Le HibOO

Mickey 3D

Rencontre avec Mickael des Mickey 3D, juste après le concert du groupe. Un homme simple et discret, presque le gendre idéal. Il nous parle des Solidays, de ses combats et de sa musique. C’est un homme passionné qui parle

Mickael, un petit mot sur ce week end de mobilisation ?

C’est la deuxième fois que nous venons aux Solidays, nous avions très envie de revenir, c’était même un devoir pour nous. La musique est un bon moyen de rassemblement. Je trouve qu’il y a globalement un relâchement, il faut refaire passer le message de prévention aux jeunes. Leur dire que le Sida ne touche pas seulement les homosexuels ou les toxicomanes, mais aussi les gens comme vous et moi.

On vous taxe de chanteur engagé, cela vous gêne t-il ?

Sur le dernier album, nous étions plus ironique, il y avait chez nous une envie de revenir au cynisme. Reprendre l’humour noir qui est finalement plus efficace. Nous avons réussi à faire passer plus de choses dans moins de chansons. En fait, on nous a rangé dans un tiroir “engagés” mais nous sommes avant tout des citoyens qui s’expriment. On se reconnaît plus dans le milieu associatif. Il doit manquer des groupes pour ouvrir leur gueule. Noir Désir a fait des morceaux engagés, je ne suis pas sûr qu’il l’était dans la vie de tous les jours. La musique ne change pas le monde, elle accompagne la vie. Des enfants ont pris conscience de certaines choses en voyant le clip de “Respire”? Très bien… J’ai appris que des instits faisaient apprendre certaines de nos chansons dans des écoles primaires, on en tire une certaine fierté.

Quel a été l’accueil de votre dernier album, “Matador” ?

D’après les gens qui nous en parlent, ce serait le meilleur de nos albums. On a voulu un retour à la pop et au rock. Beaucoup attendaient de nous que nous choisissions la solution de facilité, on aurait pu le faire en fabriquant un beau disque. On a preféré bricoler. Vous savez, quelques médias nous ont taxé de “beaufs d’extrême gauche”. Il s’agit de deux ou trois mauvaises critiques de “grands” médias, mais aucunement sur la musique, ce n’est donc pas si grave … Ca me rappelle une expression qu’ utilisait ma mère, elle disait “Tu dois être bien malheureux pour être si méchant”

Vous savez, quelques médias nous ont taxé de “beaufs d’extrême gauche”. Il s’agit de deux ou trois mauvaises critiques de “grands” médias, mais aucunement sur la musique, ce n’est donc pas si grave …

Cet album a t-il été conçu pour la scène ?

Non, pas spécialement. En fait, j’écris beaucoup et après on se dit que telle ou telle chanson serait sympa en concert. On a appelé cet album “Matador”, tout simplement parce que c’est le titre d’une chanson de l’album, au départ nous n’avions pas trop d’idée. Ca donne envie de soleil, ça sonne un peu espagnol.

En quoi créer votre propre label devenait important ?

Nous avions eu beaucoup de chance à l’époque, quand Louise Attaque nous avait emmené avec eux sur la route, on veut reproduire un peu ça avec d’autres groupes. Et puis nous avions envie de devenir indépendants. On maîtrise tout maintenant, y compris le côté financier. L’argent que nous gagnons, nous en faisons profiter d’autres groupes, on aime donner un coup de main aux gens qui nous font plaisir, c’est le cas de Yvan Marc dernièrement.

Quel style de musique écoutes tu ?

J’aime beaucoup la nouvelle scène française, comme Camille ou Yvan Marc justement. J’écoute aussi de vieux trucs folk, comme Neil Young. J’ai chanté 10 ans en anglais, mais ça n’a pas marché. Ca m’arrive encore parfois de m’y essayer. Pourquoi ne pas sortir un album en anglais à l’avenir ? C’est à voir. En fait, j’ai les deux culturesce sont des gens comme Dominique A ou Miossec qui m’ont donné envie d’écrire en français. De ce côté là, la Mano Negra ou Noir Désir ont décomplexé tout le monde, avant eux, on avait l’impression de faire du Roch Voisine (Rires).

L’actu, c’est uniquement la tournée ?

Oui, les concerts nous prennent tout notre temps, il n’y aurait que moi, nous sortirions un disque tous les 6 mois. C’est le côté tournée qu’on aime. Le public des festivals n’est pas spécialement là pour toi, il découvre comme nous nous découvrions d’autres groupes à l’époque. Nous avons insisté pour que l’album sorte avant l’été, afin de participer aux festivals, pour nous c’est que du bonheur. Nous sommes comme les gens qui viennent, on s’amuse et on partage un moment.

Quel est votre méthode de travail ?

Cela fait 5 ou 6 mois que je n’ai rien écrit de chanson, en fait, je n’ai pas de méthode de travail. Je ne connais pas la page blanche, cela fait 20 ans que j’écris alors je laisse venir les choses. J’ai écrit “Respire” en 6 mois, pour d’autres ça peut être en deux jours, il n’y a pas de règles. J’écris aussi pour d’autres parfois, je trouve ça excitant. J’ai dernièrement travaillé avec Dick Rivers, c’était assez drôle.

On ne vous voit finalement que très peu à la télévision, c’est un choix ?

Disons qu’on choisit les émissions où nous pouvons réellement jouer en live. Si c’est une émission comme “Taratata”, alors pas de soucis. Si c’est pour la Star Ac’, ce sera non, à moins qu’on puisse y évoluer en live.

Finalement Mickael, tu es un mec comme les autres …

Ouais! On a un vrai parcours de Coupe d’Europe! Tu sais, quand tu commences à jouer dans des bars, tu ne deviens pas une star, tu restes le même. A partir de 2000, on est devenu des intermittents du spectacle, c’était un rêve pour nous. Si tout ça devait s’arrêter demain, on ne regretterait rien. Ce qui serait triste, c’est que les gens ne viennent plus nous voir dans les concerts…

Merci Mickael

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