Solidays 2005, Day 3

Déjà dimanche, dernier jour de ce Solidays 2005. Le temps est magnifique, le programme est tout aussi alléchant que les jours précédents. Cette édition se termine sur une note d’espoir, puisque le G8 a décidé de mettre à disposition plus de moyen pour lutter contre l’un des plus grands fléaux du siècle. A suivre.
Le festival ouvre ses portes un peu plus tôt le dimanche, c’est à 13 heures que le grand public débarque sur l’hippodrome. Les plus courageux se postent déjà devant la scène Bagatelle, histoire d’avoir la meilleure place pour le premier concert de la journée. Pas n’importe quel concert, puisqu’il s’agit du chouchou des solidays, j’ai nommé Patrice, accompagné du Shashamani Band. Ce garçon dégage une telle sympathie qu’on est obligé de l’apprecier. Du reggae, mais pas seulement, l’allemand est bien plus ouvert, mettant une touche funky dans son set. Un engagement hors du commun, pensez donc, Patrice donnait un concert le soir même à Barcelone (!). A peine le concert terminé que ses musiciens et lui s’engouffraient dans des véhicules qui les emmenaient à l’aéroport, direction : la Catalogne. Pas la première visite de l’artiste, on peut parier que ce ne sera pas la dernière. Quiconque l’ayant vu à l’Exo 7 il y a quelques semaines peut en témoigner, Patrice est un vrai phénomène.
Encore un groupe connu des rouennais pour suivre, il s’agit de “Debout sur le Zinc”, véritable fanfare festive. Un mélange de flûte, d’accordéon, de guitare et un groupe qui entre dans la brêche de leur cousin des Ogres de Barback. Le public ne s’y trompe pas et commence à affluer en masse devant la scène Paris. Le soleil montre le bout de son nez et restera finalement parmi nous pour la journée. Le concert suivant est une vraie découverte, Gomm commence à faire parler de lui dans les magazines musicaux, et on comprend pourquoi. Le quator en costume déverse des sons et des voix saturées, un ensemble plutôt electrique qui fait bouger les foules. Au synthé, la blonde, leader du groupe manque de se casser les cordes vocales à chaque refrain. L’ensemble tient la route, une curiosité comme peut permettre la tenue d’un tel festival.
18 h, c’est à cette heure que Camille avait donné rendez vous à ses fans, sous la scène Domino. Ils sont nombreux, seul problème, les portes du chapiteau sont encore fermées 10 minutes avant le début du concert. C’est un problème dans le sens où des centaines de personnes attendent devant. On frôle l’accident au moment de l’ouverture des portes, c’est une marée humaine qui s’engouffre par les deux entrées trop etroites. On se croirait à un concert de Muse en voyant tous ces gens courir pour atteindre le premier rang. On peut être sûrs que les organisateurs trouveront une solution moins dangeureuse pour la prochaine édition. Camille se fait attendre, elle arrive enfin, très jolie dans sa tenue blanche de saison. Un fil coupe la scène juste devant elle, comme un clin d’oeil au titre de son album. Une présence scénique énorme et un contact facile avec le public, Camille a tout compris et surfe sur la vague des chanteurs à textes, Jean-Louis Aubert est dans la salle, il apprécie le spectacle.
En sortant, en entend au loin la fin du show de Calogero, ce dernier avait interdit l’accès aux photographes, c’est pourquoi il vous sera impossible de trouver des clichés officiels de sa prestation. Pas bien grave, après tout, on est là pour les découvertes. Ou même des confirmaions, comme Prohom, déjà vus à Caen, il y a quelques mois, le groupe emmené par Philippe a encore gagné en maturité. On les sent plus à l’aise, heureux d’être là. Musicalement, c’est toujours aussi bon, un rock bien vu et des mélodies qui vous restent dans la tête jusqu’au soir. Ce groupe va bientôt éclater, en attendant il amuse les foules, par exemple lorsque Philippe, chanteur et leader du groupe se risque à proposer une démonstration de pose de préservatif à la moitié de l’assistance (les filles). Il s’enfonce peu à peu devant ses musiciens hilares.
Sur le chemin de la scène Domino, on entend au loin le reggae de Steel Pulse, infatigables chefs de file de la scène reggae mondiale, rendez-vous compte, 30 ans que ça dure ! Scène Domino donc, et Vincent Delerm, notre rouennais à nous. Même chose que pour Camille, des centaines de personnes s’entassent devant les portes. Vincent aura un peu de retard, la rumeur court, il serait fievreux. Le voici enfin. Pas très démonstratif, comme à son habitude, mais toujours cette note d’humour, véritable marque de fabrique. C’est partie pour une heure de ballade dans le monde virtuel du chanteur. Il est seul, enfin presque, son piano est là pour lui tenir compagnie. La bonne surprise fût de voir Jean-Louis Aubert le rejoindre en fin de set, pour partager un moment unique. A peine le temps de récuperer et déjà on entend les premiers riffs des bretons de Matmatah.
Emus de leur présence ici, le groupe aura eu le chic de mettre en avant la cause, ce pourquoi ils étaient là. Une prestation plus sobre qu’à l’accoutumée donc, qui ne reste pas moins de qualité. “Au conditionnel” restera comme un grand moment du set.
21h30, l’heure de retrouver Vincent Delerm en interview. Les journalistes ont deserté les lieux depuis longtemps, ce n’est pas plus mal, c’est en petit comité que l’on peut vraiment avoir un échange avec l’artiste. Il est fievreux, c’est donc vrai, il se prête pourtant volontiers au jeu des questions réponses (voir interview).
Le festival se terminera par une note reggae, avec la présence de l’infatigable Tiken Jah Fakoly, que l’on peut voir sur tous les festivals de France et de Navarre. Tiken mettra ses revendications habituelles un peu en retrait, histoire de faire passer la cause SIDA en priorité.
Voilà, l’édition 2005 se termine sur un ultime hommage aux bénévoles et aux associations, on aura dénombré un peu moins de 150.000 festivaliers, un bon cru pour la bonne cause. Solidays, festival porteur d’espoir, mais l’action ne s’arrête pas là. Solidarité Sida, c’est un travail de chaque instant, une association qui recherche des bénévoles en permanance, n’hésitez pas à la contacter pour plus de renseignements. Rendez vous en 2006 pour un nouveau festival de fête et de solidarité.