Mary joue super bien de la gratte et en plus est super mignonne…

    Quand on voit ce qui existe et quand….

    bon OK je sors!!
    MDR

  9. Me revoilà, juste pour vous proposer cet extrait de l’émission d’arte Tracks:
    http://www.dailymotion.com/vid.....fleche-dor

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