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Metallica au Stade de France : Kill Us All (ou pas)

Que ce soit Kate Moss, Pedro Winter, Tété, Philippe Manoeuvre (!), Nicola Sirkis (!!!!!!!!!) ou bien les 78000 anonymes, personne n’est sorti indemne de la machine de guerre Metallica. Certains ont joui, d’autres ont perdu toute faculté auditive pour la vie, pendant que d’autres se remémoraient, à l’écoute de Nothing Else Matters, leurs premières pelles adolescentes, associant à jamais cette sublime chanson à ses premières amours. Metallica n’est pas un groupe de métal comme les autres. Dans l’histoire du genre, il y a bien eu un avant et après. D’autant plus vrai avec Le Black Album. Le mieux produit, le plus abouti, mais également le plus controversé (premier album de “métal” à figurer dans le catalogue France Loisirs à l’époque qui ne vendait que de la variété française ou internationale … donc au mieux du Kim Wilde, au pire, du Jean-Jacques Goldman !) … Alors au lieu de faire un compte-rendu bateau, j’ai demandé à toutes les personnes (blogueurs, gens de labels, inconnus) que j’ai croisées ci et là de me faire de son petit report, and here we go.

Metallica par Benoit Darcy (www.zdar.net)

Si le Black Album est la production la plus populaire de la carrière de Metallica, c’est aussi l’album qui divise le plus les fans. Mais voilà, c’est bien ce disque qui contient les Unforgiven, Enter Sandman, Sad but True, et autres Nothing Else Matters. Des classiques. Une vidéo diffusée au début du show montre quelques images de l’enregistrement. Les Four Horsemen en studio avec Bob Rock, la fabrication des vinyles, les fans qui font la queue pour acheter leur coffret-cassette le jour de la sortie… Des images d’une autre époque. Metallica, bien qu’ayant combattu l’émergence du peer-to-peer début 2000 – aux frais d’un déficit de notoriété renforcé par l’incompréhension suscitée par la sortie de St Anger – possède aujourd’hui 25 millions de fans sur Facebook et opère une relation fan-artiste utilisant les meilleures pratiques du Web, même s’il n’est toujours pas possible d’écouter leur musique sur Spotify…

Mais au delà des chiffres et des analyses, le groupe n’oublie pas les fondamentaux. De l’aveu même de James Hetfield, ce show au Stade de France est le plus important donné par Metallica dans l’hexagone en plus de 30 ans de carrière. Un show généreux, de plus de deux heures, et à la setlist particulière puisqu’il s’agissait de rendre hommage à ce fameux Black Album en y jouant l’intégralité des titres. Une bonne soirée de communion, avec des membres qui assurent un spectacle dans le spectacle, entre le charisme inébranlable d’un Hetfield, les savantes grimaces d’un Ulrich, la démarche animale d’un Trujillo et la virtuosité flegmatique d’un Hammet.

Que peut-on reprocher à ces professionnels de l’Entertainment ? Quelques longueurs ? Oui, celles du Black Album. Quelques clichés ? Sûrement. Mais qu’importe, procurer du plaisir et faire rêver, c’est bien tout ce qu’on demande à des artistes, non ? Il est plaisant de constater que ces quatre garçons vont bientôt entamer leur cinquième décennie dans le succès, la modernité et la fidélité…

Metallica par Tété (www.tete.tt)

Alors qu’est-ce qu’un mec comme moi qui n’a rien à voir avec la soupe peut bien foutre à un concert de Metallica ?

Alors Metallica déjà, c’est des personnages super forts :

Le charisme taiseux d’un James Hetfield, l’animalité d’un Trujillo (ex bassiste de Suicidal Tendencies, débusqué à coup de millions de dollars ), Lars le batteur qui m’agaçait (dont tous les fans s’accordaient à dire qu’il n’est vraiment pas très “sympa”) et que l’on decouvre sous un jour nouveau – attachant celui là, dans “some kind of monsters” (rockumentaire élémentaire) , et le 4eme larron dont le nom m’échappe, soldat zen bouddhiste detaché de tout, si ce n’est de la cause de tous en ce soir de fête : le métal de stade, fils.

Metallica ensuite, c’est une démarche et un parcours dont la justesse transcende de simples considérations de “timeline” (ante ou post 1991).

Metallica enfin, c’est une musique d’une sophistication et d’une brutalité qui conjuguées, font mentir toutes les règles du “business pop” ( morceaux à 54 parties. Prévoir un chien de chasse pour trouver le 1er temps de chaque chanson) en réussissant le tour de force de fédérer 80.000 poings levés un soir de crise. Waouw. La seule musique aussi impénétrable que je connaisse hors free-jazz ou post-rock c’est le jazz-rock sauf que … le jazz rock de stade ca n’existe pas. Ok y’a Police mais bon Sting il a l’air moins sympa quand même, non?

Metallica par Christophe Moracin – Domino Records (www.dominorecordco.fr)

Comme pas mal de gens présents ce soir au Stade France, j’étais ado quand le Black Album de Metallica est sorti, mais contrairement à eux j’ai arrêté d’écouter après ce même disque (une fois mes hormones ados calmées, j’ai arreté le heavy Metal).

Présent à ce concert célébration du disque pour des raisons professionnelles, je me disais qu’une bonne dose de heavy-nostalgie ferait quand même du bien. Et malgré un son bouilli, une scène pas vraiment impressionnante, cela commence plutôt bien avec une serie de titres des années 80, Mi-brutal Mi-Kitch, dont le groupe a le secret. Il y a même le fabuleux “For Whom the Bell tolls”, leur meilleur titre pour moi, en tout cas le seul que je peux écouter sérieusement ces jours-ci. Cela se gâte vite avec un nouveau titre dont le stade et moi semblons complètement se foutre.

Après une vidéo d’auto-glorification rappelant les ventes, les concerts etc … de 1991 à 1993, commence l’exercice (maintenant classique chez les groupes historiques) de l’album en entier. Metallica a la mauvaise idée de le jouer en sens inverse (les tubes étaient au début, il faut les garder pour le Climax final), et je me farde une série de titres bof-bof dont j’avais oublié l’existence, et je me souviens que finalement je l’aimais pas tant que cela ce disque (à part le début justement) et même quand j’écoutais Metallica, c’était jamais les disques en entier mais seulement une poignées de titre, cela me rend l’exercice un peu indigeste ce soir. Quand le stade se transforme en luciole (c’est beau les i-briquets) sur “Nothing Else Matters”, je me souviens que c’était plutôt sur Bon Jovi ou Guns n’Roses qu’on emballait les meufs dans les boums … malaise, la nostalgie prend pas…. Arrivent enfin le titre du disque “Sad But True”, le morceau Heavy par excellence, presque du niveau de ” For Whom The Bell Tolls”. Le Stade exulte vraiment, c’est beau à voir des gradins. Il faudra attendre les rappels et l’obscurité totale pour qu’arrivent les flammes, les feux d’artifices, les lasers. Ce nouveau décorum allié à un des titres les plus kitch du groupe ( “One”) cela devient carrement jouissif, et je regrette que le concert n’ait pas été cela toute la soirée, une bonne poilade plutôt qu’une interprétation plan-plan d’un disque certes historique en vente mais assez chiant.

PS: Lars Ulrich t’es vraiment un batteur tout pourri

Metallica par Thomas T (follower @le_hiboo)

Metallica, Stade de France, voilà un mariage qui promettait beaucoup courant Décembre 2011 quand j’ai appris la nouvelle.

Ce mariage n’a effectivement pas décu !

Metallica a envoyé du lourd, du très lourd.

Une présence sur scène incroyable, son ultra puissant mais net. Y a pas à chier, après 30 ans de carrière, ils n’ont rien perdu.

Début de set par Hit The Light, terminé par Seek & Destroy, Metallica n’oublie pas Kill’em All, et tant mieux (No Remorse en a rajouté une couche). Un petit passage dans Beyond Magnetic avec Hell And Back (c’est quoi cette chanson a lancé mon voisin, inculte !!), les classiques comme Master Of Puppets, For Whom The Bell Tolls, One (toujours aussi énorme en live avec cette intro qui te prend aux tripes) et Battery.

Cette tournée marque donc le 20e anniversaire du Black Album (je me souviens encore quand j’ai eu ma K7 entre les mains en 1991, oui oui, K7 !).

5 minutes de vidéo datant de 1991 (un mix de One Year And An Half), et bam, c’est parti pour l’intégralité du Black Album, joué dans l’ordre inversé. Jamais je n’aurai cru entendre et voir live The Struggle Within ou My Friend Of Misery, j’ai plus 20 ans mais je le dis quand même, J’AI KIFFE MA RACE ! J’en ai encore des frissons. Pour ma part, 25 ans que j’écoute Metallica, 3ème fois (en 3 ans) que je les vois (Lyon, Sonisphère, Stade de France), 3 sensations différentes.

Placé dans les gradins en face, c’était assez loin, mais excellentissime pour voir l’intégalité du “Show” à la Metallica, et d’admirer tous ces métallos (de 7 à 77 ans ! Si Si !!) les yeux ébaihis et les bras en l’air, connaissant les paroles par coeur.

A faire, re-faire, re-re-faire !

Metallica par Joëlle Rasoarivelo (www.pixbear.com)

En 1991, sort l’album “Metallica” que les fans baptisent aussitôt le Black Album. The Metallica Family est au complet ce soir pour célébrer les 20 ans de cet album. Hors mis le son pas super génial vu la taille du lieu, le spectacle est bien rodé. L’entrée est assez énergique notamment avec Master of Puppets (pour ne pas changer) et, quand vient le moment d’écouter le Black Album annoncé par une projection retraçant les coulisses de son enregistrement, je rigole en voyant les anciennes photos du groupe avec leur dégaine à cheveux long… souvenirs, souvenirs et une pensée tout de même à Jason Newsted (bassiste de l’époque).

Metallica a joué les titres de l’album à l’envers. Ça commence donc par The Struggle Within et ça se termine avec Enter Sandman. Il y a eu des moments mous notamment sur les fameux Nothing Else Matters et The Unforgiven qui se succèdent et où briquets et portables font parties du décor. Par moment, j’ai failli sortir le mouchoir non pas pour pleurer mais pour le brandir. Titres phares peut être mais bon, bof… trop classiques pour moi… Of Wolf and Man, Sad But True et l’excellent Holier Than Thou réveillent le public à coup de bon gros son et surtout ça réchauffe car le froid s’abat dans les gradins.

James, Kirk, Lars et Robert assurent comme des bêtes, toujours aussi en forme, toujours aussi généreux et incontestablement classes in black !

Le Black Album a certes marqué un tournant dans le carrière de Metallica. Il s’est vendu à plusieurs millions d’exemplaires. Le son de la batterie sur chaque titre ferait fuir un éléphant à vive allure tellement il est lourd, efficace, complexe et simple à la fois. Néanmoins, il ne faut pas se mentir, on préfère tous largement le Metallica énervé au Metallica plus heavy. Justement le rappel met à honneur leur trash metal attitude, le Metallica que j’aime, le Metallica que j’adule. Sur scène, le groupe finit son set avec Battery, One et l’hymne Seek & Destroy. Les pétards, les feux d’artifices, les lancements de ballons noires, qui se font à chaque fois au même moment, font briller les yeux et font mal aux oreilles.

Je ne vais pas faire ma rabat-joie. Cependant l’hommage au Black Album, c’est une chose, mais aller à un concert de Metallica, c’en est une autre. Je pense à leur concert aux Arènes de Nîmes. C’était autre chose, c’était moins grand. Le public était en phase, il n’y avait pas eu de temps mort. Même si ce passage au Stade de France est historique, moi, j’ai préféré de loin celui de Nîmes. Enfin, je ne dis jamais non à un concert de Metallica dans la capitale sauf s’ils décident un jour de nous jouer Load en entier, alors là, ce sera sans moi, mais, quand même, le Stade de France avec Metallica, il fallait voir ça. Ma présence était tout simplement obligatoire. Si tu n’as pas vu Metallica au Stade de France, tu as raté ta vie :)

Pour perpétuer la tradition, Metallica a fini son concert de près de 2 heures en distribuant plein de médiators et en saluant longuement ses fans qui lui ont tant donné.

Rendez-vous l’année prochaine (je l’espère fortement) pour les 30 ans de Kill’Em All?!

Henri Jamet (www.facebook.com/itsrecords)

C’est drôle quand le black album est sorti, il y avait cet air de gueguerre parmi les fans de métal et de rock, j’avais cette impression (sans y connaitre grand chose) d’écouter “l’album de la consécration et des tubes” qui allait permettre de rependre cette musique un peu partout, pour d autres c’était l’album de la trahison des Big Four Of Thrash.

A l’époque je n’analysais pas ça avec des termes de mec de maison de disque à 2 balles, mais il y avait quand même ce petit air de victoire. Tu pouvais aller voir un mec qui écoutait Brassens, Goldman ou NWA et lui dire “mec écoute ça” puis esquisser un sourire un peu fier quand le mec commençait à bouger la tête sur “Enter Sandman”

J’ai commencé à jouer de la batterie sur cet album, “basket case” de green day et “chercher le garçon” de taxi girl, ok.

Hier ils ont mis une peu de temps à rentrer dedans les patrons, surtout Lars Ulrich qui en a mis deux ou trois à côté, histoire d être fidèle à sa réputation. Mais il retombe toujours sur ces pattes cette petite frappe. Super frappe de snare quand même papa.

Ils ont commencé fort mais très clair, bon son malgré l’acoustique du stade. On s’est tous levés direct avec les gros classiques de “kill em all”.

Je ne m’étais pas fait de session d’écoute du “black album” la semaine dernière, histoire de tout me reprendre bien dans la face. En live tu prends toute la force et l’essence de cette musique.

Dans la gueule : schémas de constructions affolants (“Trough the never”), hétérogénéité incroyable des titres de l’album, au track by track c’est hallucinant.

Dans la gueule : “The Unforgiven” j avais oublié que cet titre était fou. Tout est inversé.

Et mon préféré “Wherever I May Roam”: intro futuriste à la Prodigy, construction de dingue. Y’a que des riffs forts, des mélodies tristes puis joyeuses, ce sont des génies ces mecs. J’en avais oublié leur grande marque de fabrique, couplets bourrins et refrains calmes.

Enfin grosse montée sur “Nothing Else Matters” je ne l’avais pas écouté depuis des années (et indigestion à l’époque), mais là j ‘ai eu les frissons. C’était parfait.

Dès qu’un nouveau titre commençait on se regardaient avec mon grand frère Thomas (celui qui m’a fait découvrir toute cette musique) :” oh putain celui là, celui là !!!” Les mecs ont joué super sereins, la patron reste tout de même James Hetfield sans discussion, impressionnant de maitrise. Ils ont tous leur son. C’est limite Trujillo que j’ai le moins entendu hier.

Cette mode de réinterpréter sur scène un disque fort d’’une carrière s’’est énormément développée depuis 10 ans mais là c’était grand.

Même si je préfère “Mater of Puppets” tu sens que cet album les a mis à l’abris pour l éternité, hors des changements de style, surtout qu’il y’avait “Nevermind” qui arrivait pas longtemps après cette année là, quelques mois je crois.

Metallica par Rod

Pour être honnête, j’ai vu Metallica à maintes reprises : à Bercy au début des années 90 (trou de mémoire), à Vincennes en 1993 (gifle orgasmique interplanétaire), à Doningthon en 1995 (la plus grosse blague du siècle, avec ces cheveux coupés courts et surtout, les titres de Load présentés en exclu ! de quoi rire jaune quand, toute la journée, on s’était bouffé du Machine Head, White Zombie ou encore Slayer), à Bercy en 2009 (bien), à Werchter la même année (Dyers Eve en LIVE !!! t’y crois toi ?) … étant habitué à des espaces plus intimistes (jauge idéale : La Cigale ou Le Trianon, soit 1500 personnes), forcément, voir autant de fans de la première heure investir ce qui au départ est un terrain de foot immense en jette, mais également fait flipper. Notamment en terme de qualité sonore (même s’il existe parfois des exceptions, à l’instar de Pink Floyd en 1994 au Stade de la Meinau à Strasbourg).

Autant à Vincennes j’en gardais un TRES bon souvenir (mais qui n’est pas tout fou fou à 16 ans d’aller voir son groupe favori dans des espaces semblant illimités), autant ce soir, la sensation était plutôt, pour rester dans les souvenirs 90′s, “quand c’est trop c’est tropico”. Trop de son (non mais sérieusement, même avec des bouchons d’oreille -35dB, point exempts d’acouphènes !), trop brouillon (on entendait que la batterie, du moins depuis la tribune présidentielle – hop, on cale vite fait la minute blogopute de luxe), pas mal de saturations (souvent au chant et sur une partie des toms à la batterie), des rythmiques où on entendait comme un bourdonnement (ah, y a des triples croches normalement non ?). Metallica brouillon, un oxymore … c’est en sortant du stade, sur Seek & Destroy, que la vérité éclata : le son était meilleur depuis l’extérieur !

Malgré ces déconvenues – de taille – rendons à Metallica ce qui lui appartient : they kill us all. Plus assez jeunes pour faire partie d’une quelconque nouvelle vague (qu’ils ont finalement créee), et pas encore assez vieux pour figurer dans la liste “vieux groupes croulants qui font une tournée pour se faire uniquement du fric, sans en avoir les capacités mentales et physiques”, la bande à Heltfield a encore de l’énergie à revendre. Les fans de la première heure ont forcément pris leur pied avec For Whom The Bells Tolls, Masters of Puppets, ou encore One. Ont patienté sagement ce qui a fait figure de calvaire avec un titre issu de Death Magnetic, très bon au moment de sa sortie, mais qui a finalement déjà mal vieilli.

Prise en sandwich entre les titres d’antan, la partie du Black Album tant attendue, fut assez inégale : la faute incombant au disque, devenu culte avec le temps, mais finalement aussi bancal qu’un Use Your Illusion de Guns N’ Roses (c’est dire). Si tout le monde y a trouvé son compte avec Sad But True, My Friend Of Misery ou Struggle Within, on s’aperçoit, avec le recul, que l’album possédait déjà pas mal de pistes qui allaient servir de matériau de base aux futures bouses qu’allait pondre le groupe (St Anger en tête, mais également Load). Reste que ce show à l’américaine, trop bien huilé pour être défini comme live (on enchaine les titres comme sur un CD, on oublie qu’on joue devant des humains qui aimeraient entendre, outre des chansons, des blagues ou des anecdotes), s’est vu empreint de quelques moments magiques, fédérateurs et/ou inexplicables : le public chantant en choeur l’air de guitare du brige de Master of Puppets, le choeur improvisé sous la direction d’Heltfield sur le bridge de My Friend Of Misery, les milliers de téléphones, compacts et “vrais” briquets à l’ancienne qu’on se brûle les doigts au bout de une minute sur Nothing Else Matters, la ferveur quasi religieuse sur Sad But True ou Enter Sandman. Ou encore, dans une moindre mesure, Voir un mec comme Pedro Winter, revêtu de son vieux blouson en jean patché de partout comme on le faisait dans le temps qu’on était trop fan et trop ridicule, redevenir un adolescent et chanter sur tous les tubes du groupe, mais aussi se retourner et regarder Kate Moss et Allison Mosshart stoîques face à la surdose de décibels envoyés depuis la scène.

Alors oui, j’ai aimé plus que détesté (le passif qui me lie au groupe – j’ai commencé la basse en 1991 avec des reprises de Metallica, et forcément, pas mal du Black Album – ne me permet pas d’écrire le contraire … et puis il y eut cette magnifique Estelle G., mon premier amour adolescent, que j’ai emballée sur Nothing Else Matters, hein, ça compte pas pour des prunes ça !) ; mais finalement comme mon placement : de loin. Je me devais de les voir, histoire de vivre un truc collectif que sûrement, les gens qui viennent dans ce stade voir un match de foot doivent ressentir – ce qui, pour un misanthrope, se révèle … weird). Mais avec le temps, en habitant Paris, on s’ouvre à d’autres cultures, d’autres musiques, et le métal, même représenté par ses maîtres quasi divins, me laisse quelque peu de marbre. Si la musique se définissait en fonction des décibels au point de saigner des tympans, alors oui, Metallica a remporté haut la main le concours. Mais voilà, niveau subtilité, on repassera (je ne me remets toujours pas de ce chant archi foiré – et pas qu’un peu, autant y aller à fond – sur les parties claires d’Unforgiven).

Nicolas Gaire a fait des photos 100% fan service de ce concert : check www.nicolasgaire.com/photo-metallica-en-concert-au-stade-de-france-les-20-ans-du-black